Dr Erica Guilane-Nachez (Ph. D.)

 

 

 

Vous avez des ACOUPHÈNES ?!

 

Voici comment

 

AMÉLIORER VOTRE CONFORT AUDITIF...

 

 

 

 

 

© Copyright Erica Guilane-Nachez – Strasbourg – 2013

www.nachez.fr

Éditions Neo Cortex – 7 place d’Austerlitz

F - 67000 Strasbourg – France

www.cd-de-relaxation.com

www.neo-cortex-editions.com

 

Photo de couverture : ManicMorFF (Morguefile.com)

ISBN : 978-2-918535-37-9


Autres ouvrages de Psychologie/Développement de la Personnalité de l’auteur

 

Vous n’aimez pas ce que vous vivez ? Alors, changez-le !, Marabout

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Bien vous connaître pour bien piloter votre Vie, Neo Cortex

 

Livre téléchargeable GRATUITEMENT :

« Reprogrammez »-vous – avec le Subliminal Visuel, Neo Cortex Éd.

à Vous pouvez le télécharger sur :

http://www.neo-cortex-editions.com/?page_id=281


 

 

 

 

 

 

Avertissements :

Tout problème de santé lié à la sphère ORL doit commander de consulter le médecin compétent. Il doit rester évident qu’en cas de problèmes de santé physiques, psychologiques ou/et psychiatriques, le médecin, ou/et le psychothérapeute, ou/et psychiatre doit être consulté.

L’auteur et les Éditions Neo Cortex déclinent toute responsabilité quant à l’usage direct ou indirect des informations, des moyens et des méthodes qui sont mentionnés dans ce livre : celui-ci est informatif et exprime un état actuel de la connaissance sur le sujet qui y est traité.

 

 


 

 

Introduction

Les acouphènes, ce sont ces bruits que l’on entend dans une ou dans les deux oreilles et qui ne sont cependant pas liés à une source sonore objective[1]. Ils sont au minimum un inconfort et, dans certains cas extrêmes, ils peuvent être vécus comme une véritable torture.

Les acouphènes sont devenus un réel problème de santé publique concernant actuellement 10 à 15% de la population[2] – autant dire que c’est réellement un mal du siècle... En fait, aucune couche sociale ou socioprofessionnelle n’est épargnée. Statistiquement ce sont davantage les personnes à partir de cinquante ans qui sont concernées mais, depuis une trentaine d’années, on constate une augmentation grandissante de l’apparition d’acouphènes chez des sujets bien plus jeunes. Paradoxalement aussi : des personnes ayant complètement perdu l’audition dans une ou les deux oreilles peuvent tout de même souffrir d’acouphènes dans la ou les oreilles qui sont devenues sourdes.

Acouphènes[3] + hyperacousie

De plus, chez environ 40% des personnes acouphéniques, les acouphènes se compliquent de l’hyperacousie. Celle-ci est une plus ou moins grande intolérance aux bruits extérieurs et cela même quand ceux-ci sont légers et banals.

Lorsqu’ils sont intenses en volume sonore, les acouphènes – compliqués ou non de l’hyperacousie – sont redoutables pour le bien-être et l’équilibre nerveux, psychologique et relationnel : le bruit entendu « cisaille » le système nerveux des personnes atteintes, les fragilise de diverses manières, les rend irritables ou/et encore dépressives (et même parfois suicidaires). Les acouphènes peuvent ainsi perturber de façon plus ou moins intense :

·        La vie sociale, les relations avec les autres

·        Et de ce fait induire une solitude psychologique, une douloureuse impression d’être incompris, un sentiment d’abandon, la dépression

Des moyens de vous soulager

Si vous souffrez d’acouphènes, vous référer à votre médecin ORL est évidemment la première démarche indispensable[4]. La médecine reconnaît toutefois qu’elle ne dispose pas actuellement de remèdes permettant de résoudre à coup sûr ce problème. S’il n’existe donc aujourd’hui aucun médicament miracle pour éliminer en toute certitude les acouphènes ou/et l’hyperacousie, il y a heureusement des moyens non médicaux d’au moins les atténuer et d’améliorer ainsi grandement la qualité de la vie et l’équilibre des relations avec autrui – et cela quelle que soit l’ancienneté du problème.

Ces moyens sont l’objet de ce livre et, comme vous le constaterez au fil de votre lecture, ils sont à la portée de chacun et ne sont guère onéreux. Pour les mettre en œuvre, ils nécessitent seulement d’accepter de se prendre en charge, de savoir faire preuve d’un peu de patience et de persévérance et d’y mettre un peu de bonne volonté[5].

Ces moyens aident toutefois dans beaucoup de cas et ils méritent vraiment d’être connus et utilisés.

Ce livre est donc fait pour vous donner ces moyens...

Si vous avez ce livre en main en ce moment, c’est parce que vous (ou bien un de vos proches) pâtissez de cette souffrance auditive... Vous cherchez comment sortir de cette douleur et comment trouver un meilleur confort auditif et vous êtes donc à la recherche des possibilités d’y parvenir : ce livre a été fait pour répondre à votre attente.

Notez tout de suite que ce n’est pas un livre de médecine qui va vous décrire la physiologie de l’oreille ou les maladies qui peuvent provoquer acouphènes/hyperacousie. Non : ce livre concerne les acouphènes/hyperacousie qui n’ont pas de causes médicales reconnues (le plus grand nombre de cas, en fait).

C’est un livre qui se veut pratique. Il comporte deux parties, toutes deux rédigées dans un langage simple et clair :

1.      Dans le chapitre 1 (d’une cinquantaine de pages) vous trouverez des informations utiles pour comprendre ce qui vous arrive[6]

2.      Dans le chapitre 2 (d’une centaine de pages) vous découvrirez des moyens naturels et tout à fait à votre portée pour vous aider à lutter contre cet inconfort qui, pour de trop nombreuses personnes acouphéniques, va jusqu’à une terrible détresse. Certains de ces moyens sont utilisables même si vous êtes malentendant(e) ou sourd(e). Vous rencontrerez aussi dans ce chapitre des personnes qui, comme vous, ont souffert d’acouphènes ou/et d’hyperacousie et qui les ont vaincus à l’aide de ces moyens : elles ont accepté de partager leur expérience avec vous.

En effet, en utilisant les uns ou les autres de ces moyens, nombre d’acouphéniques ont considérablement réduit leur tinnitus et certains même s’en sont complètement débarrassés : ainsi, subir le tinnitus ne doit pas être vu comme un fait inéluctable ou une fatalité devant laquelle on ne peut que baisser les bras et se résigner. Chaque personne souffrant d’acouphènes devrait être informée de ces méthodes et vous-même :

Vous pouvez aussi mettre en œuvre ces moyens simples et efficaces.

Mais de quoi s’agit-il ? Il s’agit par exemple :

·        D’utiliser ce qu’on appelle le Bruit Blanc

·        D’écouter certains Sons de la Nature

·        D’apprendre quelques techniques faciles de relaxation (accessibles aussi aux personnes ayant perdu l’audition)

·        De s’initier à un peu d’autohypnose (accessible aussi aux personnes ayant perdu l’audition)

·        Ou encore de pratiquer l’une ou l’autre techniques mentales de sophrologie (accessibles aussi aux personnes ayant perdu l’audition)

·        Et d’autres encore...

Vous découvrirez ces moyens au fur et à mesure de votre lecture et vous pourrez aisément les employer par vous-même. Bien entendu, aucun d’entre eux ne représente une « panacée universelle » contre les acouphènes, mais les uns ou/et les autres peuvent réellement vous aider : ils sont largement à votre portée – alors à vous de les essayer, de les tester. Sachez que nombreux déjà sont ceux qui ont amplement constaté leurs bienfaisants effets anti-acouphènes…

 

*************

 

Alors, allons-y maintenant : dans le chapitre qui suit voyons d’abord ensembles causes et symptômes du tinnitus. Et ensuite, découvrons ce qui est le plus important : des moyens pour atténuer, soulager les acouphènes – et chez certains même les éliminer…


 

1 - Des symptômes et des causes

Par manque d’information, beaucoup d’acouphéniques ont tendance à dramatiser ce qui leur arrive et ont une redoutable tendance à imaginer des causes terribles aux sons qu’ils perçoivent dans leur tête – des causes telles que : tumeur cérébrale, accident vasculaire cérébral (AVC), début de surdité, aliénation mentale ou Alzheimer naissants...

Voilà qui ne peut manquer de provoquer de l’affolement plus ou moins bien géré, des angoisses et de l’anxiété :

Or angoisses/anxiété sont bien connues pour tendre à amplifier les acouphènes !

En effet, on connaît le pouvoir du psychisme sur le corps et on sait que de s’affoler, c’est évidemment risquer d’augmenter (voire de générer) les effets désagréables que l’on redoute. À l’inverse, la tranquillité intérieure et le calme sont reconnus comme étant de grands atouts anti-acouphènes. Alors, vous qui lisez ce livre en ce moment, vous devriez déjà au premier degré éviter d’entrer dans ce genre de détestable cercle vicieux :

Acouphènes à angoisses/anxiété à augmentation des acouphènes (et aussi des autres sensations pénibles qui peuvent les accompagner) à augmentation des angoisses/anxiété, etc…

Mais peut-être pensez-vous en ce moment « C’est plus facile à dire qu’à faire ! » ? Dans ce livre, vous allez découvrir des moyens d’éliminer cette tendance anxiogène. Et tout d’abord, et parce que la plupart des personnes souffrant d’acouphènes ont besoin de mieux comprendre ce qui leur arrive, nous allons dans ce premier chapitre préciser quelques points importants.

Il est important de comprendre ce qu’est le tinnitus

Il est évident que, quand on comprend quelque chose, on la maîtrise bien mieux que dans le cas contraire : en effet, être bien informé permet de gérer correctement et à son propre avantage situations et évènements. Alors vous, mon lecteur, sachez déjà ceci :

Il est très rare que l’apparition des acouphènes soit liée à une maladie grave.

Voilà déjà une excellente raison de ne pas tomber dans le pernicieux cercle vicieux évoqué plus haut : en réalité, il y a seulement quelques 5% de cas d’acouphènes qui peuvent être reliés à une cause pathologique lourde et cela est détectable par les examens médicaux faits ou prescrits par le médecin spécialiste (ORL). Pour la médecine, en ce qui concerne les 95% de cas restants, les acouphènes n’entrent pas dans la catégorie des « maladies »[7] mais dans celle des « symptômes »[8]. Pour que vous compreniez bien, définissons maintenant quelques éléments en rapport avec le tinnitus et les autres aspects pouvant accompagner celui-ci.

Les acouphènes relèvent très rarement de la « maladie »

La médecine reconnaît deux types de pathologies (c’est-à-dire d’atteintes au fonctionnement sain de l’organisme) : la maladie objective et la maladie fonctionnelle.

Pathologie objective

C’est celle qui peut être constatée à l’aide des recherches diagnostiques objectives : comme par exemple des appareils, des instruments de mesure, des analyses... Au niveau de l’oreille, ce peut par exemple être la mise en évidence d’une lésion dans l’une ou l’autre de ses parties, ou d’une infection, ou de l’existence d’une tumeur... Dans le cas de la pathologie objective, la cause est repérable, mesurable, objectivable. Pour ce qui concerne les acouphènes : il y en a qui sont secondaires à une pathologie objective (et c’est évidemment au médecin qu’il revient de détecter celle-ci). Toutefois, et comme dit plus haut :

Dans la plupart des cas, les acouphènes n’entrent pas pour la médecine dans cette catégorie de la maladie objective.

Pathologie fonctionnelle

C’est celle dont la (les) cause(s) ne peut (peuvent) pas être mise(s) en évidence à l’aide de recherches diagnostiques objectives tels que instruments, appareils de mesure, analyses... La plupart des acouphènes sont dits « essentiels » ce qui veut dire qu’ils n’existent que par eux-mêmes et sans qu’il soit possible de leur attribuer une cause médicale objective reconnue.

Les acouphènes, étant le plus souvent du bruit subjectif dont les causes ne sont pas identifiables par les moyens modernes de la médecine, relèvent donc pour celle-ci de la pathologie fonctionnelle.

Définitions : presbyacousie, surdité, malentendant

La presbyacousie est une perte progressive de l’audition, principalement dans les sons aigus. Elle est liée à l’âge et peut concerner une seule ou les deux oreilles. Elle est un phénomène naturel qui correspond à un vieillissement du système auditif (c’est analogue à la presbytie pour ce qui concerne la vue). Elle débute par une difficulté à bien distinguer les mots de vos interlocuteurs quand vous vous trouvez dans un environnement bruyant et peut se développer vers des difficultés croissantes à comprendre ce qui se dit au téléphone, à la TV, à la radio...

La surdité est la perte complète de l’audition et elle peut concerner une seule ou les deux oreilles. Une personne sourde a perdu l’audition au niveau de ses deux oreilles. Elle peut l’être de naissance ; ou avoir été entendante autrefois et avoir perdu l’audition par la suite.

Malentendant : c’est une personne dont l’acuité auditive est plus faible que la « normale » et qui éprouve des difficultés à entendre les sons couramment audibles. À des degrés divers, cette faiblesse peut concerner une seule ou les deux oreilles.

On sait que près de 90% des personnes acouphéniques ont une perte auditive de plus ou moins grande importance dans une seule ou dans les deux oreilles.

Acouphènes (ou tinnitus)

Voici maintenant des précisions sur les acouphènes eux-mêmes.

À titre de métaphore, on pourrait dire que les acouphènes sont une sorte d’hallucination auditive : ce sont des bruits que perçoit la personne acouphénique, bruits qui ne sont pas liés à une source sonore objective[9] : ils sont « dans la tête ». Ces sons sont toujours jugés déplaisants, désagréables. Chez la plupart, ces bruits sont sine materia, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de composante matérielle ni de cause matérielle repérables dans l’état actuel de la connaissance et des moyens d’investigation scientifiques : en d’autres termes, on ne sait donc pas à quoi ils sont dus et pourquoi ces personnes perçoivent ces bruits désagréables.

Les acouphènes peuvent être unilatéraux (ne concerner qu’une seule oreille) ou bilatéraux (concerner les deux oreilles) et, dans ce cas, l’intensité peut être identique ou différente d’une oreille à l’autre. Ils peuvent aussi être ressentis comme localisés dans la boite crânienne.

L’intensité sonore de ces bruits varie selon les personnes atteintes : cela peut aller du bruit du moteur d’un réfrigérateur ou d’une tondeuse à gazon jusqu’à une intensité jugé par l’acouphénique comme étant celle d’un moteur d’avion à réaction ! Les acouphènes peuvent changer de volume sonore : passer du léger et supportable à l’insupportable. Ils sont donc vécus selon les personnes acouphéniques comme un problème auditif plus ou moins aigu, plus ou moins présent ou ponctuel : ils peuvent être permanents, intermittents, variables ou temporaires. Certaines personnes savent les gérer : pour eux, cela relève d’un léger inconfort auditif. Mais pour d’autres, ils sont vécus comme une réelle torture handicapant lourdement la qualité de leur vie – et parfois même leur envie de continuer à vivre ! Et il y a bien sûr tous les niveaux intermédiaires entre ces deux pôles... Voici quelques exemples de qualificatifs employés par des acouphéniques pour décrire leur tinnitus : « inconvénient », « désagréable », « agressif », « une vraie souffrance ! », « intolérable »...

Comme déjà dit plus haut : dans environ 95% des cas, les acouphènes sont subjectifs, c’est-à-dire qu’ils ne relèvent pas d’une source sonore objective que l’ouïe d’autres personnes peut entendre : seule la personne acouphénique en a la perception auditive. Reste le petit pourcentage de cas d’acouphènes que l’on dits objectifs : les sons qui en sont la cause peuvent également être perçus par d’autres personnes ou par des appareils – ce sont en général des sons interne au corps : des « clics » ou des spasmes anormaux de muscles qui se trouvent à proximité des oreilles. Dans la catégorie des acouphènes objectifs, il y a aussi des acouphènes pulsatiles, au son rythmé, et qui sont liés au pouls et au battement cardiaque ou à des troubles au niveau du flot sanguin s’écoulant dans les veines/artères (sachez que dans la plupart des cas d’acouphènes objectifs, des solutions médicales efficaces peuvent être appliquées pour faire cesser ces phénomènes à consulter votre médecin ORL).

Récente mise en évidence de la réalité des acouphènes

J’ai dit plus haut que, dans la plupart des cas, les causes des acouphènes ne pouvaient être objectivées et, de ce fait d’ailleurs, il a pu y avoir pendant longtemps une grande part de scepticisme de la part de la médecine quant à leur réalité : il fallait croire les patients sur parole et sans preuves.

Ce n’est heureusement plus le cas depuis quelques années, car l’on a pu constater la présence du tinnitus grâce aux technologies modernes et sophistiquées de l’imagerie médicale et des appareils d’investigation sur le cerveau. En effet, l’Imagerie à Résonance Magnétique fonctionnelle (IRMf) permet maintenant de détecter les modifications produites par l’activité des neurones dans différentes parties du cerveau, et on connaît assez bien à présent les régions du cortex cérébral réagissant spécifiquement à divers stimuli (visuels, sonores, tactiles, olfactifs, etc…). Ainsi, lors de l’application d’un stimulus sonore, certaines zones réagissent alors que d’autres restent ou entrent en repos. Chez des patients acouphéniques, on a donc pu mettre en évidence l’existence des acouphènes en examinant par IRMf les zones de leur cerveau en rapport avec l’audition[10] et, aujourd’hui, la médecine ne doute plus de la réalité du tinnitus.

Il n’en demeure pas moins que, dans l’état actuel de la science et même si on peut les mettre en évidence par IRMf, on ne sait pas réellement ce que sont ces « signaux-fantômes » ni ce qui les crée. Les scientifiques s’accordent à penser qu’il s’agirait de la production par le système nerveux d’un signal interprété par le cerveau comme étant un bruit.

Types de tinnitus décrits par les acouphéniques

Les imageries médicales ne permettent pas de savoir quels types de sons sont perçus par les personnes acouphéniques. Les descriptions faites par celles-ci montrent que ces bruits/sons et leurs tonalités peuvent être très divers. Le plus fréquemment mentionné par les acouphéniques est le sifflement. Toutefois, ils indiquent aussi les sons suivants :

·        Chuintements

·        Grésillements

·        Tintements

·        Bourdonnements

·        Cliquetis

·        Pulsations

·        Vrombissements

·        Bruissements

·        Battements

·        Tonalités de notes de musique...

Les sons peuvent être uniformes ou hachés, lisses ou saccadés. En fait, il n’y a pas de spécificité permettant de catégoriser les acouphènes selon les types de sons qu’ils comportent.

Fréquence et niveau sonore des acouphènes

Là aussi, la variabilité est grande : certains acouphéniques entendent les sons en permanence et d’autres seulement à certains moments. Un consensus se dégage toutefois : les acouphènes sont, pour la plupart des gens qui en sont atteints, moins dérangeants durant la journée ou/et durant les périodes d’activité où leur mental est occupé par autre chose que par l’attention portée aux sons perçus. À ces moments-là, leur tinnitus est plus ou moins masqué par les autres bruits inévitablement présents dans l’environnement – chez soi, dans le milieu professionnel ou/et relationnel. Par contre, la gêne augmente souvent le soir et durant la nuit : là, les bruits ambiants sont évidemment amoindris et une plus grande focalisation de l’attention sur le tinnitus tend à s’installer. Les acouphènes prennent alors une ampleur qui peut générer de l’angoisse, de l’irritabilité et aussi des troubles du sommeil plus ou moins graves.

Il n’y a pas à ce jour d’instruments ou d’appareils permettant de préciser de façon objective la fréquence/régularité ou/et l’amplitude sonore des acouphènes perçus par un patient. On peut donc uniquement les estimer de façon subjective par rapport aux inconvénients subis, et cela en proposant aux acouphéniques de répondre à des questionnaires de ce type :

« Vos acouphènes sont entendus :

·        Par intermittence

·        En permanence

·        Le jour

·        Le soir

·        La nuit

·        Seulement quand l’ambiance est calme/silencieuse

·        Aussi quand l’ambiance est normalement bruyante

·        Même quand l’ambiance est très bruyante

Vos acouphènes :

·        Ne dérangent pas

·        Dérangent par moments

·        Dérangent en permanence

·        N’empêchent pas de vous endormir

·        Empêchent de vous endormir

·        Ne vous réveillent pas durant la nuit

·        Vous réveillent durant la nuit

·        N’empêchent pas de vous rendormir après un réveil nocturne

·        Empêchent de vous rendormir après un réveil nocturne

·        Vous font souffrir par moments

·        Vous font souffrir en permanence

·        Sont intolérables par moments

·        Sont intolérables en permanence

Vos acouphènes sont couverts par :

·        Certains bruits à lesquels ?

·        Par aucun bruit. »

En examinant les réponses à ce genre de questionnaire, on constate, selon les personnes, une grande disparité/variabilité du tinnitus – en soi et dans son évolution.

Evolution des acouphènes

À ce niveau, tous les cas de figure existent :

·        La stabilité dans la durée du tinnitus, sans augmentation de son niveau sonore

·        L’augmentation de ce volume sonore au fil du temps

·        La diminution de ce volume sonore au fil du temps

·        L’augmentation et la diminution, plus ou moins alternées, au fil du temps

·        La disparition des acouphènes suivie de leur réapparition

·        Et l’on voit aussi (malheureusement pas très souvent) la disparition spontanée complète des acouphènes.

Ainsi, aucun pronostic sûr ne peut être fait quand à la façon qu’aura le tinnitus d’évoluer dans le temps.

Symptômes connexes aux acouphènes

Certains acouphéniques ont les bruits subjectifs dérangeants pour unique symptôme. Chez d’autres peuvent survenir, en plus de ces sons, d’autres manifestations subjectives telles que par exemple :

·        Une impression plus ou moins persistante d’avoir une ou les deux oreilles comme bouchées

·        Des impressions de fluctuations de l’audition

·        Des douleurs physiques diffuses, pouvant varier de localisations selon les moments (par exemple : sensations d’oppressions respiratoires, mal à la tête, tête lourde, impression de sinus encombrés...)

·        Des états nauséeux

·        Et d’autres encore qui sont développés dans les paragraphes qui suivent…

Vertiges et désorientation

C’est dans nos oreilles que se situe le centre de notre système d’équilibre. De ce fait, le tinnitus peut provoquer chez certains acouphéniques des sensations de vertiges (impression que l’on risque de tomber) et des phénomènes de désorientation : perte passagère des repères, impressions de flottement, incertitude de la position du corps dans l’espace…

Une réduction de l’intensité des acouphènes réduit souvent parallèlement cet inconfort.

Stress, angoisses, anxiété

Voilà d’autres symptômes connexes au tinnitus :

·        Le stress, c’est la difficulté à s’adapter à ce qui se présente et cette difficulté amène une excessive consommation d’énergie vitale et, selon l’amplitude du stress, une fatigue physique plus ou moins intense/chronique, un épuisement psychologique et nerveux plus ou moins accentué…

·        Angoisses/anxiété sont des états de peur (le plus souvent non réellement fondée) plus ou moins diffuse, plus ou moins ressentie, accompagnée de sensations physiques désagréables (qui, dans certains cas, amplifient les angoisses en générant de l’inquiétude pour la santé ou/et la survie)…

Les tendances aux stress, aux angoisses et à l’anxiété sont évidemment nuisibles au bien-être et à l’« économie » d’énergie vitale[11]. Beaucoup d’acouphéniques affirment avoir été, déjà avant de subir leurs acouphènes, de tempérament anxieux/angoissés ; d’autres le sont devenus après l’apparition de leur tinnitus. Or, angoisses/anxiété accentuent la vulnérabilité aux stress.

De plus, angoisses/anxiété et stress aggravent non seulement le tinnitus mais ils alimentent également l’insomnie que nous aborderons plus loin, et ils augmentent l’hyper-attention portée aux difficultés, aux problèmes – et au tinnitus.

Voilà donc encore un cercle vicieux dont il convient de s’échapper – et de préférence en n’abusant pas des calmants et autres anxiolytiques !

Baisse de la résistance physique et du capital-santé

On voit chez certains acouphéniques (pas chez tous, évidemment !) une diminution d’efficacité de leur système immunitaire : ils deviennent alors plus réceptifs aux infections et se trouvent ainsi fragilisés sur le plan de leur santé. Or, au niveau de leur psychologie, on constate statistiquement que ces personnes ont été le plus souvent de tempérament nerveux et pessimiste, ayant cultivé une vision négative des choses, d’elles-mêmes et de la vie, et avec des tendances plus ou moins moroses/dépressives.

De telles attitudes psychomentales sont capables d’amoindrir à la fois leur saine combativité et leur pulsion vitale, et la psychosomatique peut ainsi expliquer cette baisse de leur capital-santé et de leur résistance physique : au niveau du psychisme, la carence de l’envie de vivre en vient à freiner les forces d’autoguérison corporelles.

Développer en soi une vision plus positive (la « pensée positive ») est un bon moyen pour « renflouer » la résistance physique et pour (re)dynamiser ces fameuses forces d’autoguérison que nous avons tous en nous…

Tendance à une hyper attention portée au tinnitus

Autre symptôme connexe aux acouphènes : les personnes qui en souffrent ont tendance à « guetter » l’arrivée des sons entendus lorsque ceux-ci sont absents, ou encore leur amplification quand ils sont faibles :

Ainsi, une grande partie de leur attention consciente est portée sur le problème : sur le tinnitus ! !

Or l’on sait que :

Ce qui retient l’attention prend des proportions considérables dans le champ de la conscience.

Vous le savez d’ailleurs déjà car, comme chacun, vous avez déjà pu expérimenter ceci : en cas de rage de dents, vous avez davantage mal quand vous êtes polarisé sur cette douleur que quand un évènement survient qui oblige votre esprit à s’occuper d’autre chose. Ou encore : vous êtes enrhumé et vous vous mouchez quasi en permanence – mais voilà que vous devez expliquer quelque chose en détail à un collaborateur et votre nez cesse de se faire remarquer ; l’entretien terminé, vous vous souvenez que vous avez un rhume – et votre nez se remet presque aussitôt à couler… Cela démontre bien que :

La focalisation du mental sur le problème peut créer/réactualiser celui-ci.

Bien des personnes acouphéniques sont hypervigilantes à leur tinnitus : elles vivent dans une sorte d’état d’alerte plus ou moins permanent, ce qui ne peut manquer de générer en eux une usure énergétique, du stress et de l’anxiété – toutes choses dont on sait qu’elles sont susceptibles d’augmenter les acouphènes : à c’est le cercle vicieux déjà évoqué plus haut. Et ainsi :

Hypervigilance et acouphènes s’alimentent l’un l’autre !

Cela amène à la psychosomatique[12] dont on reconnaît maintenant la grande importance. Ce concept fait référence au pouvoir sur le corps que peut avoir le psychomental : ce dernier est capable d’influencer l’organisme et d’y créer des problèmes de santé, ou bien aggraver ceux-ci[13].

Tout acouphénique devrait donc savoir que l’hypervigilance au tinnitus est un facteur de création/amplification de celui-ci. A l’inverse, il convient donc qu’il retire au maximum possible son attention des sons qu’il entend. Ce n’est évidemment pas facile pour certains, mais il faut y réussir tout de même : vous trouverez des moyens pour cela un peu plus loin dans ce livre.

Des troubles du sommeil

Les troubles du sommeil (comme le soulignait d’ailleurs le questionnaire évoqué plus haut) sont à ajouter à cette liste de symptômes reliés au tinnitus : l’insomnie est en effet fréquemment présente chez les personnes qui en souffrent. Chez elles, ces difficultés à dormir peuvent être liées à une intensification dans leur perception des sons : comme déjà dit, c’est souvent le soir et durant la nuit qu’elles ressentent une plus grande amplitude dans le volume sonore de leur tinnitus, ce qui les amène à lui porter davantage d’attention.

Or, pour chacun, un sommeil de bonne qualité et en quantité suffisante est indispensable à la régénération énergétique, nerveuse et psychologique. Pour l’acouphénique, un sommeil régulièrement carencé :

·        Nuit à cette indispensable régénération

·        Présente un facteur de risque d’aggravation de l’inconfort lié au tinnitus

·        Facilite l’arrivée de l’irritabilité et des états dépressifs.

Chez les personnes acouphéniques, on peut trouver trois sortes de difficultés liées au sommeil :

·        Des états de somnolence ou des micro-sommes[14] involontaires durant la journée, et donc un amoindrissement de leur capacité à l’attention et à la vigilance – avec des risques évidents quant aux activités les nécessitant, telles que la conduite automobile par exemple

·        Des troubles pour l’endormissement (qui sont statistiquement plus fréquents chez les femmes que chez les hommes)

·        Des réveils nocturnes avec difficultés ou impossibilité à se rendormir.

Le manque de sommeil n’est guère supportable et les personnes souffrant de tinnitus risquent donc d’avoir une tendance à surconsommer calmants, anxiolytiques et somnifères.

Effets secondaires de cette classe de médicaments

Or, la consommation de cette classe de médicaments (qu’on appelle aussi les « hypnotiques ») peut accentuer les tendances à l’asthénie[15] : c’est là un de leurs effets secondaires. Et il y en a d’autres encore, également bien connus :

·        L’accoutumance : l’efficacité du médicament diminue plus ou moins rapidement

·        L’addiction : c’est la dépendance, c’est-à-dire ne pas parvenir à arrêter la consommation du médicament (alors que l’accoutumance a rendu celui-ci inopérant)

·        Des risques de troubles de la mémoire à court terme

·        Des risques de troubles de la vigilance

·        Des risques d’augmentation du ronflement et de l’apnée du sommeil (et celle-ci est nocive pour le cerveau et pour le myocarde – le muscle cardiaque)

·        Chez les personnes âgées, augmentation des risques de chute et donc de fractures osseuses…

Tout cela était connu depuis longtemps ! Mais ce n’est pas tout : une récente étude américaine portant sur 10 000 personnes a démontré une très significative augmentation de la mortalité et aussi de cancers pouvant être imputée à la prise de somnifères[16].

Revenons un instant à l’accoutumance car le grand public n’est malheureusement pas suffisamment informé à ce propos. Le gain lié à l’usage durable des médicaments hypnotiques est quasi inexistant : l’on sait que le sommeil de personnes habituées à la prise de somnifères est de qualité médiocre et qu’il ne permet pas une régénération énergétique correcte pour leur organisme. En fait, ce n’est guère qu’au début de la prise, et sur un laps de temps court, que les effets des médicaments somnifères semblent positifs en amenant une meilleure capacité à dormir[17] – mais cette efficacité s’épuise vite.

Il y a un autre aspect néfaste dans la mauvaise qualité du sommeil (avec ou sans médication par les hypnotiques) : c’est la carence de rêves. On rêve de quatre à six fois durant une nuit normale de six à huit heures de sommeil, et le rêve nocturne est indispensable car il remplit une fonction de « digestion » psychomentale des informations et des vécus. Empêcher quelqu’un de rêver[18] conduit à court terme à des troubles de l’humeur et à de l’irritabilité, à des difficultés de concentration, à des problèmes de mémorisation et d’apprentissage. A plus long terme, cela mène à des états lourdement psychotiques.

Ainsi un sommeil suffisant et sans somnifères est nécessaire à chacun et, en ce qui concerne plus spécialement les acouphéniques, une bonne qualité de sommeil peut considérablement les aider à réduire et parfois même à vaincre leur tinnitus[19].

Des causes possibles du tinnitus

Si vous vous demandiez s’il y des personnes qui, plus que d’autres, pourraient avoir un jour à subir des acouphènes : la réponse statistique à cette question est « oui ». En découvrant ces gens, vous comprendrez en même temps quelles peuvent être les causes possibles d’un tinnitus.

Des personnes à risques

Les statistiques ont donc permis de dégager les catégories de personnes pouvant risquer de subir un jour des acouphènes. Ces catégories sont assez nombreuses[20] :

·        Les personnes exposées au bruit du fait de leur genre de profession (dans l’armée ; dans l’industrie ; dans la musique – comme vu plus haut : nombre de musiciens de rock ont perdu de l’audition et souffrent d’acouphènes ; dans la mécanique ; dans la course automobile...)

·        Les personnes qui s’exposent au bruit par goût (utilisation à fort volume de lecteurs audio avec écouteurs...) ou qui fréquentent assidûment des « zones à bruit » telles que discothèques, concerts à haut volume sonore (d’ailleurs beaucoup de gens ayant assistés à un concert où la musique était très forte ont eu à subir un acouphène temporaire qui, la plupart du temps, s’est résorbé au bout de quelques jours et sans intervention de nature médicale[21])

·        Les personnes vivant dans des agglomérations urbaines bruyantes et à haute densité de population (à contrario : il est intéressant de constater que, des différentes couches socio-professionnelles, ce sont statistiquement les agriculteurs qui sont les moins touchés par le tinnitus)

·        Les personnes ayant écopé d’un ou de plusieurs traumatismes sonores survenus subitement (qui se sont par exemple trouvés à proximité d’une explosion, ou de la détonation d’arme à feu ou de pétards, ou trop près de haut-parleurs à haute émission de décibels...)

·        Les personnes qui utilisent leur téléphone portable trop souvent à un volume sonore trop élevé

·        Les personnes ayant subi des chocs sur la tête ou une blessure à la tête (trauma crânien par exemple) ou des problèmes au niveau du cou (entorse ou raideurs cervicales, arthrose…)

·        Les personnes ayant eu un ou des accidents de plongée

·        Les personnes ayant eu des infections récidivantes aux sinus ou aux oreilles, telles des sinusites ou des otites à répétition par exemple

·        Les personnes ayant tendance aux bouchons de cérumen (l’ORL pourra diagnostiquer cela et le/les retirer)

·        Les personnes souffrant d’hypertension artérielle

·        Les personnes présentant un problème d’articulé dentaire (les dents du bas ne « s’emboitent » pas correctement avec celles du haut lors de la fermeture de la bouche à dans ce cas : consulter le dentiste)

·        Les personnes ayant un problème « mécanique » au niveau des mandibules : la fermeture de la bouche est plus ou moins désarticulée (l’ORL pourra vous guider si vous relevez de ce genre de cas)

·        Les personnes ayant pris des médicaments potentiellement ototoxiques, c’est-à-dire ayant une action néfaste sur l’oreille et les mécanismes de l’audition (vous trouverez plus bas des infos à ce sujet)

·        Statistiquement, les hommes sont plus concernés que les femmes

·        Les personnes qui s’énervent vite, qui sont coléreuses, irascibles, impatientes, qui crient facilement (on disait d’eux autrefois qu’ils avaient un « tempérament colérique »)

·        Les personnes qui ne parviennent pas à se détendre, à lâcher-prise, à se relaxer

·        Les personnes de tempérament anxieux, qui nourrissent des craintes souterraines et ont tendance à vite dramatiser

·        Les personnes qui subissent ce que les Américains appellent le burn out et qu’en France on nomme l’épuisement professionnel

·        Les personnes âgées car l’âge est un des grands facteurs de risque. En effet, les mécanismes de l’audition et l’appareil auditif tendent à se détériorer avec le temps et il y a là d’une part un facteur de possibilité de baisse auditive plus ou moins ample et d’autre part un risque de tinnitus pour certains

·        Des causes génétiques sont également possibles, car on constate qu’il y a des familles dont plusieurs membres souffrent d’acouphènes (toutefois, les conclusions allant en ce sens ne sont pas suffisamment étayées dans l’état actuel de la recherche scientifique et cette hypothèse est pour l’instant seulement une piste de recherche).

Résumons :

Pour résumer, les causes du tinnitus, telles que l’on peut les situer dans l’état actuel de la connaissance, sont donc :

·        L’âge

·        L’agression sonore unique ou répétée

·        Des lésions à la tête, à l’appareil auditif

·        Des dysfonctionnements dentaires ou mandibulaires

·        Des suites d’effets médicamenteux

·        Des attitudes psychologiques plus ou moins négatives.

« Prévenir vaut mieux que guérir ! »

Côté prévention, la législation tient compte des connaissances scientifiques actuelles sur les effets nocifs du bruit : des directives aussi bien européennes que françaises ont ainsi limité le niveau de décibels acceptables (autour des aéroports et des grands axes routiers, dans les lieux bruyants tels que discothèques, concerts, usines, etc.).

Toutefois : force est de constater que l’application de ces lois semble encore aujourd’hui trop souvent laisser à désirer. C’est donc davantage

À chacun d’entre nous d’être lucide des risques et de privilégier la prévention à son propre niveau.

Vous pouvez d’ailleurs déduire quels sont les aspects de la prévention du tinnitus (et aussi quels sont les moyens de l’apaiser quand il est là) en fonction de ce que vous savez maintenant sur ses causes :

1.      En premier lieu : il s’agit d’éviter les agressions sonores. On ne saura évidemment pas à l’avance que l’on va se trouver près de la détonation subite d’une arme à feu, mais pour ce qui est de sources de bruits intenses connues, voilà ce qu’il convient de faire à titre de précautions :

·        Porter des protège-oreilles quand on sait que l’on va être exposé à des sources sonores importantes : au stand de tir, dans le garage où on fait ronfler des bolides, à l’usine si les machines y sont bruyantes, etc… Il existe des coquilles protectrices et des bouche-oreilles en mousse

·        Des protège-oreilles doivent être utilisés lorsqu’on bricole chez soi en se servant d’outils électriques bruyants (par exemple : meuleuse, ponceuse, visseuse, etc.), en particulier si l’on s’en sert dans un lieu clos, comme une cave ou un garage. Idem si vous vous entraînez à tirer au révolver ou au fusil

·        Eviter sans protège-oreilles les lieux du genre concert de rock ou boite de nuit (cela semble évidemment paradoxal : aller au concert avec des protège-oreilles ! Mais sachez-le : choisir de privilégier la satisfaction immédiate d’écouter les musiciens jouant à un volume sonore abusif peut générer des problèmes auditifs d’importance à terme…)

·        Préférer un niveau sonore raisonnable en écoutant de la musique, en utilisant un lecteur audio, avec votre téléphone portable…

·        Pourquoi ne pas mettre (comme moi) du coton dans les oreilles au cinéma quand le volume sonore y est excessif (ce qui est trop souvent le cas) ?

·        Et est-il vraiment nécessaire de rester à proximité des pétards à Nouvel An – au risque de se léser l’audition[22] ?…

2.      En deuxième lieu : si l’on fait partie des personnes à risques – et à fortiori quand on a déjà des acouphènes –, il convient de penser à rendre son médecin attentif à l’ototoxicité (= toxicité pour l’oreille) avérée ou potentielle des médicaments qu’il prescrit (il est supposé savoir desquels il s’agit). Dans les médicaments concernés, on trouve entre autres :

·        Certains antibiotiques

·        Certains anti-inflammatoires de la famille des salicylates (aspirine et médicaments apparentés) s’ils sont consommés à hautes doses

·        Certains anticancéreux

·        Certains diurétiques

·        Certains antidépresseurs

·        Certains antipaludéens

·        Certaines gouttes auriculaires (!)…

Souvenez-vous qu’il vous est utile de lire les notices des médicaments qui vous sont prescrits : elles précisent les éventuels risques d’ototoxicité (et vous pouvez d’ailleurs également vous informer auprès de votre pharmacien pour en savoir plus sur ce plan).

3.      En troisième lieu : savoir rester maître de soi – c’est d’ailleurs plus agréable à vivre et plus constructif à tous les niveaux. Ainsi :

·        Eviter les énervements inutiles : s’énerver, ce n’est certainement pas la bonne méthode pour résoudre les problèmes ! (et d’ailleurs pas non plus pour apaiser votre tinnitus…)

·        Eviter colères et cris : il n’est certainement pas nécessaire de hurler pour se faire entendre ou obéir (au contraire même, probablement !). Il est bien meilleur de privilégier une attitude pacifique (ce qui ne veut pas dire mollassonne !), ce qui est déjà bon pour le système nerveux et pour la qualité de vie – et apporte aussi un élément de prévention ou/et d’apaisement du tinnitus.

4        En quatrième lieu : certaines inadéquations dans le mode de vie et au niveau de l’alimentation peuvent avoir une incidence négative sur le tinnitus. Il est donc bon de veiller à privilégier une hygiène de vie correcte (ce qui est évidemment aussi utile et bienfaisant quand on ne souffre pas d’acouphènes !). Pourquoi faudrait-il risquer de se nuire en se laissant aller à s’atrophier physiquement ? Ou en abusant du tabac, de l’alcool, de la caféine, du sucre ?... Il est de fait que des acouphéniques ont diminué leurs acouphènes en agissant sur leur hygiène de vie : ne pas rester confiné chez soi, aller respirer au-dehors et pratiquer quelques exercices physiques sans violence ; manger plus sain et plus équilibré… – voilà qui non seulement fait partie d’une bonne prise en charge de soi et de son confort de vie, mais peut aussi contribuer à réduire le tinnitus

5        En cinquième lieu : savoir (ou apprendre si on ne le sait pas ou plus) :

·        Se détendre, se relaxer

·        S’offrir des joies paisibles

·        Apprécier le calme

·        Apprécier la nature (rappel : les agriculteurs, vivant, de par leur métier, au plus près de la nature sont le groupe le moins touché par le tinnitus)

·        Apprécier et écouter de la musique harmonieuse et à un niveau sonore qui doit toujours rester confortable

Car, comme vous le verrez plus loin : la relaxation/détente est un des efficaces moyens de réduire les acouphènes.

Des conséquences possibles du tinnitus

Nous venons de voir ce que peuvent être les causes et les symptômes en lien avec les acouphènes, voyons maintenant les conséquences possibles du tinnitus sur la personnalité et sur les différents domaines de la vie.

Aussi étonnant que ce soit, ce n’est qu’à partir des années 1980 qu’on en est venu à penser que certains dysfonctionnements psychologiques et comportementaux chez les personnes ne sont pas inhérents à leur personnalité mais sont la conséquence de l’inconfort ressenti, de la douleur. Or, c’est bien ce que l’on observe en ce qui concerne beaucoup d’acouphéniques : en effet, nombre d’entre eux changent de façons d’être et de se comporter à partir du moment où la souffrance liée au tinnitus leur devient moins supportable (et vous, mon lecteur, peut-être est-ce aussi votre cas ?).

Ces changements de caractère sont susceptibles de se porter sur les différents plans du vécu :

·        Psychologique et comportemental

·        Professionnel

·        Relationnel

·        Privé (vie affective et familiale, vie sexuelle, projets…)…

Voyons maintenant cela d’un peu plus près.

Conséquences psychologiques

Il y a différentes évolutions possibles dans ces changements au niveau psychique/comportemental. Par exemple :

·        Une irritabilité nouvelle ou accrue – la personne acouphénique « ne supporte pas » la contrariété, la contradiction, la critique ; elle perd en patience, en indulgence et en tolérance ; elle se sent incomprise et elle en veut aux autres, à ses familiers ; elle a des réactions bourrues, voire agressives…

·        Des aspects de dépression – perte de la gaieté et de l’humour d’autrefois ; difficulté et parfois même impossibilité à accéder aux émotions agréables et positives ; tendances aux ruminations, à la tristesse, à la détresse ; dans des cas plus lourds : envie de mourir, tendances suicidaires…

·        Une fatigabilité accrue, un épuisement physique et mental lié à des difficultés de sommeil et à une réelle usure nerveuse. On peut trouver la tendance à se laisser aller (« À quoi bon ?! »). Et aussi : de plus grandes difficultés qu’auparavant à assumer ce qui se présente, à prendre des décisions, à agir de façon prolongée, à faire preuve de volonté, de persévérance (ce qui risque de handicaper aussi le travail et la vie active)…

Conséquences dans l’action et le domaine professionnel

La profession implique pour la plupart d’entre nous le fait de devoir être productif, d’assumer des contacts humains plus ou moins sympathiques et coopératifs, d’accepter d’accomplir des missions, des challenges, de remplir des quotas… C’est un domaine dans lequel on consomme de l’énergie, qui prend une bonne part du temps de la vie, qui nécessite de la disponibilité, de l’attention, de la concentration et, souvent aussi, de la détermination.

Or, souffrir de quelque chose tend à handicaper les capacités utiles pour remplir toutes ces nécessités et les acouphènes, quand ils sont lourds, peuvent représenter ici un vrai problème :

·        Le relationnel professionnel : la hiérarchie, les collègues et les collaborateurs peuvent vite insupporter l’acouphénique – et les risques de stress, d’incompréhension, de malentendus et de conflits sont d’autant plus susceptibles de survenir…

·        Les capacités : la concentration et l’efficacité au travail peuvent être amoindries et donc les résultats et la productivité attendus risquent d’en pâtir…

·        Les projets : car, comme vu plus haut, avec plus de vulnérabilité à la fatigue et moins d’élan à les concrétiser, ils peuvent évidemment être pénalisés ou abandonnés…

Conséquences dans le relationnel

Les conséquences psychologiques vues ci-dessus tendent évidemment à perturber le plan relationnel :

·        Au niveau de la vie sociale : amis, collègues et relations risquent bien de fuir une relation devenue moins agréable. Un douloureux sentiment de solitude morale peut alors s’installer chez l’acouphénique, ajoutant de la disponibilité à l’attention qu’il porte au tinnitus. Et cela l’éloigne d’autant des bonnes choses de la vie, des contacts humains sympathiques…

·        Risque d’isolement : en dehors des contacts strictement nécessaires, trop d’acouphéniques ont une tendance à s’isoler, à un rejet/refus de la communication avec autrui, à se renfermer et à se recroqueviller sur soi-même – tout le monde « énerve », alors « mieux vaut ne voir personne, ne parler à personne ! »

Conséquences pour l’équilibre et l’épanouissement sexuels

La sexualité n’est pas l’apanage des plus jeunes et il n’y a aucune loi biologique contraignant les seniors à y renoncer. Toutefois, hommes et femmes ont besoin d’une disponibilité au corps pour bénéficier d’une sexualité épanouissante et, quand cette présence au corps est rongée par le tinnitus, cela la handicape lourdement. C’est très dommage car, lors des activités sexuelles et de l’orgasme, le système nerveux secrète de précieuses substances chimiques : de ces endorphines que l’on a appelées « les molécules du bonheur »[23] et qui ont pour propriété de calmer, d’apaiser, de déstresser et aussi de neutraliser la douleur.

Ainsi, la sécrétion des endorphines dans l’organisme peut donc aussi apporter un apaisement à ceux qui souffrent des acouphènes – à la condition de parvenir à vivre une sexualité suffisamment active et apportant de la plénitude. Malheureusement, le tinnitus provoque chez certains acouphéniques une réelle baisse de la libido, ainsi que l’a souligné un acouphénique de cinquante-deux ans avec ces mots :

– Comment être disponible au sexe et au plaisir quand ça hurle dans ma tête ?! Je n’arrive même pas à entrer en érection dans ces cas-là et j’ai presque entièrement dû renoncer au sexe à cause de ces horribles acouphènes !

Selon leur intensité, les acouphènes ont donc également une action néfaste sur la vie sexuelle et sur les avantages que l’on peut en recevoir quand elle est satisfaisante : en termes de bienfaisante chimie organique et donc de bien-être, de plaisir et aussi de lien et de communication intime avec son/sa partenaire. Or, la communication est un des grands ciments du couple et du sentiment…

Conséquences sur la vie privée

Je viens de parler de ciment de la vie affective. Le tinnitus, lui, peut se révéler un très efficace « anti-ciment » et briser des couples : bien des conjoints ont été lassés par le nouveau caractère « de chien » de leur compagnon/compagne devenu(e) acouphénique. Certains acouphéniques ont vécu la rupture de la communication avec leur partenaire – et donc ont vu s’effilocher les agréments qui existaient auparavant dans leur couple. Et d’autres ont, à cause des acouphènes, subi la rupture tout court…

Indépendamment même d’un caractère devenu plus ou moins désagréable, la qualité de la vie privée et des échanges sentimentaux peut pâtir du tinnitus de l’un des partenaires. Moins (ou plus du tout) de plaisirs à deux ou en famille, moins de sorties, moins d’égards pour ce qui peut être ressenti comme important par l’autre … Quand l’attention de l’acouphénique se tourne trop vers son tinnitus, quelle disponibilité peut-il encore avoir pour le partage, pour la tendresse, pour une écoute suffisante ? Ou bien pour des projets plaisants ?...

Alors oui : la vie sentimentale, la vie de famille et l’harmonie qui y sont désirables peuvent être lourdement handicapées par la survenue du tinnitus :

·        La vie familiale et les rapports familiaux : il est très difficile pour quelqu’un qui ne souffre pas d’acouphènes de concevoir la dureté de l’épreuve que peuvent dans certains cas représenter les acouphènes. Les réactions d’incompréhension ou/et d’impatience de l’entourage aux attitudes réactives du proche acouphénique peuvent ajouter aux tensions et aux risques de conflits (ce qui ne viendra évidemment pas améliorer le tinnitus !)…

·        La vie amoureuse : lorsque le/la partenaire est trop souvent houspillé(e), les relations sentimentales ne sont plus guère dignes de ce nom !... L’amour n’est pas supposé résister aux insultes ou au refus de communiquer et je connais des acouphéniques qui, en plus de la souffrance liée au tinnitus ont dû faire face aux affres de la rupture parce qu’ils étaient devenus invivables…

 

Ainsi, en plus de l’inconfort qu’il représente en lui-même, le tinnitus peut porter ses effets négatifs dans votre psychisme et dans votre corps, dans les rapports avec vos proches et avec vos autres relations, et aussi dans votre vie professionnelle et dans votre carrière… Oui : les acouphènes peuvent se révéler être un véritable et lourd handicap sur tous les plans importants de votre vie.

Parvenir à au moins les réduire peut donc se révéler être un enjeu d’une très réelle importance…

Des acouphéniques célèbres – dans l’histoire et dans l’actualité

Vous avez un tinnitus et vous n’êtes pas le seul car, les acouphènes, ce n’est pas nouveau : bien des gens en ont pâti dans le passé – évidemment beaucoup d’anonymes et aussi des personnes qui sont passées dans l’histoire. Citons quelques-unes de celles-ci :

·        Le naturaliste Pline – un auteur romain qui, dans l’Antiquité, en avait déjà décrit les symptômes

·        Le poète latin Ovide qui, de toute évidence, les connaissait bien les acouphènes parce qu’il en souffrait

·        Le peintre Van Gogh – savez-vous pourquoi il s’est tranché une oreille ? : il l’a fait dans une vaine tentative d’échapper à un tinnitus très invalidant…

Plus près de nous :

·        Le théologien Martin Luther

·        Le philosophe Jean-Jacques Rousseau…

De façon plus actuelle, bien des musiciens de rock en sont atteints, citons parmi eux :

·        Ozzy Osbourne (Black Sabbath)

·        Phil Collins (Genesis)

·        Pete Townsend (The Who)

·        Sting… (The Police)

·        Francis Rossi (Status Quo)

·        Lars Ulrich (Metallica)

·        John Illsley (Dire Strait)

·        Brian Wilson (Beach Boys)

·        Eric Clapton

·        Bob Dylan – dans une de ses chansons, il chante : « J’ai marché toute la nuit en entendant sonner des cloches d’église […]. Mes oreilles tintent, tintent ! – comme des coquillages vides »[24]

Les acouphéniques sont à la recherche de solutions

Quand des acouphènes apparaissent, il est évident que la première chose à faire est de consulter le médecin ORL pour un contrôle sérieux de l’audition et de l’appareil auditif. Ainsi, celui-ci pourra poser son diagnostic et vérifier l’existence ou non d’une des rares causes graves d’acouphènes ou encore celles, plus bénignes, relevant de la chirurgie. Selon ce qu’il trouvera, il pourra proposer un traitement.

Toutefois, rappelons que dans près de 95% des cas d’acouphènes, l’examen ne révèlera aucune cause grave ou organique (ce qui aura déjà pour avantage de rassurer la personne acouphénique quant à son état de santé, et lui permettra de cesser de « fantasmer » négativement sur ce qui lui arrive). D’autre part, dans ces types de cas d’acouphènes, plutôt que de prescrire des médicaments qu’il sait d’une part inutiles et d’autre part susceptibles d’indésirables effets secondaires, le médecin compétent conseillera au patient de s’habituer à ces bruits-fantômes, d’apprendre « à vivre avec ». C’est honnête, mais c’est souvent extrêmement frustrant pour celui qui subit le tinnitus : on lui demande de tolérer l’inconfort au lieu de le soigner… Les patients essayent alors de porter le moins possible leur attention sur leurs acouphènes et, surtout quand ceux-ci sont intermittents, ils y arrivent plus ou moins bien. Ou ils cherchent à s’y habituer (ce qui n’est jouable que si les bruits n’atteignent pas un niveau sonore difficile à supporter) : il s’agit pour ces patients d’accepter le fait qu’il leur faille vivre avec le tinnitus. D’ailleurs, nombre d’acouphéniques vivent normalement et sans subir trop d’inconvénients du fait de leur tinnitus.

Mais c’est beaucoup plus problématique pour d’autres et ces personnes partent à la recherche de solutions médicales, voire du remède miracle – qui n’existe pas. Elles consultent alors successivement quantité de soignants de tous bords. Ainsi, si le tinnitus coûte cher au niveau individuel en termes de qualité de vie et de relations humaines, il est également ruineux en termes d’argent : on constate statistiquement le fait que les acouphènes provoquent une surconsommation vaine d’analyses (dont l’IRM), de spécialistes (allant de la médecine officielle aux médecines alternatives) et aussi de médicaments pourtant souvent inefficaces[25] (et à effets secondaires !).

Malgré cette quête de solutions auprès des instances médicales, le patient acouphénique est en fin de compte très souvent voué à lui-même : la médecine l’invite donc à s’habituer au tinnitus ou encore à se résigner – et à subir (l’expression « subir en silence » n’est d’ailleurs pas ici la bonne formule !)…

On comprend bien que celui qui souffre du tinnitus soit en recherche de moyens susceptibles de l’aider. Alors, une fois qu’il a constaté le fait que la médecine manque de moyens efficaces pour l’aider par rapport au tinnitus – et à la condition d’accepter de se prendre en charge par soi-même –, l’acouphénique qui continue à chercher peut découvrir de tels moyens et les utiliser : c’est là le propos de la suite de ce livre.

 

Je vous propose donc de tourner maintenant la page, puisque nous allons maintenant aborder ensemble ces différents moyens…


 

2 - Des remèdes

Avant d’en arriver aux moyens de réduire les acouphènes parlons d’abord des « anti-remèdes » : c’est-à-dire de ce qui est inefficace ou même nuisible.

Les anti-remèdes

En effet, la tentation est grande d’en venir à des moyens qui, s’ils peuvent donner un soulagement immédiat sont néanmoins pernicieux dans la durée : l’« abus » de silence, la solitude, le secret…

Les boules dans les oreilles

Lorsque les acouphènes se compliquent de l’hyperacousie (ce qui, rappelons-le, est le cas de 40% des acouphéniques), il y a une tendance à rechercher un maximum de silence. Alors, se mettre dans les oreilles des boules achetées en pharmacie afin de bloquer les bruits extérieurs est une réelle tentation. Toutefois l’expérience montre que cela finit par se révéler nuisible car, une fois les boules retirées, le contraste avec les sons habituels de la vie courante est en général encore plus virulent.

Bien au contraire, il est préférable de maintenir un faible niveau sonore de bruit ambiant auquel (et même s’il est au début encore ressenti comme trop fort) on finira par s’accoutumer parce qu’il deviendra une composante normale et courante de l’environnement : par exemple un bruit d’eau qui coule, des chants d’oiseaux, des sons divers de la nature ou de la musique douce d’ambiance…

La tentation de l’isolement

Beaucoup d’acouphéniques tendent à s’isoler des autres. Certes, on se sent mieux seul qu’irrité par autrui. Mais l’isolement est également un anti-remède au tinnitus : il facilite non seulement l’arrivée des états dépressifs mais il amplifie l’attention portée aux acouphènes et il augmente la tendance à « ruminer » des idées noires. Il est de loin préférable de garder contact avec les autres et, en utilisant de ces bons moyens que vous découvrirez ci-dessous, de parvenir à vivre ces relations avec autrui avec le sourire…

Tenir le tinnitus secret

Il y a également nombre d’acouphéniques qui s’interrogent : doivent-ils ou non parler de leurs difficultés auditives à leur entourage ? Certes, la famille proche est généralement au courant, mais les autres relations (professionnelles, famille plus lointaine, connaissances…) sont trop souvent dans l’inconnaissance du problème. Est-ce par pudeur ? Par agacement à l’idée de devoir expliquer ce que sont les acouphènes ? Par gêne ? Par honte d’être considéré comme « diminué » ? Par peur d’être assimilé à un « infirme de l’audition » ?… – il y a un peu de tout cela chez l’acouphénique qui tient son tinnitus secret.

Mais ce silence peut être source de malentendus (sans jeu de mots !) : les autres ne comprennent pas pourquoi il y a maintenant de l’irritabilité et de l’impatience chez celui qui était auparavant plus souriant et plus agréable à côtoyer… Ils risquent fort d’attribuer cela à un « mauvais caractère qui ressort maintenant » et de finir par éviter celui qui a tant changé – et pas en mode agréable !

En fait, c’est en général une bonne option de faire connaître le problème à ceux avec lesquels vous êtes en contact pour qu’ils ne soient pas affectés si par exemple vous refusez d’aller avec eux à un concert bruyant, et aussi pour qu’ils soient compréhensifs envers vous. Les désagréments dont on connaît la cause sont mieux vécus que ceux dont on l’ignore : au lieu de penser que votre changement de comportement est « contre eux », ils comprendront que la cause est le tinnitus auquel vous êtes en butte.

Ceci dit, il ne doit évidemment pas être question de se plaindre ou d’en profiter pour « grogner » en permanence…

Exiger une disparition complète du tinnitus

Désolée de vous le dire : mais quelle que soit la méthode employée – et même si cela se produit tout de même pour certains – il est assez rare que les acouphènes s’éliminent totalement. Alors, plutôt que de rager parce que tel n’est pas votre cas (et donc de cultiver une frustration génératrice de stress, d’insatisfaction et de focalisation sur le problème !), il est préférable de viser d’abord à diminuer le tinnitus. Six à neuf millions de Français sont aujourd’hui acouphéniques et nombre d’entre eux vit sans difficulté particulière avec le tinnitus. C’est d’amoindrir vos acouphènes qui doit être votre objectif premier. Cela améliorera déjà la qualité de votre vie, votre bien-être, votre équilibre nerveux, votre sommeil, votre tranquillité d’esprit… et votre disponibilité aux bonnes choses de la vie.

En d’autres termes : n’utilisez pas les moyens que vous trouverez ci-dessous comme un défi à relever, comme un combat anti-acouphènes à mener. Ne partez pas en guerre ! (sinon : stress garanti ! : avec probable amplification des acouphènes !…).

Ce qui précède ne veut nullement signifier que vous ne pourrez en aucun cas éliminer complètement les acouphènes : cela reste évidemment possible et bien des acouphéniques y sont parvenus. Et c’est en tous cas ce que je vous souhaite…

Stratégie anti-acouphènes

Dans les pages qui suivent, vous allez rencontrer des femmes et des hommes qui ont vraiment beaucoup souffert du tinnitus. À ce jour, certaines de ces personnes ont presque complètement éliminé leurs acouphènes et les autres les ont considérablement diminués. Vous découvrirez comment elles ont géré le problème et comment elles sont parvenues à une bonne qualité de vie en bénéficiant d’un système nerveux en bon état (c’est-à-dire pas épuisé par le tinnitus !). Tous ces cas datent d’au minimum cinq ans au moment où j’écris ces lignes : délai raisonnable pour pouvoir juger avec un recul suffisant les résultats positifs et durables que ces personnes ont obtenus en utilisant les uns ou les autres des moyens décrits plus loin dans ce livre.

D’abord le diagnostic : consulter l’ORL

Chacun des acouphéniques que je vais vous présenter a d’abord consulté le médecin ORL pour avoir son diagnostic – et c’est aussi ce que vous devez faire en priorité. Vous venez de constater que vous entendez des bruits que les autres n’entendent pas ? : consultez l’ORL. Ou bien vous avez des acouphènes depuis longtemps ? : alors vous avez déjà consulté le spécialiste et celui-ci vous a examiné et informé à leur sujet.

Ainsi, votre premier interlocuteur est évidemment le médecin spécialiste. Celui-ci pourra déterminer si vos acouphènes ont des causes organiques (rappelons que seulement un petit nombre d’acouphènes ont de telles causes) et, dans ce cas, vous orienter vers le traitement approprié. S’il ne diagnostique pas de causes médicales, vous saurez rapidement que, même sils sont désagréables, vos acouphènes sont bénins et non dangereux (ni « cancer », ni « tumeur au cerveau », ni « AVC en préparation » – ce qui, je le répète, sont des peurs fréquentes chez les acouphéniques mal informés) et cela vous évitera déjà de les dramatiser. Cette compréhension de ce qui vous arrive vous économisera du stress et des angoisses – rappelons encore une fois qu’angoisses et stress sont connus pour amplifier les acouphènes.

Profitez aussi de votre visite chez l’ORL pour lui donner tous renseignements utiles sur les médicaments que vous avez pris (au cas où des substances ototoxiques pourraient être en cause) et aussi pour vous informer sur les médicaments à éviter par la suite – ceux qui sont connus pour avoir de tels effets nuisibles à l’appareil auditif – et transmettez ensuite ces infos à votre médecin généraliste traitant afin que celui-ci intègre ces données à votre dossier.

Dans les deux cas (acouphènes récents ou anciens), après les examens médicaux jugés utiles par l’ORL et s’il est avéré que la médecine ne peut rien vous proposer d’efficace contre votre tinnitus, au lieu de surconsommer inutilement les consultations, prenez-vous vous-même en charge avec les autres moyens non médicaux qui sont tout à fait à votre portée.

De bons moyens anti-acouphènes

Nous y voici donc. Vous allez maintenant découvrir le Bruit Blanc, la relaxation, la sophrologie, des sons de la nature et d’autres bonnes méthodes encore qui ont déjà considérablement aidé beaucoup d’acouphéniques. Je vais les diviser en deux types :

·        Ceux qui nécessitent de pouvoir entendre = qui sont accessibles aux « entendants »

·        Et ceux qui sont utilisables aussi bien par ceux qui disposent encore de l’audition que par ceux qui l’ont perdue – les « non-entendants ».

Les moyens pour entendants
Le Bruit Blanc

Vous allez maintenant découvrir le Bruit Blanc. C’est un des moyens reconnus d’aider les personnes acouphéniques à mieux vivre avec le tinnitus, à réduire celui-ci en intensité, en durée – et il y a d’ailleurs aussi des cas d’acouphéniques ayant complètement éliminé leur tinnitus grâce à une utilisation persévérante et régulière du Bruit Blanc. Ce dernier n’est évidemment pas une « panacée universelle » contre les acouphènes (une telle panacée n’existe pas), mais il donne très souvent de bons résultats.

Alors, qu’est le Bruit Blanc ? Avant de vous l’expliquer, voyons le cas de Anne.

Anne

Anne avait 51 ans en 2004 et elle était couturière depuis une quinzaine d’années dans une entreprise fabriquant essentiellement des jeans. Elle travaillait dans une grande salle où se trouvaient une vingtaine de ses collègues et où le bruit des machines était souvent très pénible. Elle avait commencé à avoir des acouphènes bilatéraux vers 1998 ou 1999. L’ORL qu’elle avait consulté lui avait alors conseillé de placer dans ses oreilles, pendant ses heures de travail, des bouchons achetés en pharmacie afin d’échapper aux bruits mécaniques ambiants. Il avait précisé qu’il n’avait pas de traitement à lui proposer et il avait surtout insisté sur le fait qu’elle devait s’efforcer de s’habituer à ces sons qu’elle entendait dans sa tête en y prêtant le moins d’attention possible. Anne avait commencé par tester les bouchons, mais avait rapidement renoncé à eux parce que cela l’isolait trop des autres et elle se borna à se mettre du simple coton hydrophile dans les oreilles pendant ses heures de présence à son travail. En 2006, ses acouphènes augmentèrent en volume mais elle parvenait tout de même à vivre avec et n’était vraiment ennuyée que parfois dans le silence du soir. En 2007, cela empira brusquement et Anne, de plus en plus anxieuse, insomniaque et épuisée nerveusement par ce tinnitus, fut acculée à des arrêts maladie successifs. Son ORL ne voulut pas lui prescrire des anxiolytiques et lui conseilla d’utiliser plutôt le Bruit Blanc. N’ayant pas les moyens de s’acheter le très onéreux générateur de bruit blanc (non remboursé par la Sécurité Sociale), Anne opta pour un petit lecteur de CD, portable, léger et muni d’écouteurs et pour le CD de Bruit Blanc. Et elle s’en trouva bien : au bout de six mois d’utilisation régulière, ses acouphènes diminuèrent, selon l’estimation d’Anne, de 50 à 70% (selon les moments).

En 2008, allant donc mieux mais ne voulant pas courir le risque de réactiver le tinnitus, Anne négocia avantageusement son départ de l’entreprise et elle trouva ensuite un travail de retoucheuse dans un grand magasin de vêtements – tâche qu’elle pouvait accomplir chez elle.

Aujourd’hui, plus de cinq après l’amélioration de 2007, elle a toujours de faibles acouphènes qui ne la gênent pas et ne la préoccupent pas et elle a récupéré son énergie et sa joie de vivre. Elle continue d’ailleurs à utiliser le Bruit Blanc (maintenant en version MP3 à l’aide d’un minuscule lecteur MP3) au moins une heure par jour : en préparant les repas, en mangeant, en tricotant, en faisant la poussière, en lisant…

Fréquences sonores et Bruit Blanc

Pour que vous compreniez bien comment Anne a pu résoudre son problème, nous devons aborder une courte explication concernant le son et la plage de sons que perçoit l’ouïe humaine.

Le hertz[26] est l’unité de mesure d’une fréquence, c’est-à-dire d’un phénomène qui se produit selon une périodicité (par exemple : un rythme). Un son précis correspond à une fréquence précise : c’est une onde produite par une vibration sonore ayant une certaine vitesse. Ainsi, les sons que vous entendez sont des ondes sonores qui vibrent à différentes fréquences et ces fréquences sont exprimées en hertz : 1 Hz = une vibration par seconde, 10 Hz = dix vibrations/seconde. Plus un son est aigu et plus sa fréquence est élevée – par exemple, la note « la » vibre a une fréquence de 440 Hz (= 440 vibrations/seconde) et la note « si » qui est plus haute vibre plus vite, à 495 Hz.

Le système auditif humain peut percevoir des sons allant de 18 hz à 20 000 Hz[27] (en dessous de 18 Hz se trouvent ce qui pour nous sont les infrasons, et au-dessus de 20 000 Hz se trouvent ce qui pour nous sont les ultrasons) – plage qui est rétrécie chez ceux qui ont une baisse auditive.

Le tinnitus d’une personne relève d’une/de fréquence(s) qui se trouve(nt) nécessairement quelque part dans ce registre allant de 18 hz à 20 000 hz.

C’est de ce fait-là que provient l’intérêt majeur du Bruit Blanc. Mais vous vous demandez sans doute maintenant : « Alors, le Bruit Blanc, qu’est-ce que c’est ? » :

·        Comme son nom – bruit blanc – l’indique, c’est un bruit mais qui a une particularité unique : celle de comporter la quasi-totalité de la gamme de fréquences sonores que peut percevoir l’ouïe humaine[28].

Ainsi, ce n’est évidemment pas de la musique, car celle-ci est un enchaînement de fréquences précises et spécifiques – les notes de musiques de différentes hauteurs ont des sons allant du grave à l’aigu ; les accords, les vibrations sonores, etc. ont également des fréquences qui leur sont propres. Le Bruit Blanc est en fait une sorte de chuintement, comme une sorte de souffle, qui est assez voisin de celui que l’on entend à la radio quand on promène le curseur entre deux stations émettrices sans rien capter de précis. Ainsi c’est un son plutôt neutre, sans caractéristiques saillantes à l’audition, et dans lequel on ne reconnaît rien de particulier : ni notes de musique, ni voix, ni sonorités que l’on pourrait identifier et qui auraient une « personnalité »...

En ce qui concerne le tinnitus, l’intérêt du Bruit Blanc réside précisément dans ces particularités :

·        Le Bruit Blanc comporte donc pratiquement toutes les fréquences audibles par l’audition humaine – et donc évidemment celle de vos acouphènes, lesquels se trouvent nécessairement dans les unes ou les autres de ces fréquences. Ainsi, le Bruit Blanc est susceptible de masquer le tinnitus.

·        Le Bruit Blanc est monotone et il amène de ce fait un effet d’apaisement, de relaxation. Or l’on sait que ceci est non seulement bénéfique pour le système nerveux de manière générale, mais que cela a une incidence positive sur les acouphéniques auxquels le stress, les tensions et la crispation sont particulièrement nuisibles.

·        Le Bruit Blanc ne capte pas l’attention : c’est un son sans « personnalité », une sorte de bruit de fond qu’on n’a pas besoin d’écouter, ce qui permet d’ailleurs tout à fait de faire autre chose en même temps.

·        Le Bruit Blanc, occupant une partie de l’audition en tant que bruit de fond « librement choisi », en vient à occuper une partie de l’espace sonore et le cerveau tend ainsi à se déshabituer de l’attention portée aux acouphènes.

·        Le Bruit Blanc étant ce son monotone et ennuyeux en soi, il « ennuie » le cerveau (lequel a besoin de stimulations) et celui-ci s’en désintéresse. Ce désintérêt finit par se reporter aussi sur ces autres bruits que sont les acouphènes – qui passent ainsi davantage à l’arrière-plan du champ de la conscience.

On conçoit donc tout l’intérêt du Bruit Blanc en tant que moyen de minimiser le tinnitus. Ceci dit : comment utiliser le Bruit Blanc de manière optimale ?

Mode d’emploi du Bruit Blanc

Pour une bonne utilisation du Bruit Blanc, il convient de respecter ce mode d’emploi :

·        Le Bruit Blanc doit être utilisé avec des écouteurs.

·        Le niveau sonore doit toujours rester confortable (= jamais ressenti trop fort, sauf éventuellement dans le cas de l’hyperacousie : voir ci-dessous).

·        La régularité est indispensable : il convient d’utiliser le Bruit Blanc le plus souvent possible. Les éléments d’amélioration sont liés à la fréquence et à la durée d’utilisation : au minimum une fois par jour et au moins sur une heure d’affilée. En procédant ainsi, à l’expérience on constate que beaucoup d’utilisateurs commencent à percevoir des améliorations au bout de deux mois environ d’utilisation.

·        Il est inutile d’écouter le Bruit Blanc : ce n’est pas de la musique – disons que c’est votre cerveau qui doit l’entendre (rappelons que le Bruit Blanc agit aussi en déshabituant le cerveau de l’attention portée aux acouphènes). Pour votre occupation mentale pendant que vous l’utilisez : vous pouvez tout à fait vaquer à des activités calmes – par exemple : écrire, penser, étudier, lire, broder, dessiner, peindre, coudre, surfer sur Internet, faire des mots croisés, des mots mêlés, des réussites, du Sudoku ou encore d’autres travaux ou jeux de ce genre… ou même papoter calmement avec un interlocuteur (mais pas conduire sur la route, ni utiliser un engin motorisé ; ni regarder la TV ou écouter la radio – risque de « surcharge » auditive ; ni des activités vigilantes, « agitées »  ou nécessitant d’aller vite ou d’agir énergiquement : sport, confrontations, etc.).

Infos supplémentaires :

·        Sachez qu’il est hors de question de chercher à couvrir avec le Bruit Blanc des acouphènes qui sont d’un fort niveau sonore (ce serait ajouter un traumatisme sonore !). Je le répète : le Bruit Blanc doit rester dans tous les cas à un volume sonore confortable.

·        Il est à noter que chez certaines personnes, il se produit une intensification des acouphènes au début de l’utilisation du Bruit Blanc : ce n’est pas une cause d’inquiétude car cela ne dure pas. Vérifiez aussi que vous n’utilisez pas le Bruit Blanc à un volume sonore trop élevé et si c’est le cas : baisser celui-ci.

En cas d’hyperacousie

Le Bruit Blanc peut aider aussi les personnes qui souffrent d’hyperacousie (compliquée ou non par le tinnitus). Dans ce cas, il convient de l’utiliser tout d’abord à un niveau sonore extrêmement faible – et même parfois, au tout début, en-dessous du seuil de l’audition. Puis, au fil des mois, on augmente très progressivement le volume du son au fur et à mesure des améliorations dans la tolérance aux bruits (baisse de l’hyperacousie). Ce processus de réadaptation progressive prend en général du temps : la persévérance et la patience sont indispensables pour une réelle désensibilisation au bruit – des mois, voire un ou deux ans. Mais quand on sait la simplicité de la méthode – et qu’elle a de grandes chances d’être efficace ! – il serait dommage de ne pas l’utiliser. Et cela d’autant plus qu’il n’y a pas grand-chose d’autre à faire dans le cas de l’hyperacousie…

En cas de différence d’ouïe entre les deux oreilles

Dans le cas où une oreille entend beaucoup moins que l’autre : toujours poser les écouteurs sur les deux oreilles et, si votre lecteur audio ou MP3 le permet, ajuster éventuellement la « balance » droite-gauche en conséquence.

En cas de surdité unilatérale

Il est à noter que le Bruit Blanc peut être utilisé même si une seule oreille est entendante : dans ce cas, poser tout de même les écouteurs sur les deux oreilles. Le cerveau entendra le Bruit Blanc à partir de l’oreille entendante.

Bruit Blanc : par générateur, sur CD, ou en MP3 ?

Quelles sont les moyens accessibles pour disposer du Bruit Blanc ? Il y a différentes options, alors que choisir ?

·        Le générateur de Bruit Blanc « sur table » est un appareil qui diffuse le Bruit Blanc dans l’environnement. Il est inefficace car il ne produit qu’un son qui s’ajoute et se mêle aux bruits ambiants = le cerveau n’est pas « concerné ».

·        Le générateur de Bruit Blanc intra-oreille ressemble à un appareil auditif et on le trouve chez les prothésistes auditifs. Il est souvent efficace mais est très cher (au-delà de 1000 euros), n’est pas remboursé par la Sécurité Sociale et, de ce fait, il n’est pas à la portée de toutes les bourses

·        Une alternative bon marché (deux à trois dizaines d’euros) et qualitativement tout à fait valable est le Bruit Blanc sur CD audio ou en MP3[29]. Dans ces deux cas, il est simple d’utilisation car il existe de petits lecteurs audio ou MP3 portables, peu onéreux, confortables et discrets, que l’on peut facilement emmener avec soi et qui sont pourvus des indispensables écouteurs. En effet, compte tenu du fait qu’il convient d’utiliser le Bruit Blanc de façon régulière et au moins une heure/jour, il est préférable de pouvoir bouger, c’est-à-dire de ne pas devoir rester « vissé » à la même place. Point important : dans le cas du MP3, il est nécessaire que le codage en MP3 soit optimal afin qu’il n’y ait pas de perte des fréquences utiles (on peut trouver sur Internet du Bruit Blanc en MP3 à télécharger gratuitement mais, dans certains cas, le codage MP3 est loin d’être optimal !).

À chacun donc de choisir en fonction de son budget.

Vous voilà donc informé sur le Bruit Blanc. Abordons à présent un autre – et très agréable moyen – de soulager les acouphènes et qui est lié également à des sons.

Les sons de la nature

Nous le savons tous : la Nature est notre mère et elle nous offre bien des remèdes – et pas uniquement sous la forme des substances actives de la pharmacopée végétale. En effet, nombreux sont ceux d’entre nous qui se ressourcent et ressentent le plus grand bien en contemplant un paysage paisible, en étant paisiblement allongé dans l’herbe douce d’un pré en été ou en observant le ciel orangé par un magnifique soir d’été… Ou encore en écoutant la mélodie d’une source, ou le chant des criquets, ou le bruit des vagues, ou le doux ramage des oiseaux… Ainsi, il y a beaucoup de sons dans la nature qui sont évocateurs de calme, qui favorisent la paix intérieure, qui apportent la détente physique et nerveuse et qui tranquillisent l’esprit[30].

Pour ce qui nous intéresse ici, aux vertus bienfaisantes et apaisantes de la Nature se rajoute un autre aspect qui est le suivant : les bruits de la nature sont des sons qui possèdent leurs propres fréquences et beaucoup d’acouphéniques en tirent avantage parce que certaines de ces fréquences sonores peuvent masquer leur tinnitus. De plus, la focalisation de l’attention portée aux sons de la nature rend aussi plus facile le détachement de l’attention sur les acouphènes.

Avant de vous expliquer tout cela, découvrez maintenant Ferdinand qui eut grand avantage à l’écoute de sons de la nature.

Ferdinand

Ferdinand est artiste-peintre et sculpteur et il avait 35 ans quand ses acouphènes sont apparus en 1998. Il s’était rendu à un concert de hard rock qui l’avait enthousiasmé, sauf que... il eut des grésillements dans les deux oreilles pendant les huit jours suivants. Quelques semaines plus tard, il prit conscience un soir dans son lit qu’il entendait à droite comme une sorte de bruit de fond : un ronflement comme celui qui est produit par un réfrigérateur en marche ou comme par des néons allumés. La cuisine étant loin, il dut se rendre à l’évidence : ces sons n’existaient pas, ils étaient produits par son cerveau ! Le médecin consulté lui apprît un mot qu’il ne connaissait pas, « acouphènes », et lui conseilla de ne pas s’en occuper et de s’y habituer. Ce tinnitus évolua au cours des trois années suivantes : présent en permanence, il devint bilatéral tout en restant plus fort du côté droit et se montra variable en intensité. Selon les propres termes de Ferdinand, certains jours c’était infernal et d’autres c’était plus léger et oubliable. L’artiste avait toujours eu l’habitude de mettre de la musique en fond sonore quand il créait dans son atelier, mais les acouphènes lui rendirent cela de plus en plus désagréable et il dut finalement cesser à son grand regret. Progressivement l’hyperacousie s’était donc installée : en 2003 il était devenu hypersensible aux bruits ambiants. Il fit insonoriser sa chambre et son atelier et il fut même acculé à arrêter la sculpture, travail trop bruyant pour sa tolérance auditive, ne continuant à pratiquer que la peinture. Il devint alors renfrogné, agressif et parfois même méchant : il entra par exemple dans une grande colère un soir où le couple de voisins nouvellement arrivés fêtait sa crémaillère, au point de menacer le mari de lui « casser la figure » s’il continuait à mettre sa musique aussi fort (alors que le niveau sonore était raisonnable et n’incommodait aucun des autres voisins).

En 2005, son ORL ayant pris sa retraite, il alla en voir un autre qui lui conseilla de se réacclimater à un environnement légèrement sonore par l’audition, d’abord à très faible volume et en alternant, du Bruit Blanc et de sons naturels (surtout bruit d’eau et chants d’oiseaux, compte tenu des fréquences présentes dans les acouphènes de Ferdinand) et aussi, puisqu’il aimait la musique, de musique douce – genre musique d’ambiance. Le médecin précisa que patience et persévérance lui seront indispensables et aussi que Ferdinand devra assumer, pendant les premiers mois, un certain inconfort auditif « en serrant les dents », mais que des améliorations en termes de désensibilisation au bruit, aussi bien interne qu’externe, étaient vraiment possibles et même quasi certaines en procédant ainsi.

Notre homme n’y croyait pas mais, comme il n’avait pas d’alternative, il fit ce que le médecin avait préconisé. Ce lui fut en effet très dur au début : pendant les deux premiers mois, il fut plusieurs fois sur le point de renoncer et de se murer à nouveau dans le silence ambiant mais, ainsi que l’ORL l’avait suggéré, il « serra les dents ». À partir du troisième mois, cela lui devint plus facile et, sur la dizaine de mois suivants, il put même monter progressivement le volume sonore de ce qu’il entendait. En 2007, soit un an et demi après le début de ce « traitement » par le son, il estimait à 60% la diminution des acouphènes et il jugeait sa tolérance au bruit quasi normale. Il retrouva alors une qualité de vie qu’il n’avait plus connue depuis longtemps : son tinnitus était vivable et il pouvait même souvent l’oublier. En 2010, il a recommencé à vouloir travailler en trois dimensions mais il n’a pas osé reprendre la bruyante sculpture de peur d’augmenter à nouveau le tinnitus : il opta pour l’argile à la place de la pierre. Aujourd’hui, en 2012, son état auditif est stationnaire depuis 5 ans : il vit avec les acouphènes sans en être spécialement affecté et il supporte sans problèmes un environnement normalement sonore. Il ne va toutefois pas dans les troquets bruyants ni au cinéma mais il regarde sur son grand écran TV les films qu’il veut voir, et cela au niveau sonore qui lui convient. Dans son atelier, il alterne musique douce et sons de la nature en fond sonore et il réutilise le Bruit Blanc de temps à autre, quand son tinnitus lui semble devenir un peu plus fort : « Et ça marche bien. », dit-il.

Les endorphines

Les jolis sons de la nature, la musique agréable à entendre… Tout cela est en relation avec la notion de plaisir. Or, le plaisir est l’opposé de la douleur[31] : qui ressent du plaisir ne souffre pas. Ramenons cela au domaine qui nous occupe : qui bénéficie de sons agréables ne ressent pas les affres du tinnitus.

Pour que vous compreniez bien tout l’intérêt qu’il y a aux sons de nature et à la musique, je dois maintenant vous donner quelques informations sur certains éléments du fonctionnement de votre organisme : votre corps produit des endorphines.

De quoi s’agit-il ? Les endorphines sont des substances chimiques – on les a aussi surnommées les « molécules du bonheur » ou encore les « hormones du bonheur » – qui sont secrétées naturellement par l’organisme (par le système nerveux et le tube digestif) et que les neurosciences ont mises en évidence depuis seulement une quarantaine d’années. Cette découverte a d’ailleurs révolutionné les connaissances et la compréhension de beaucoup de problèmes psychologiques et comportementaux en fonction de la présence ou de la carence de ces endorphines. Vous en avez certainement entendu parler car certaines d’entre elles, comme la sérotonine et surtout l’adrénaline, sont passées dans le langage courant (dans ce genre d’expression : « Elle est droguée à l’adrénaline » ou « Il manque vraiment de sérotonine ! »). Il y a d’autres endorphines encore, comme l’enképhaline, la dopamine, la noradrénaline, l’acétylcholine...

Au niveau moléculaire, ces substances de la chimie organique sont apparentées à des opiacés et elles ont des effets qui en sont voisins sans toutefois présenter aucun des inconvénients de ces drogues, bien au contraire même. Ainsi, les endorphines ont d’étonnantes propriétés : elles influencent les humeurs, les sentiments, les émotions et les sensations agréables. Elles sont antidouleurs et pro-plaisir, elles améliorent l’optimisme, l’élan, la volonté, le courage d’aller de l’avant ; elles protègent l’organisme et le psychisme du stress ; elles font effet de remontants, stimulent le niveau énergétique et le cerveau[32]. Elles aident à dormir d’un sommeil reposant et régénérateur, contribuent au calme et à la détente et elles équilibrent les émotions. Parfois elles induisent même des ressentis euphoriques – sourire et rire faciles et tout à fait capables de neutraliser la tristesse, la dépression.

Les endorphines sont liées au plaisir et nous sommes tous à la recherche de celui-ci. Toutefois, nous ne sommes pas tous égaux devant la capacité à recevoir le plaisir, à le ressentir : pessimisme, fatalisme, morosité… et déficit en endorphines abaissent cette réceptivité.

Alors, comment « être riche » en endorphines ? Hélas, on n’a pas encore trouvé de réels moyens de supplémenter l’organisme quand il est carencé sur ce plan et il est donc inutile de chercher du côté de la pharmacopée : il n’y pas d’efficaces « pilules d’endorphines ». Par contre, ce qui est tout à fait possible, c’est d’inciter l’organisme à produire ces molécules du bonheur.

Comment ? à par le plaisir...

En effet, le corps produit des endorphines lorsque l’on ressent du plaisir. Ainsi en est-il de manger, d’aimer, de créer, de jouir de ce que l’on apprécie… Les gens fraîchement amoureux sont « inondés » d’endorphines et, aussi, le plaisir sexuel est une grande source de ces inestimables molécules. Beaucoup de gens adorent le chocolat : sans doute est-ce à cause de son goût, mais c’est largement aussi parce qu’en consommer amène une belle sécrétion d’endorphines (d’ailleurs, il en est de même, mais à un niveau moindre, lors du simple fait de manger un repas). Également les « grignoteurs », qui sont souvent des anxieux, recherchent ce faisant et sans le savoir leur apaisement endorphinique. Je connais des artistes qui sont de toute évidence en « mode endorphines » quand ils créent. Certaines personnes qui pratiquent assidument un sport d’endurance recherchent en réalité les sensations de bien-être provoqués par les endorphines émises lors des efforts sportifs prolongés – je connais bien des « accros » à la salle de sport ou au jogging et qui en disent : « J’en ai besoin, je ne peux pas m’en passer » à en fait, c’est aux endorphines qu’ils sont en réalité « accros »...

Ainsi, tout ce qui vous donne du plaisir, des impressions/ressentis agréables, de la plénitude, de l’apaisement est susceptible d’amener en vous une sécrétion de ces molécules du bonheur et comme dit plus haut : ce qui donne du plaisir neutralise les douleurs et les maux et c’est bien cela qui se passe quand l’organisme produit des endorphines.

Pour inciter l’organisme à émettre ces délicieuses substances chimiques, j’ai évoqué plus haut l’amour et le sexe, le chocolat et le sport… Ce n’est pas tout car sont aussi, chez beaucoup d’entre nous, susceptibles de générer du plaisir – et donc des endorphines :

·        La beauté et le pouvoir évocateur de certaines musiques

·        Les sons de la nature – qui sont psychologiquement, symboliquement, émotionnellement et affectivement reliés dans l’esprit de la plupart d’entre nous au bien-être, aux belles saisons (printemps, été), à l’enfance, aux pique-niques, aux vacances, à la détente, à la tranquillité d’esprit…

Je reviendrai sur la musique un peu plus loin. Auparavant, attardons-nous un instant sur les sonorités que nous offre notre Mère la Nature et qui peuvent aider ceux qui ont des acouphènes.

Quels genres de sons de la nature ?

Comme Ferdinand, nombre d’acouphéniques ont expérimenté les effets positifs de bruits naturels sur leur tinnitus. On a donc ainsi pu constater que l’écoute de certains sons de la nature peut avoir un effet réducteur des acouphènes. Voici quelles sont ces sonorités ? :

·        De l’eau qui coule (ruisseau, rivière, torrent)

·        Du bruit régulier et finalement monotone des vagues

·        De la pluie

·        Du chant des cétacés

·        De certains vents

·        Des murmures de la forêt

·        Du crissement monotone produit par certains insectes (et qui d’ailleurs parfois rappelle le Bruit Blanc)

·        Du gazouillis, du ramage des oiseaux…

Il est évidemment difficile d’avoir accès, à volonté et en live, à de tels sons de nature : nombre d’entre nous vit en ville, la campagne est loin, la mer également, les tropiques sont hors de portée et les vacances sont rares… Heureusement qu’existent maintenant des CDs comportant de tels sons, mais il est toutefois important de veiller à choisir des enregistrements ayant une très bonne qualité sonore et qui restituent avec une justesse suffisante les bruits naturels qu’ils comportent.

Par ailleurs, pour contribuer à apaiser l’esprit (et les acouphéniques ont souvent un très grand besoin de cette tranquillité d’esprit…) il peut y avoir un réel avantage à implémenter, dans les CDs de sons de nature, des musiques quand celles-ci ont été soigneusement sélectionnées pour leurs qualités musicothérapeutiques (vous verrez ce concept plus loin). De plus, l’arrivée ponctuelle de musiques soutient l’audition du CD et augmente le plaisir de l’écoute[33].

Ainsi conçus, l’audition de ces CDs apporte un quadruple effet :

·        Il y a du plaisir à leur écoute

·        Certaines fréquences peuvent masquer le tinnitus

·        L’attention portée sur les bruits de nature et les musiques est retirée au tinnitus qui passe ainsi à l’arrière-plan de la conscience

·        Une saine et plaisante relaxation/détente s’installe, toujours salutaire aux acouphéniques.

Chez certains auditeurs, l’audition de ces CDs amène aussi autre chose en plus :

·        La stimulation de leur imaginaire

·        Des émotions positives et des ressentis agréables, tout cela souvent lié à des souvenirs enfouis remontant à la surface – mémoire de belles heures passées autrefois dans la nature…

En effet, nous avons tous eu des moments, dans notre vie passée, où nous avons vécu et ressenti de la confiance, un sentiment de sécurité, des choses sympathiques, conviviales, agréables – par exemple en colonie de vacances alors que nous étions enfant, ou plus tard lors d’un voyage, d’une excursion ou d’un congé : promenade avec des amis, ballade romantique à deux, paisible soirée d’été ou sieste paresseuse dans l’herbe douce d’un pré… Quand vous avez vécu cela, il y avait des sons que votre psychisme a enregistrés, même si vous-même n’en étiez pas conscient : par exemple des bruissements d’insectes ou de feuilles d’arbre, le chant d’un ruisseau, les pépiements de quelques oiseaux... Certaines de ces sonorités naturelles se trouvent dans ces CDs et elles peuvent tout à fait ramener à votre conscience de tels moments, vous les faire un peu revivre et retrouver ainsi un peu de ce plaisir – et stimuler alors votre organisme à la production d’endorphines…

Le bruit de l’eau qui coule

Pour les acouphéniques, ce son naturel mérite une mention spéciale. En effet, l’écoute de l’enregistrement du bruit régulier de l’eau vive d’un ruisseau ou d’une source présente trois avantages :

·        Il s’y trouve certaines fréquences particulières que l’on trouve statistiquement souvent présentes dans les acouphènes et, ainsi, beaucoup de personnes acouphéniques peuvent avoir avantage à le tester : cela tend à masquer leur tinnitus. NB : ces fréquences tendent à se trouver vers l’aigu, aussi est-ce le seul son de la nature auquel il est préférable de ne pas adjoindre de musique

·        La régularité et la monotonie de ce son amène une relaxation/détente

·        Même si l’on n’en est pas conscient, ce genre de sonorité a été enregistré dans le psychisme de chacun comme une empreinte corrélée à la nature, aux idées de printemps et d’été, de promenade et de vacances : ceci tend à induire un apaisement et une tranquillisation de l’esprit.

Mode d’emploi du bruit d’eau qui coule

Il vient en complément et non à la place du Bruit Blanc. Il est à utiliser avec des écouteurs et toujours à un niveau sonore qui vous reste confortable.

Une demi-heure à une heure par jour est un bon rythme. Comme pour le Bruit Blanc, vous pouvez tout à fait faire autre chose en même temps – uniquement des activités calmes toutefois, comme par exemple : écrire, penser, étudier, lire, broder, dessiner, peindre, coudre, surfer sur Internet, faire des mots croisés, des mots mêlés, des réussites, du Sudoku ou encore d’autres travaux ou jeux de ce genre… ou même bavarder calmement avec un interlocuteur (mais pas conduire sur la route, ni utiliser un engin motorisé ; ni regarder la TV ou écouter la radio – risque de « surcharge » auditive ; ni des activités vigilantes, « agitées »  ou nécessitant d’aller vite ou d’agir énergiquement : sport, confrontations, etc.).

Mode d’emploi des autres CDs de sons de la nature

Contrairement au Bruit Blanc et au bruit d’eau qui coule, on ne peut donner ici un rythme précis d’écoute des CDs de sons de la nature : cela dépend de chacun – du temps dont vous disposez, de votre envie, de votre disponibilité… Il est toutefois opportun de donner quelques heures par semaine à l’écoute de ces CDs.

Vous pouvez utiliser ces CDs avec des écouteurs ou bien sur des haut-parleurs – selon votre préférence – et toujours à un volume sonore vous restant confortable.

Il vous suffit de prendre une position douillette, d’enclencher le CD, de fermer les yeux et de vous laisser aller. Ecoutez les sonorités, les musiques qui apparaissent de temps en temps, les bruissements, les gazouillis des oiseaux… En même temps, rendez-vous simplement attentif(ve) aux images (souvenirs et réminiscences, impressions, imaginations…) qui peuvent vous venir à l’esprit et observez-en l’évolution… Il pourra parfois vous advenir de vous endormir : laissez faire, car cela ne peut que vous faire du bien et vous régénérer.

Comme dit plus haut, il est meilleur d’ajouter dans les CDs de sons de la nature quelques morceaux de musique – non pas sur toute la durée mais de temps en temps – et vous allez maintenant comprendre tout l’intérêt de cela.

La musique douce

La musique… La sagesse populaire dit d’elle qu’elle « adoucit les mœurs » – ce n’est pas sans raison.

Oui, la musique a du pouvoir sur vous : elle peut vous rendre gai ou triste, nostalgique ou enthousiaste, abattu ou dynamique, exalté ou apaisé, nerveux ou calme... Elle est donc capable d’influencer votre attitude mentale et d’ailleurs aussi les mouvements (conscients ou/et inconscients) de votre corps[34]. Elle peut inciter votre organisme à produire de ces précieuses substances qui amènent en vous des ressentis positifs tels que l’apaisement, le bien-être, la relaxation, la régénération... : il s’agit bien évidemment des « molécules du bonheur » dont je vous ai parlé plus haut, des endorphines.

La musicothérapie

Ainsi la musique (et vous l’avez certainement déjà éprouvé comme chacun) est capable d’avoir un impact sur vos humeurs et sur votre état d’esprit : certaines donnent beaucoup de plaisir, d’autres émeuvent, ou font voguer dans l’imaginaire, ou encore éveillent des souvenirs, des désirs, des sentiments...

Il y a d’ailleurs une thérapeutique qui utilise les effets de la musique en tant que moyen de mieux-être : c’est la musicothérapie. Elle a été élaborée parce que l’on a pu constater que des musiques facilitent, maintiennent ou améliorent de manière tout à fait significative l’accès au mieux-être, à la détente/relaxation, à l’apaisement psychologique.

On a aussi constaté que les musiques produites sur des synthétiseurs sont souvent plus efficaces quand on recherche ce type d’effets que celles qui sont produites avec des instruments classiques dits « acoustiques » (piano, violon, etc.). Cela peut surprendre mais c’est logique : les synthétiseurs sont capables de produire une immense variabilité dans les sonorités, des sons indéfiniment prolongés et aussi des sons qui sont impossibles à obtenir avec un instrument naturel – ils sont donc infiniment plus riches de possibilités que ces derniers. Avec les synthétiseurs, on a pu créer des sons tout à fait nouveaux et qui ont démontré leur capacité à produire des effets très positifs dans le registre de la plénitude, de l’épanouissement. Les sonorités et les timbres (grave, aigu, sourd, clair, épais, rauque, gras, fluet, simple, complexe, chuintant, tournant...) sont également importants en musicothérapie car ils ont un impact sur les émotions, peuvent éveiller en l’auditeur des ressentis de plénitude et d’épanouissement, des résurgences du passé, des sentiments de détente, de confort, de bien-être (ou de malaise/mal-être quand ils sont maladroitement employés !). Il est d’ailleurs à noter qu’avant l’arrivée de ces instruments électroniques, le concept de musique de relaxation n’existait pas et qu’il est apparu grâce à eux.

Donc, la musicothérapie, c’est aider l’être humain en utilisant la musique comme moyen thérapeutique ; et le musicothérapeute possède donc le savoir utile et l’art de choisir des musiques (mélodies, sonorités, timbres, rythmes…) adaptées aux besoins de la personne en souffrance.

Pour l’acouphénique : quelles musiques ?

Les gens qui affirment ne pas aimer la musique sont rares et le plus grand nombre aime la musique ou du moins certaines musiques. Par ailleurs, les goûts sont diversifiés et il y a évidemment pléthore de productions musicales tous azimuts. Ceci dit, la réceptivité à la musique est très variable d’une personne à l’autre.

Alors pour l’acouphénique – pour vous – : quelles musiques choisir ? Le premier point important est que leur écoute doit générer en vous du plaisir et qu’il s’agit toujours de musiques harmonieuses avec de jolies mélodies, de préférence avec des sons « ronds » et se développant, et souvent plus instrumentale que vocale. L’autre chose importante est que les musiques choisies doivent vous plaire de par leurs mélodies. Ainsi, et selon vos goûts, sachez que sont proches des principes de la musicothérapie (et même si certaines des musiques évoquées ci-dessous sont en général jouées sur des instruments acoustiques) :

·        Si vous êtes mélomane et aimez la musique dite classique, vous choisirez de la musique baroque – les mouvements lents (pas tristes !) et amples : et donc tout particulièrement les largos et les adagios

·        Si vous êtes sensible à la musique celtique, vous choisirez l’Irlande (comme par exemple la musique ancienne irlandaise de O’Carolan – XVIIIème siècle – qui a de très belles mélodies) et les morceaux à la harpe, plutôt que la musique traditionnelle de Bretagne ou d’Ecosse (le son de certains instruments de ces musiques peut déranger, crisper).

·        Si vous appréciez la musique d’ambiance, vous pourrez prendre de préférence des musiques dites « planantes » ou des musiques dites de relaxation (et là, privilégiez celles qui sont jouées sur des synthétiseurs).

Ceci dit, en dernière analyse, c’est bien le mélange musique + sons de la nature qui apparaît le mieux adapté pour ceux qui souffrent du tinnitus.

Mode d’emploi des CDs de musique douce

Là encore et comme pour les sons de la nature, il est impossible de donner un rythme d’écoute précis des musiques que vous avez choisies : cela dépend de chacun – du temps dont vous disposez, de votre envie, de votre disponibilité… Il est toutefois opportun d’accorder quelques heures par semaine à l’écoute de ces musiques.

Donc, quand vous le sentez/souhaitez, il vous suffit de prendre une position douillette, d’enclencher le CD à un niveau sonore qui doit rester confortable (avec écouteurs ou sur haut-parleurs), de fermer les yeux et d’écouter (= ne pas vous contenter d’« entendre », mais « écouter » – sans crispation néanmoins).

Certains acouphéniques se trouvent fort bien d’écouter les sons de la nature ou la musique le soir dans leur lit (comme vous l’avez certainement expérimenté : le tinnitus est en général plus présent en soirée). Si vous dormez seul et que les écouteurs vous gênent, vous avez la possibilité de mettre le lecteur de CD ou de MP3 sur la table de chevet et des petits haut-parleurs au-dessus de votre oreiller.

Si des images agréables vous viennent à l’esprit : laissez faire. Si votre esprit vagabonde : ce n’est pas un problème mais reportez votre attention sur la musique quand vous vous en rendez compte. Si vous vous endormez, ne luttez pas : c’est que votre corps en a besoin, alors respectez ce besoin – votre cerveau, lui, restera à l’écoute même si vous dormez.

Le binaural

Tous, nous avons besoin de calme et de tranquillité d’esprit parce que cela nous ressource et nous régénère. Quant à l’acouphénique : il en a encore plus besoin que les autres. Vous allez maintenant découvrir d’autres moyens anti-acouphènes qui ont pour propriété d’amener l’apaisement dans le mental : les sons binauraux. Pour bien comprendre comment cela fonctionne, vous avez maintenant besoin de quelques infos sur le fonctionnement de votre cerveau.

Calmer le cerveau

Le cerveau a une activité électrique qui, comme je l’ai déjà évoqué plus haut, se mesure en hertz c’est-à-dire en fréquences/seconde. Vous savez ce qu’est un électroencéphalogramme (EEG) : c’est un graphique qui montre ce qui se passe dans le cerveau à un moment donné, et ce que lit l’EEG est l’électricité cérébrale. Or, les caractéristiques de cette dernière sont signes d’états qui vont du sommeil profond jusqu’au stress virulent et à l’agitation. Sans entrer dans des détails qui vous seraient inutiles, sachez qu’il y a quatre types principaux d’ondes cérébrales qui ont leurs caractéristiques et leurs spécificités. Voyons-les rapidement.

Les ondes cérébrales

Les ondes Bêta

Ce sont les plus rapides (à partir de 13 Hz et au-dessus). Les ondes Bêta sont majoritairement présentes dans le cerveau lors de l’effort et du stress et plus elles sont rapides (au-dessus de 20 Hz) plus elles signent des états de stress intense. Les souffrants, les insomniaques, les victimes du « burn out »[35], restent en Bêta de manière plus ou moins permanente : l’activité électrique de leur cerveau ne parvient plus à ralentir à cause des tensions ou/et des douleurs auxquels ils sont confrontés dans la vie. Apparaît alors le cercle vicieux :

Éveil/insomnie à angoisses/anxiété à sentiment d’insécurité à irritabilité à énervements, colère... sont là et ils empêchent l’accès à la détente, ce qui augmente encore le stress à l’anxiété à etc.

C’est là aussi le cercle vicieux que connaissent des acouphéniques qui pâtissent lourdement de leur tinnitus.

Sachez qu’en Bêta, l’énergie vitale est consommée et elle ne peut pas être restaurée : c’est l’épuisement qui progresse. En fait, pour que l’organisme puisse se régénérer en cette énergie vitale, le cerveau – qui est le centre de contrôle – a besoin des ondes plus lentes et des états qui leur sont corrélés.

Les ondes Alpha

Elles ont une fréquence de 8 à 12 Hz et elles sont donc plus lentes que les ondes Bêta. Elles sont majoritairement présentes dans les états de relaxation physique et psychique et d’orientation calme de l’attention, et elles sont également présentes dans cet état si particulier que l’on expérimente quand on est entre la veille et le sommeil. Les formes de méditation légère, certains états d’hypnose, d’autohypnose et sophrologiques (nous reparlerons de cela plus loin) de même que la créativité, l’intuition, la rêverie détendue, le relâchement des tensions, le calme intérieur, le sentiment d’équilibre et de bien-être physique et mental... sont liés à la prédominance des ondes Alpha dans le cerveau.

En Alpha, on se régénère, on restaure son énergie vitale et on se sent bien.

Les ondes Thêta

Elles vont de 4 à 7 Hz et sont donc encore plus lentes. On les trouve sur l’EEG principalement dans les phases du sommeil avec rêve dont on sait maintenant que c’est indispensable au bien-être psychique, à la cohésion et à l’équilibre de la personnalité. On peut toutefois aussi les trouver majoritairement présentes dans certains états éveillés : dans la méditation profonde, dans des états d’hypnose, d’autohypnose et sophrologiques, dans les états d’inspiration et de grande créativité, de visualisation efficace et également dans les ressentis de grande plénitude.

Comme c’est le cas pour Alpha, elles aussi signent la régénération énergétique, le ressourcement et l’accroissement de l’élan vital.

Les ondes Delta

Très lentes, elles sont rares à l’état de veille. Elles vont de 0,5 à 3 hertz et on les trouve sur l’EEG dans les phases de ce sommeil profond sans rêve qui est indispensable à la vie et à la santé, puisque c’est par le sommeil que l’on élimine les stress, la fatigue et que le potentiel énergétique peut se renouveler (rappelons-le ici : la privation de sommeil et de rêve entraîne rapidement des désordres psychologiques très graves).

Les ondes Thêta et Delta signent le sommeil avec et sans rêve, elles opèrent la régénération en énergies vitales et elles sont indispensables à la santé physique, psychologique et au bon équilibre du système nerveux[36].

Deux hémisphères cérébraux

Parlons encore un instant de votre cerveau.

Vous l’avez compris : les ondes cérébrales qui y sont majoritairement présentes signent votre état d’esprit – stress ou apaisement, douleur ou confort… Il y a encore un autre aspect à prendre en considération quand il est question de vos ressentis de calme et de mieux-être : c’est la façon dont vos deux hémisphères cérébraux s’« accordent ».

Chacun le sait maintenant : le cerveau comporte deux hémisphères, le droit et le gauche. Sur l’électroencéphalogramme ces deux hémisphères peuvent être :

·        Synchrones : les ondes cérébrales qui parcourent chacun d’entre eux sont globalement de même nature (Alpha, Bêta, etc.)

·        Ou asynchrones : les ondes cérébrales qui parcourent l’un sont plus ou moins différentes de celles qui parcourent l’autre (par exemple : surtout haut Bêta à gauche et surtout Alpha à droite).

On sait aujourd’hui que, à mesure que le stress ou/et la douleur s’installent, augmente aussi la non-synchronisation des deux hémisphères cérébraux (en plus de la prépondérance des ondes Bêta). Au contraire, les états de tranquillité d’esprit, d’apaisement, de bien-être sont marqués par une meilleure synchronisation de ceux-ci. En d’autres termes :

Il est salutaire pour notre mieux-être de parvenir à améliorer dans notre cerveau la synchronisation des deux hémisphères.

Nous voici à nouveau sur le même constat : la capacité à vous détendre (aux niveaux physique, mental et nerveux) est précieuse et elle doit être cultivée et pratiquée.

Mais vous, mon lecteur, peut-être avez-vous des difficultés à y parvenir ? Et vous demandez-vous comment vous pourriez bien faire cela ? J’y viens, car maintenant que vous avez des informations sur le fonctionnement de votre cerveau, vous pourrez comprendre comment et pourquoi les moyens anti-tinnitus qui suivent peuvent vous aider en vous facilitant l’accès à la salutaire, la bienfaisante relaxation/détente et à plus de calme dans votre cerveau.

Les sons binauraux

Dans ce qui permet de faciliter la relaxation, d’apaiser le cerveau et de synchroniser les hémisphères cérébraux, abordons à présent une technique sonore particulière : le binaural.

Binaural = deux sons : cela consiste à faire entendre une fréquence sonore à une oreille et une autre fréquence, légèrement différente de la précédente, à l’autre oreille (par exemple un son à 10 Hz d’un côté et un son à 20 Hz de l’autre). Tout se passe alors comme si le cerveau « mélangeait » les deux sons : l’audition perçoit alors une sorte de vibration sonore.

Le son binaural a été mis en évidence au XIXème siècle (en 1839) par Heinrich W. Dove, un physicien allemand. Cette découverte demeura une simple curiosité scientifique pendant plus d’un siècle et ce n’est qu’à partir des années 1950 que l’on recommença à s’y intéresser et à mener des expériences et des recherches sur les effets des sons binauraux sur la physiologie, sur le cerveau et sur les états de conscience.

Au fil de ce temps, les résultats de ces travaux se sont révélés très intéressants : on a observé une réduction du stress et une réelle induction de relaxation et de mieux-être lors de l’écoute de certains sons binauraux judicieusement choisis (il s’agit principalement de composites binauraux dans les registres Alpha/Thêta). Ainsi des expériences en milieu clinique ont été faites, qui ont pu mettre en évidence d’autres effets encore – récupération, abaissement de la douleur… Par exemple, une recherche américaine[37] a été effectuée sur des malades devant subir une intervention chirurgicale sous anesthésie générale. Il s’agissait de savoir si l’audition des sons binauraux pendant l’anesthésie (les patients n’étant donc pas conscients) pouvait avoir quelque effet positif sur les opérés, et si oui lequel ou lesquels. Cette étude a montré que cette utilisation des sons binauraux a obtenu des résultats très positifs, quantitativement mesurables sur trois plans : une baisse de la quantité d’anesthésique nécessaire durant l’opération, un amoindrissement de la douleur postopératoire tout à fait identifiable par la diminution de la demande de ces patients en médicament antidouleurs, et une récupération postopératoire plus rapide (ces patients ressortaient de l’hôpital bien plus tôt que les autres).

Je vous ai parlé plus haut des hémisphères cérébraux. Grâce à l’électroencéphalographe (EEG), on a pu constater que l’utilisation du binaural contribue à une amélioration de la synchronisation des deux hémisphères et, comme vous le savez maintenant, cela est générateur d’un bien meilleur équilibre psychomental que quand les hémisphères sont asynchrones – ce qui est le lot de ceux qui sont nerveux, stressés, insomniaques ou qui sont en souffrance.

Le binaural obtient donc des effets positifs : antidouleurs, antistress, relaxation/détente, mieux-être… Il existe des CDs de sons binauraux dans le commerce et, bien entendu, il est préférable qu’ils aient été faits par quelqu’un de compétent : le choix des composites (composite = le mélange spécifique des fréquences selon les buts visés) appliqués de chaque côté doit être judicieux, bien ciblé et, ici, la plus grande précision est nécessaire[38].

Mode d’emploi des CDs de sons binauraux

N.B. : à ne pas utiliser pendant la conduite automobile ou les travaux nécessitant de la vigilance.

Les écouteurs sont évidemment indispensables.

Quand vous le souhaitez : prenez une position confortable, mettez les écouteurs, enclenchez le CD à un niveau sonore confortable. Fermez les yeux et écoutez.

Acceptez simplement de vous laisser aller – et la détente s’installe avec davantage de tranquillité d’esprit et un éloignement des désagréments…

C’est tout et c’est tout simple. Si vous vous endormez en cours d’écoute, c’est que votre corps en a besoin : laissez faire.

Les moyens pour entendants et pour non-entendants

Abordons maintenant les moyens qui peuvent être utilisés également par les non-entendants. C’est dans cette partie de ce livre que, entre autres, vous allez découvrir l’autohypnose, la sophrologie et les moyens d’améliorer votre sommeil.

Détendez-vous : la relaxation

Vous comprenez bien maintenant pourquoi la détente est un des moyens de réduire les acouphènes :

·        Le cercle vicieux dont j’ai parlé plus haut ne peut pas se mettre en place quand on sait se relaxer

·        L’effet naturellement apaisant de la relaxation amène le cerveau à produire des ondes Alpha

·        De plus, il tend à synchroniser ses deux hémisphères.

Tout cela restaure et ressource et aboutit :

·        À disposer de plus d’énergie vitale

·        À un mieux-être nerveux et psychologique

·        À moins d’attention portée au tinnitus

·        Et donc à une meilleure disponibilité aux bonnes choses de la vie…

Mais peut-être vous dites-vous en ce moment :

– Oui, tout cela est très bien. Mais moi qui ne sais pas me relaxer, comment vais-je faire ?

Vous vous doutez bien que vous n’êtes pas le seul dans ce cas et l’homme que je vais vous présenter a eu la même réflexion il y a quelques années : lui non plus ne savait pas.

Il a toutefois appris – et ce fut plus simple qu’il ne l’imaginait.

Damien

Damien travaille dans une scierie. Un jour de 2004 (il a alors 32 ans), une grosse pile de bois s’écroula à grand fracas à côté de lui et il eut tout juste le temps de sauter de côté pour ne pas être violemment atteint par un tronc – il s’en sortit avec seulement une cheville de foulée, mais il est évident qu’il aurait été tué s’il n’avait pas eu ce vigoureux réflexe salvateur. Le surlendemain il prit conscience qu’il entendait des sortes de forts bourdonnements dans ses oreilles et qu’il faisait trop souvent répéter aux autres ce que ceux-ci lui disaient. Il s’inquiéta en pensant qu’une sorte d’« onde de choc », produite par l’incident, lui avait « cassé » quelque chose au niveau des oreilles ou du crâne. Il décida de consulter rapidement le médecin pour le cas où il lui faudrait signaler les suites d’un accident du travail. Après examens, l’ORL lui apprît que rien n’avait été blessé dans son appareil auditif ni dans son crâne et lui expliqua qu’il s’agissait d’acouphènes, probablement liés au traumatisme à la fois psychologique et sonore de l’accident. Il ne proposa aucun traitement médical parce que, dit-il, les bienfaits à en attendre étaient moindres que les inconvénients qu’ils produisaient et il conseilla à Damien de s’habituer à ces bruits. Il ajouta qu’aucun pronostic sûr n’était possible : le tinnitus pouvait disparaître ou bien se maintenir. Par contre, il suggéra à son patient d’apprendre des méthodes de relaxation.

Damien pensa que ce genre de choses était un peu « chochotte » et qu’il s’en tirerait bien sans cela. Par ailleurs, il n’avait aucune idée de comment faire : il avait toujours été rapide d’action et de réaction et du genre à ne pas savoir tenir en place, alors se poser un moment en restant tranquille, voilà qui lui était plutôt étranger. Mais les acouphènes perdurèrent et s’amplifièrent même, devenant réellement désagréables pendant de longs moments. Damien repensa alors aux conseils du médecin, s’informa et intégra une méthode de relaxation, la pratiqua régulièrement et s’en sentit fort bien au niveau des acouphènes.

Aujourd’hui (huit ans après l’évènement déclencheur) Damien fait ce constat : les acouphènes disparaissent sur des périodes prolongées et ne se manifestent plus que rarement. Quand c’est le cas, il vit sans problèmes avec eux : ils sont seulement faiblement audibles quand tout est silencieux alentour et il n’a donc aucune difficulté à s’en abstraire. Plus rarement encore, ils deviennent un peu plus forts sur quelques heures et même alors il sait les gérer car il continue à pratiquer la relaxation de temps à autre. Il affirme que cela lui réussit également sur beaucoup d’autres plans : sur ses humeurs, sur ses capacités à gérer le stress et à récupérer…

Asseyez-vous confortablement… et relaxez-vous

La relaxation est bonne et salutaire, on le clame sur tous les tons et tout le monde le sait. Alors, à vous de vous y mettre. Je vous livre maintenant la technique de relaxation que Damien a apprise. Elle est simple et accessible à n’importe quel moment et n’importe où, à condition de disposer d’un siège confortable avec accoudoirs et de ne pas être dérangé. Elle demande juste un peu de concentration et consiste à simplement focaliser votre attention sur votre propre corps et à en mobiliser doucement les muscles. Voici comment vous ferez :

1)     Isolez-vous pour une vingtaine de minutes

2)     Asseyez-vous confortablement, vos coudes sur les accoudoirs et vos mains posées sur vos cuisses. Fermez les yeux et acceptez de vous concentrer un peu

3)     Sur une dizaine de respirations, comptez celles-ci mentalement l’une après l’autre en respirant calmement et profondément, sans rien forcer. En même temps, portez toute votre attention sur votre respiration – c’est-à-dire : observez-la, suivez mentalement le trajet de l’air dans vos voies respiratoires, d’abord à l’inspiration (du nez jusqu’aux poumons) et ensuite à l’expiration (des poumons jusqu’au nez). Et recommencez jusqu’à 10

4)     Ensuite, portez toute votre attention sur vos pieds et contractez-en doucement les muscles pendant 5 à 10 secondes, puis relâchez-les aussi complètement que possible. Faites cela 3 fois

5)     Puis portez toute votre attention sur vos mollets et contractez en les muscles sans forcer pendant 5 à 10 secondes, puis relâchez-les aussi complètement que possible. Faites cela 3 fois

6)     Puis (et dans cet ordre) faites de même avec vos cuisses, vos fessiers, votre ventre, votre dos, votre poitrine, votre nuque, vos joues, votre front, votre cuir chevelu, vos oreilles (pour ces deux derniers : certains n’y arrivent qu’après un peu d’entrainement), vos épaules, vos bras, vos avant-bras, vos mains – toujours doucement et sans rien forcer

7)     Ensuite reportez à nouveau toute votre attention sur votre respiration et refaites le point 1 ci-dessus : observez attentivement votre respiration une dizaine de fois en la comptant en même temps mentalement

8)     Ensuite, ouvrez les yeux et étirez-vous en douceur. Restez encore assis quelques instants. Puis vaquez à vos occupations.

Notez que, si éventuellement vous avez des douleurs dans l’une ou l’autre partie du corps, n’impliquez pas celle-ci dans l’exercice – par exemple des maux de tête : dans ce cas passez directement de la nuque aux épaules et ne vous attardez pas sur la tête ; ou si vous avez une raideur à l’épaule : passez directement du cuir chevelu aux bras. En cas de tinnitus : allez du cuir chevelu directement aux épaules sans passer par les oreilles.

Bien entendu, si vous faites partie de ceux qui ne savent pas se poser (ondes Bêta !), il vous faudra faire preuve d’un peu de patience et de persévérance : les résultats seront insatisfaisants au début. Mais avec un peu d’entraînement « honnête » (c’est-à-dire en jouant le jeu et pas en « grognant » dans votre tête en même temps !) vous y arriverez très bien. Sachez que, pendant que vous pratiquez cet exercice, votre cerveau commence à produire des ondes Alpha (= et en même temps : il réapprend à les produire) avec les avantages que cela amène rapidement en matière de ressourcement et d’apaisement de votre système nerveux. À moyen terme (2 à 3 mois), ce simple exercice a réduit la sensibilité au tinnitus chez bien des acouphéniques grâce au réapprentissage/réhabituation de leur cerveau à « se mettre en Alpha ».

Autohypnotisez-vous

Voyons maintenant un autre excellent moyen de relaxation et qui, en plus, vous permet d’implanter des pensées positives en vous, d’en imprégner votre psychisme : l’autohypnose.

On parle souvent de cela : « Pensez positif ! ». Mais si peu d’entre nous savent le pratiquer… Or, l’aptitude à la pensée positive a beaucoup d’avantages : elle stimule la vitalité et l’énergie (là où la pensée négative les ronge !), elle permet des « programmations » psychologiques constructives (là où la pensée négative peut en implanter des réductrices dans la psyché !).

Malheureusement – et vous vous en doutez bien –, beaucoup d’acouphéniques ont plutôt tendance à cultiver la pensée négative ! C’était tout à fait le cas de cet homme que vous allez rencontrer maintenant…

Jean-Philippe

Jean-Philippe avait 55 ans en 2005. À partir de ses 35 ans s’était installée en lui une perte auditive compliquée d’acouphènes. Ce processus fut progressif, d’abord insidieux puis de plus en plus évident : son ouïe était touchée. Après consultation de l’ORL, il pur comprendre pourquoi : grand amateur de rock, il adorait écouter sa musique à « s’en remplir les oreilles » et il était présent à la plupart des concerts passant dans sa ville (avec évidemment une « sono à fond la caisse » !). De plus, quand fut venue l’époque des baladeurs, des écouteurs étaient fichés dans ses oreilles pendant une bonne partie de son temps professionnel (concevoir des plans puisqu’il est architecte) et pendant beaucoup de son temps libre.

En 2005 donc, l’addition se révéla sévère : oreille droite sourde et audition à 60 dB à gauche – ce qui l’amena au port d’un appareil auditif et, malgré cela, il devait faire répéter plusieurs fois ses interlocuteurs. Souvent d’ailleurs, il ne les comprenait que parce qu’il avait un peu appris à lire sur les lèvres. Quant à la musique qui lui était si indispensable, elle lui était devenue quasi inaccessible. Par contre, il percevait malheureusement très (trop !) bien son tinnitus qui se manifestait souvent avec une grande intensité sonore. Son irritabilité grandissante l’isola des autres et sa femme, n’en pouvant plus, menaça de le quitter s’il continuait à être aussi insupportable à vivre. Il alla alors consulter une psychothérapeute qui lui donna un texte à apprendre par cœur et à utiliser pour s’autohypnotiser une fois par jour.

Naturellement il n’y croyait pas, mais il n’avait rien à perdre à essayer. Au début, ce ne fut pas évident : il devait se forcer à s’abstraire du tinnitus pour porter son attention sur le texte de l’autohypnose. Il persévéra toutefois et, au bout de cinq semaines, ses acouphènes étaient déjà devenus plus fluctuants en intensité sonore et il se passait parfois des heures pendant lesquels ils étaient vraiment supportables, ce qui encouragea notre homme à continuer.

Aujourd’hui (7 ans après son apprentissage de l’autohypnose), son audition n’a pas diminué davantage, il a toujours des acouphènes mais ceux-ci sont à présent tout à fait vivables (il les estime en moyenne à 30% de ce qu’ils étaient au plus fort auparavant). Jean-Philippe est plus calme, plus serein. Il est aussi plus agréable à vivre et son couple n’est plus en danger.

Hypnose et autohypnose

Mais sans doute vous demandez-vous maintenant : « Qu’est-ce que l’hypnose et l’autohypnose ? ». En fait, c’est la même chose. Pour seule différence : l’hypnose est induite par un élément extérieur et l’autohypnose, comme son nom l’indique, est induite par soi-même.

Dans les deux cas, il s’agit d’un état de conscience modifié (et en aucun cas d’un état d’inconscience ou de sommeil !). La particularité de cet état de conscience est une focalisation sur l’intérieur de soi, au contraire de ce qui se passe le plus souvent dans notre vie courante où on a plutôt tendance (ou bien ou on y est contraint par les nécessités de la vie) à être focalisé sur l’extérieur de soi (sur son interlocuteur, sur la TV, sur les affiches, sur les rayons du supermarché pour les courses, sur le journal que l’on lit, sur les nécessités professionnelles…).

Il y a quatre intérêts à l’état de conscience hypnotique/autohypnotique :

·        Il est toujours allié à un état de détente/relaxation

·        Il aide le cerveau à produire des ondes cérébrales dans les registres de l’Alpha et du Thêta – avec les avantages que cela amène et dont je vous ai parlé plus haut

·        Il facilite la mise en place d’une communication avec l’Inconscient

·        Il facilite aussi la réceptivité et l’acceptation de celui-ci à ce qu’on lui propose : phrases / suggestions / pensées positives.

Or, l’Inconscient est une partie hyper importante du psychomental. Il dirige tout (sauf la « raison-raisonnante » c’est-à-dire la pensée rationnelle) : les sentiments, les émotions, les réactions instinctives, les pulsions… Les travaux dans le domaine de la psychosomatique ont montré le pouvoir du psychomental sur le physique et c’est bien l’Inconscient qui est la source de ce pouvoir. Donc, on sait que l’Inconscient a une action sur le corps et, si l’on parvient à le « convaincre » d’agir de certaines façons, cela peut parvenir à corriger des dysfonctionnements. C’est là que peut intervenir l’hypnose/autohypnose.

Il est à noter que, dans le cas des problèmes liés à l’audition, l’autohypnose est mieux indiquée que l’hypnose parce qu’il n’y a pas besoin de recourir à une voix extérieure. En effet celle-ci, dans des cas de perte auditive et de tinnitus, peut être malaisée à entendre et donc agaçante (et alors : pas de relaxation possible – et donc pas non plus d’hypnose).

Autohypnose : une main légère, légère…

Vous allez maintenant vous aussi découvrir la méthode d’autohypnose qui a été enseignée à Jean-Philippe.

L’autohypnose que je vous propose est classique : elle met en place un processus au cours duquel, en vous servant uniquement de votre mental, vous finirez par avoir la perception qu’une de vos mains est plus légère que l’autre (d’au minimum 15% – ce chiffre étant évidemment à estimer subjectivement). Quand cette sensation-là est en place, l’état de conscience utile est atteint et vous vous êtes autohypnotisé : le seul et suffisant critère est précisément cette sensation d’allègement d’une de vos mains par rapport à l’autre. Une fois ceci atteint, sera alors sera venu le moment de proposer à votre Inconscient les concepts positifs pour votre cas afin qu’il commence à les intégrer.

Voici maintenant les informations dont vous avez besoin pour apprendre à vous autohypnotiser.

Cinq éléments sont à prendre en considération :

·        Préparer à l’avance les phrases/suggestions positives dont vous avez besoin et dont vous voulez imprégner votre Inconscient

·        Connaître le texte de l’autohypnose et avoir mémorisé les phrases/suggestions que vous avez préalablement préparées

·        Prendre la bonne posture physiquement

·        Vous concentrer un peu

·        Accomplir mentalement ce que le texte vous propose.

Préparer les phrases

J’ai dit plus haut qu’il s’agit de « convaincre » votre Inconscient de vous aider contre le tinnitus. Pour cela, il faut lui communiquer votre demande et cela passe par des phrases qui doivent être simples, claires et précises et éventuellement imagées et concrètes, et dans lesquelles il est hors de question de nommer les problèmes et les difficultés (les mots « acouphènes » et « tinnitus » y sont donc à proscrire !) : il convient exclusivement de mentionner les solutions à « ne pas » est rigoureusement interdit dans ces phrases. Ainsi, « Ne pas souffrir des acouphènes » devient par exemple « Je ressens mon audition calme et confortable ».

Ces phrases (5 ou 6 par séance – pas plus) sont donc à mettre au point avant la séance d’autohypnose. Je vous en ai préparé quelques-unes : à vous de voir si elles vous conviennent, ou encore d’en créer d’autres (en fonction de ce que vous souhaitez et de votre cas spécifique). Voici donc ces exemples :

·        Je me calme, je me détends, je me relaxe

·        Mon esprit se tranquillise

·        Mon mental se calme

·        J’apprends à me sentir calme et confortable, dans mon corps, dans mon système nerveux et dans mon audition

·        Je trouve la (je développe en moi ma…) tranquillité et la paix de l’esprit

·        Je sais (ou j’apprends à… ; je développe ma capacité à…) me calmer et me détendre

·        Mon ouïe (mon audition ; ce que j’entends…) est (reste ; devient…) confortable

·        Mon cerveau est tranquille, paisible, confortable

·        Mon cerveau crée des sons qui sont confortables à entendre (mais pas : Mon cerveau n’a pas besoin de créer des sons ; ni : Mon cerveau ne crée pas de sons à « ne pas » !)

·        Ce que j’entends est confortable à entendre

·        Mon confort auditif s’améliore de plus en plus

·        Mes oreilles (mon ouïe, mon audition…) me laissent tranquille [nota : il est évident que les oreilles ne sont pas en cause dans le tinnitus. L’Inconscient comprendra toutefois le message parce qu’il est concret, imagé et parce que vous-même savez fort bien ce que vous voulez dire par là]

·        Mon cerveau accepte d’améliorer le confort dans mes oreilles [même commentaire que dans la phrase ci-dessus]

·        Je peux (j’apprends à… ; je deviens capable d’…) oublier les bruits subjectifs

·        Je peux vivre des moments d’agréable silence

·        Je peux entendre un agréable silence [ne vous arrêtez pas au côté apparemment paradoxal de cette phrase]

·        Je peux m’abstraire (négliger, diminuer, réduire les…) des bruits subjectifs

·        Je développe ma capacité à éliminer les sons subjectifs de mon attention

·        Il m’est facile de me concentrer sur ce que je fais

·        Etc…

À noter :

·        Évitez des phrases telles que « Je néglige ce que j’entends » ou « Mon ouïe est silencieuse » parce que, s’il vous reste de l’audition, cela concerne aussi ce que vous entendez au niveau des sons objectifs

·        Les mots « confort » et « confortable » sont très utiles dans votre contexte

·        Souvenez-vous aussi que la beauté littéraire de la phrase risque de la rendre inopérante : privilégiez les termes simples et clairs et ne vous occupez pas de faire de la poésie ou de la littérature haut de gamme – l’Inconscient n’est pas réceptif à cela.

Voici encore quelques autres genres de concepts positifs qui peuvent être utiles à certains acouphéniques :

·        Je redécouvre l’envie de vivre

·        J’apprends à (re)trouver plaisir à la vie

·        Je (re)prends goût à la vie

·        Je (re)développe mon énergie et mon tonus (et pas « Je cesse d’être fatigué » à cela mentionne le problème, c’est-à-dire la fatigue !)

·        Je pense positif ! Je cultive en moi les pensées positives ! – et j’aime ça !

À vous donc, maintenant, de vous inspirer de ces exemples pour créer vos propres phrases positives.

La posture et l’attitude mentale

Maintenant que vous avez préparé ce dont vous voulez imprégner votre Inconscient, asseyez-vous dans un fauteuil confortable (pas trop confortable toutefois : il ne s’agit pas de vous endormir !). Votre corps ne doit pas vous rappeler à l’ordre en cours de séance (= pendant la séance vous n’arriverez à rien si vous éprouvez le besoin d’aller aux toilettes ou si vous gigotez – physiquement ou mentalement). Voici la bonne posture physique :

·        Laissez votre tête reposer sur le dossier du fauteuil

·        Posez les coudes sur les accoudoirs dans une position où vous êtes à l’aise et qui permet le mouvement de leur articulation

·        Posez sur vos cuisses vos mains ouvertes et détendues.

Ayez aussi une bonne attitude mentale (de toutes façons, ne vous lancez dans l’autohypnose qu’à partir du moment où vous êtes disposé à y mettre de la bonne volonté) : ne vous jugez pas, ne vous dénigrez pas, ne vous critiquez pas, n’ayez pas peur et soyez confiant, lâchez prise.

De toutes façons, sachez que cela ne peut pas nuire et que seulement du positif peut vous advenir. Et aussi, bien entendu et comme pour tout, que cela marche mieux après un peu d’entraînement.

La concentration

Qui dit « concentration » dit « éviter les distractions et la dispersion ». Aussi, prévoyez une trentaine de minutes de tranquillité, coupez le téléphone, isolez-vous et ne vous laissez pas déranger.

Pendant la séance, vous fermerez les yeux et, en vous concentrant au mieux, vous vous direz mentalement le texte de l’autohypnose que vous découvrirez plus loin tout en jouant le jeu, c’est-à-dire que vous ferez en pensée tout ce que le texte propose : focaliser votre attention sur les différentes zones de votre corps énumérées pendant la séance (je vous rappelle que l’autohypnose correspond à une focalisation sur soi). Le moment venu, vous devrez vous souvenir des phrases positives que vous avez préalablement préparées.

Vous devrez aussi laisser faire votre main : ni aider avec vos muscles ni retenir. Quand vous ressentirez une de vos mains plus légère que l’autre, sera venu le moment de vous proposer les phrases positives que vous avez préparées.

Le texte de l’autohypnose

Voilà maintenant le texte[39] que vous allez vous dire mentalement en jouant le jeu (si vous êtes une femme, vous mettrez évidemment ce texte au féminin). Je le répète : suivez soigneusement toutes les instructions – vous devez faire mentalement ce que vous dites (porter votre attention, toute votre attention, sur les parties de votre corps qui sont nommées au fur et à mesure – et bien identifier les sensations présentes dans ces zones). Faites le tout sans précipitation et même lentement (l’impatience est antinomique de l’autohypnose). Les points de suspension sont là pour vous laisser le temps d’accomplir mentalement les instructions données.

·        « Je suis assis confortablement dans ce fauteuil et je prends conscience de ma position dans ce fauteuil... Je laisse mon attention balayer mon corps des pieds jusqu’à la tête... et maintenant de la tête jusqu’aux pieds...

·        À présent, je prends conscience, je porte toute mon attention, sur mes pieds... j’identifie les zones plus chaudes et les zones plus fraîches de mes pieds... Je ressens et j’identifie les différentes sensations dans mes pieds, la pression liée aux chaussures, un éventuel picotement... Je prends bien conscience de la position de mes pieds, tels qu’ils sont posés au sol en ce moment...

·        Et maintenant, je porte toute mon attention sur mes mollets, mes deux mollets... Je ressens leur position dans l’espace... Je perçois le contact du tissu sur mes mollets... [à ne pas dire si vos mollets sont nus : soyez logique] et peut-être, dans un instant, sentirai-je comme un frémissement... ou un picotement... quelque part dans mes mollets...

·        Et à présent, je porte toute mon attention, je me rends absolument attentif, à mes genoux, mes deux genoux... Je suis très réceptif à toutes les sensations, quelles qu’elles soient, qui peuvent maintenant être présentes dans mes genoux... Peut-être le contact du tissu de mon vêtement... ou un chatouillis... ou peut-être un frémissement léger...

·        Et maintenant, je me rends extrêmement attentif à mes cuisses, à mes deux cuisses... Oui, je porte toute mon attention sur mes cuisses... Je ressens le contact et le petit poids de mes mains sur mes cuisses... Je prends conscience des zones plus chaudes et des zones plus fraîches qu’il y a là, dans mes deux cuisses... Je ressens la pression du fauteuil sous mes cuisses... Je me rends totalement conscient des différentes sensations qui peuvent se présenter dans mes cuisses... chaud... ou froid... ou pression... ou peut-être picotement... ou frémissement de la peau...

·        Et maintenant, je porte toute mon attention sur mon bassin et aussi sur mon dos... Je me rends absolument attentif à toutes les sensations que je peux repérer, que je peux identifier, dans mon bassin et dans mon dos... Et peut-être, dans un instant, pourrai-je percevoir un mouvement... ou un picotement… quelque part dans mon bassin ou mon dos... Je laisse mon attention balayer toute cette zone de mon corps... bassin et dos… et je suis très attentif... à toute sensation... du chaud… ou de la fraîcheur… ou un frémissement de la peau... ou un chatouillis léger... quand il s’en présente là, dans mon dos ou mon bassin... Et, je ressens intensément le contact avec le dossier du fauteuil... la pression du fauteuil... dans mon dos...

·        Et à présent, je prends conscience de ma nuque et de ma tête... À l’endroit exact où elle est en contact, je ressens très précisément le contact de l’arrière de ma tête avec le fauteuil... et je me rends aussi très attentif à toute sensation qui peut se présenter là, dans ma nuque ou dans mon cuir chevelu... et, comme cela arrive à la plupart des gens quand ils ont atteint l’état de conscience voulu… il est très possible que, dans un instant, une sensation de frémissement léger se manifeste là... quelque part... dans mon cuir chevelu... et je le repère et j’en prends conscience…

·        Et à présent, je porte toute mon attention sur mes épaules, sur mes deux épaules... Je ressens bien leur position dans l’espace, entre mon cou et mes bras... et je me rends très attentif à toute sensation qui peut être là, dans mes deux épaules... ou venir… du chaud... ou du plus frais... ou toute autre sensation, quelle qu’elle soit... que je peux identifier... dont je peux prendre conscience…

·        Et maintenant, je me rends extrêmement conscient de mes bras et de mes avant-bras... de mes deux bras et de mes deux avant-bras... Je perçois leur position dans l’espace... et j’identifie les différentes sensations qui sont là, localisées dans mes deux bras et mes deux avant-bras.... chaleur... ou fraîcheur... ou picotement... Je suis tout à fait réceptif et attentif à mes bras et à mes avant-bras... Je ressens bien le contact sur les accoudoirs... Je prends conscience de la pression de mes coudes sur les accoudoirs...

·        Et maintenant, je porte mon attention sur mes mains, sur mes deux mains... et je les sens, là, elles sont posées sur mes cuisses... Je ressens parfaitement ce contact de mes mains avec le tissu de mon vêtement... et je suis très attentif à toutes les différentes sensations qui se présentent... ou vont se présenter, dans mes deux mains... vraiment très attentif... Que cette sensation soit un picotement... ou un chatouillis... à moins que ce ne soit un frémissement léger... sur la peau ou dans une paume par exemple… là, quelque part, dans une de mes deux mains... Je porte vraiment toute mon attention, la totalité de mon attention sur mes deux mains... Est-ce une sensation de picotement qui va apparaître ?... Ou une sensation de chaleur ?... Ou une sensation de gonflement ?... À moins que ce ne soit un petit frémissement ?...

·        Ce peut, bien sûr aussi, être un léger mouvement involontaire, peut-être d’un doigt tout d’abord ?... Il est tout à fait possible que, dans un petit moment... une sensation se présente dans un de mes doigts... Est-ce que ce sera à la main droite ?... Ou à la main gauche ?... Est-ce que ce sera un index ?... Ou un majeur ?... J’observe très soigneusement pour repérer ce qui se présente… À moins que ce ne soit un de mes pouces ?... Ou un petit doigt ?... Ou encore un annulaire ?...

·        En y étant très attentif, je peux aussi prendre conscience qu’il y a des différences de sensations entre mes deux mains... Une main est, peut-être, plus lourde... et l’autre main est plus légère... à l’un ou l’autre endroit… et j’observe soigneusement mes mains… et je sais maintenant, laquelle de mes deux mains est la plus lourde... et laquelle est la plus légère... et je ressens bien le contact de ma main la plus lourde sur ma cuisse... et comme elle pèse un peu plus... et je peux même, avec mon mental, l’aider à être encore un peu plus lourde sur ma cuisse[40]... et maintenant, je porte toute mon attention sur ma main la plus légère... et, en étant très attentif, très, très attentif… je sens bien que cette main peut devenir encore un peu plus légère... encore plus légère... Je peux imaginer que la pesanteur la quitte et qu’à la place s’installe une agréable sensation de légèreté… et je laisse cette main devenir plus légère... je lui permets de devenir plus légère… je l’aide un peu à s’alléger… et j’observe tranquillement comme elle devient plus légère... Et à présent, j’imagine un ballon, un ballon extrêmement léger et ce ballon s’attache par une ficelle à mon poignet le plus léger... et j’imagine ce ballon si léger, si aérien... et j’en vois la couleur avec précision... et aussi la forme… ce ballon est attaché à mon poignet et il aide ma main à se sentir encore plus légère... et même, il pourrait attirer doucement ma main vers le haut... facilement… tout naturellement… tout tranquillement… et confortablement... et je sens comme ma main s’allège encore… encore plus… avec mon aide… et avec l’aide de ce ballon qui l’attire vers le haut… et dont je connais la forme et la couleur...

·        Et maintenant, je vais compter tranquillement de 10 jusqu’à 1... et, à chaque chiffre descendant que je vais énoncer... ma main la plus légère... avec l’aide du ballon qui l’attire vers le haut... peut s’alléger encore plus... confortablement... naturellement… paisiblement… sans aucun effort... comme elle le souhaite... tranquillement... et lorsque je serai parvenu à 1... ma main pourra, si elle le désire, même s’élever un peu au-dessus de ma jambe... facilement... et c’est tranquille et confortable... [bis pour tout ce paragraphe]

·        Et je commence à compter maintenant... 10..., 9..., 8..., 7..., plus légère encore… ma main peut se sentir plus légère encore, avec l’aide du ballon... et il lui est facile de s’alléger... à son rythme... tranquillement... et confortablement... 6..., plus légère encore... 5…, et c’est facile et confortable... 4…, et c’est même agréable de ressentir cette main plus légère qu’avant... qui s’allège facilement… d’elle-même... comme elle le désire... à son rythme… 3..., 2..., 1..., 1..., 1...

·        À présent, ma main est là, allégée... elle est soutenue au niveau du poignet par le ballon imaginaire… dont je connais la forme et la couleur...

·        Et pendant que cela se fait... pendant que ma main peut peut-être s’alléger encore un peu plus… je peux m’autoriser à me sentir apaisé… et confortable... et je peux commencer à savoir que chaque jour je peux me sentir mieux… chaque jour… je me sens mieux... à tous les niveaux… chaque jour, je me sens mieux... et de mieux en mieux... oui, chaque jour et sur tous les plans… je me sens mieux… et de mieux en mieux… et en fait, je peux enfin découvrir que ça me devient de plus en plus facile…, naturel… et agréable… de constater ma bonne évolution… de constater que j’évolue bien… que les choses évoluent bien… que mon sens auditif est de plus en plus confortable…

[À ce stade, votre main la plus légère doit être ressentie comme ayant au moins 15% de légèreté en plus par rapport à l’autre. Chez certaines personnes elle s’élève même au-dessus de la jambe – si cela vous arrive : laissez faire mais sachez que ce n’est nullement indispensable. Voici maintenant venu le moment de vous proposer les phrases positives que vous avez préparées : les 5 ou 6 phrases, que vous vous répétez, dans n’importe quel ordre, 3 à 4 fois chaque. Dites-vous-les mentalement avec calme, sans faire d’effort, comme elles vous viennent (et si vous oubliez l’une ou l’autre : cela n’a aucune importance). Une fois ceci fait, poursuivez ainsi :]

·        Et maintenant... ma main est là, au niveau de ma jambe, et plus légère qu’auparavant... et chaque jour, et sur tous les plans, je me sens mieux... et de mieux en mieux... Mon sens auditif devient de plus en plus confortable, je me sens calme et confortable, mon énergie vitale se ressource et se régénère… de mieux en mieux, chaque jour... de plus en plus, chaque jour...

·        Et à présent... je me rends attentif aux différences de sensations qu’il y a entre mes deux mains... entre ma main la plus légère... et ma main la plus lourde... pour me rappeler de ces différences… et éventuellement les accentuer encore lors de prochaines séances comme celle-ci… et maintenant que j’ai pris conscience de ces différences… dans les instants qui suivent, je vais laisser mes deux mains reprendre des sensations analogues l’une à l’autre... Et, mentalement, je détache à présent de mon poignet la ficelle du ballon imaginaire... dont, moi seul, je connais la forme et la couleur... et voilà qu’il s’en va, léger, léger... et je pourrais le rappeler à tout moment où cela me sera utile... facilement... Et pendant que les sensations de mes deux mains redeviennent semblables, moi, je porte toute mon attention sur mes avant-bras et mes bras... toute mon attention sur mes deux avant-bras et mes deux bras...

·        Et je laisse maintenant mon attention se porter sur mes épaules... sur mes deux épaules... et je ressens bien le contact des accoudoirs sous mes coudes...

·        Et à présent, je porte toute mon attention sur ma tête... mon cuir chevelu... et ma nuque... Et je ressens bien le contact avec le fauteuil...

·        Et maintenant, toute mon attention est sur mon dos... et mon bassin... et je ressens bien le contact avec le fauteuil... de mon dos et de mon bassin...

·        À présent... je prends conscience de mes cuisses... et du contact de mes mains sur mes cuisses... et du contact de l’arrière de mes cuisses avec le siège...

·        Et maintenant, je porte toute mon attention sur mes genoux, sur mes deux genoux... et sur le contact du tissu de mon vêtement sur la peau de mes genoux [ou « sur le contact de l’air » s’ils sont nus]...

·        Et maintenant, je me rends très conscient de mes mollets...

·        Et de mes pieds... Je ressens bien leur position au sol... et le contact avec les chaussures...

·        Et à présent, je vais laisser mon attention balayer tout mon corps, des pieds à la tête, rapidement...

·        Et de la tête aux pieds, rapidement...

·        Et maintenant, je compte de 1 jusqu’à 5. À chaque chiffre ascendant, je me rapproche de mon état de conscience habituel et à 5, j’ouvre les yeux et je m’étire. Je suis en pleine forme, en parfaite santé et tous mes sens sont aiguisés. Et je suis parfaitement en mesure de poursuivre la journée avec vigueur, efficacité, énergie, optimisme, enthousiasme et joie de vivre. Je commence à compter maintenant :

·        1... [respirez profondément]

·        2... [respirez profondément

·        3... [respirez profondément]

·        4… [respirez profondément]

·        5... [Claquez des doigts, ouvrez les yeux et étirez-vous. Ajoutez :] Je suis en pleine forme et en parfaite santé. »

Voilà, c’est tout. Ne vous laissez pas rebuter par la longueur de ce texte : il est finalement simple et répétitif. Essayez cette technique. Cela ne marchera pas très bien les deux ou trois premières fois où vous l’utiliserez, mais celles-ci vous amèneront à intégrer la mécanique (et sachez aussi que – sauf si vous décidez de vous énerver en pratiquant ! – cela vous offrira de toutes façons un bienfaisant moment de détente/relaxation). Par la suite, cela vous sera beaucoup plus facile de lâcher-prise et de vous autohypnotiser. L’autohypnose[41] est un moyen qui a déjà aidé bien des acouphéniques à mieux vivre avec le tinnitus : amenuisement des inconvénients ou du tinnitus lui-même, augmentation de la qualité de vie, amélioration du tonus et de l’élan...

Mode d’emploi de l’autohypnose

Fréquemment, du moins dans les premières semaines : au moins 3 à 4 fois/semaine. Par la suite, ce sera en fonction de votre ressenti et de vos besoins.

Sachez aussi que quand vous êtes bien rôdé à la technique, la sensation d’allègement se met en place très rapidement sans qu’il faille passer par toute la première partie : on peut commencer à la tête, puis les bras etc., et parvenir ainsi très vite aux mains (moi, c’est en trois à quatre minutes que ma main est allégée et que je suis parvenue dans l’état de conscience utile). Donc, la séance complète pour ceux qui l’ont bien intégrée peut ne durer que de huit à dix minutes, ce qui bien est peu de temps à donner par rapport aux avantages que l’on peut en retirer…

En finir avec l’insomnie

Le sommeil des gens dont le cerveau reste en Bêta est de mauvaise qualité, entrecoupé de rêves semi-éveillés plus ou moins angoissés, de réveils successifs – quand ce n’est pas carrément l’insomnie. Le cerveau ne parvient plus à entrer en Alpha-Thêta et donc le corps et le mental ne se « réparent » pas : ce type de sommeil ne repose pas, ne régénère ni l’organisme ni l’esprit mais épuise encore davantage. Ce fut le cas de Marie-Thérèse, 72 ans aujourd’hui, qui a subi un tinnitus agressif la rendant insomniaque et qui a néanmoins pu retrouver le sommeil.

Marie-Thérèse

À l’âge de 63 ans, Marie-Thérèse perdit son conjoint après plus de trois décades d’un mariage sans enfants qu’elle qualifie d’heureux. C’est trois mois plus tard que survinrent les acouphènes qui, en quelques années, lui devinrent un véritable calvaire. N’ayant plus d’activité professionnelle puisqu’à la retraite, elle s’isola de plus en plus, ne restant en contact plus ou moins régulier qu’avec deux personnes de sa famille. Pour ses troubles auditifs, le médecin consulté lui prescrivit des remèdes qui restèrent sans effets. L’intensité de ce tinnitus empêchait la plupart du temps Marie-Thérèse de dormir malgré la prise quotidienne de somnifères. La dépression, d’abord larvée, explosa alors pour aboutir, quand elle eut 66 ans, à une tentative de suicide avec les médicaments qu’elle avait préalablement stockés en quantité. Elle fut sauvée in extremis par sa nièce qui la découvrit inconsciente – lavage d’estomac et hospitalisation en hôpital psychiatrique. Quand elle en sortit, malgré son peu d’envie de vivre elle accepta de suivre une psychothérapie avec une thérapeute pratiquant la PNL et l’Hypnose Ericksonienne et en un an cela vint à bout de la dépression. Mais l’insomnie était toujours présente car les acouphènes, quasi permanents, prenaient plus de virulence le soir et la nuit. Sa thérapeute lui proposa donc d’essayer une méthode simple pour se donner de meilleures chances de trouver le sommeil et Marie-Thérèse accepta. Cela commença à lui donner des résultats au bout de quelques jours seulement et, de façon intéressante, son tinnitus diminua aussi en volume sonore à mesure qu’elle réapprenait à dormir.

Aujourd’hui, Marie-Thérèse a 72 ans, ses acouphènes sont intermittents et beaucoup plus faibles en volume sonore que jadis : elle estime en moyenne leur présence à 50% de son temps de veille et au maximum à 30 à 40% de ce qu’ils étaient au plus fort de leur intensité d’autrefois, et elle vit donc avec eux sans problèmes particuliers. Elle sait s’en abstraire en s’occupant l’esprit, elle a renoué avec d’anciens amis, voyage deux à trois fois par an pour visiter sa famille égaillée aux quatre coins de la France et en Allemagne et elle fait aussi, avec intérêt et plaisir, un peu de bénévolat. Elle a ainsi beaucoup de contacts humains et déclare que sa vie vaut d’être vécue. Elle utilise toujours de temps à autre la méthode que vous allez découvrir vous aussi dans quelques pages.

Tout se passe dans votre champ de conscience

Auparavant et pour que vous compreniez bien pourquoi cette méthode fonctionne, je dois encore vous donner quelques infos.

On dit que les femmes (c’est moins le cas des hommes) savent couramment faire deux choses à la fois. En effet, des mamans font la cuisine et s’occupent en même temps de leur enfant. Telle secrétaire qui fait du télétravail à partir de chez elle peut travailler sur son ordinateur, répondre au téléphone et réagir en même temps à ce que fait son jeune fils. Je peux regarder la TV et résoudre en même temps des grilles de Sudoku ou de mots croisés – et être consciente à la fois de ma résolution de ces jeux et de ce qui se passe dans l’émission. Etc.

Alors, on peut donc faire deux choses dans le même moment ? Oui, c’est vrai – et c’est aussi faux. En réalité, quand on « fait deux choses à la fois », ce qui se passe est que l’attention et l’action alternent très vite d’une tâche à l’autre. En fait, le champ de conscience est fondamentalement monotâche : à un instant donné, il ne peut s’occuper que d’une seule chose.

Ce qui précède concerne le fait de faire. Pour ce qui concerne la prise de conscience[42] de ce qui se passe ou de ce qu’il y a alentour, sachez qu’il ne peut pas y avoir plus de neuf éléments pouvant être « conscientisés » à un moment donné :

·        Quand on n’est pas concentré, c’est entre cinq et neuf : c’est l’attention diffuse

·        Quand on est vraiment concentré sur quelque chose, c’est moins que cinq : c’est l’attention focalisée.

A titre de métaphore, on pourrait dire que le champ de la conscience est un « lieu » dans votre psychomental où il y a peu de place. Votre « réalité vécue » et vos ressentis vont donc dépendre de ce que vous choisissez de mettre dans ce peu de place :

·        Un gros meuble pesant et noirâtre qui mange la lumière ?

·        Ou des meubles légers et de la luminosité ?

·        Les problèmes et les difficultés auxquels vous êtes confronté ?

·        Ou bien les solutions ou les recherches de solutions à ces problèmes ?

·        Le tinnitus ?

·        Ou autre chose que le tinnitus ?

·        L’insomnie ?

·        Ou autre chose que l’insomnie ?...

Vous vous demandez peut-être à présent quelle est l’utilité pour vous de savoir cela ? En fait, c’est très important parce que :

·        Quand vous êtes attentif à vos acouphènes, c’est la plus grande partie ou tout votre champ de conscience qui est occupé par lui et rien que par lui – il n’y a guère de place dans votre conscience pour autre chose : vous êtes envahi/saturé par le tinnitus (métaphore du gros meuble noir qui prend toute la place et qui avale la lumière !) et vous souffrez d’autant plus

·        De même, quand vous luttez contre l’insomnie en vous énervant (« Je veux dormir !!! » ; « Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à dormir !!! » ; « Il faut que je dorme !!! » ; « J’en ai assez de ne pas dormir !!! » ; etc.), vous ne pouvez être conscient que de ce qui concerne l’insomnie et pas d’autre chose ! Et vous avez évidemment déjà bien expérimenté à quel point ce genre de réaction échoue : cela ne vous amène pas le sommeil et, bien au contraire, cela renforce l’insomnie.

Élément supplémentaire : dans ces deux cas, vous alimentez le stress et donc des ondes Bêta dans votre cerveau, ce qui est évidemment tout à fait antiproductif par rapport au résultat que vous espérez – être moins conscient des acouphènes ou/et dormir.

Le « réel » vécu, c’est ce qui occupe votre champ de conscience

Le mot-clé dans tout ceci est le mot « conscience ».

Le proverbe le dit d’ailleurs : « Ce qu’on ne sait pas ne peut pas faire de mal ! ». C’est vrai : ce dont vous n’avez pas conscience ne peut pas vous concerner[43]. D’ailleurs, quand votre ORL vous a proposé de vous habituer au tinnitus, il vous a en réalité suggéré de leur retirer votre attention et donc de cesser d’en être conscient, de cesser d’en prendre conscience. Et d’ailleurs vous-même, vous avez certainement déjà pu constater que, quand votre esprit est vraiment occupé à autre chose, les acouphènes ne sont plus guère présents : ils peuvent toutefois être là mais c’est vous (ce que vous identifiez comme étant votre « moi ») qui n’en avez plus conscience, c’est vous qui n’en prenez plus conscience.

Un petit drame domestique

Un exemple ? : Marie-Thérèse que je vous ai présentée il y a quelques pages, m’a raconté un incident qui a fait disparaître son tinnitus pendant plusieurs heures et qui se produisit à une époque où ces acouphènes étaient très intenses. Elle habitait dans une maison bifamille et, de sa fenêtre lui parvinrent un jour des cris aigus d’enfants. Marie-Thérèse s’y précipita pour voir ce qu’il en était : la fillette de 10 ans de la voisine, qui jouait dans la cour, avait été blessée en ayant reçu sur la tête un vélo mal accroché à son support mural. La petite, le visage inondé de sang, hurlait de douleur pendant que son petit frère de 6 ans criait d’angoisse à la vue de ce spectacle. Marie-Thérèse appela aussitôt une ambulance et se précipita pour alerter la mère mais en vain : celle-ci s’était absentée. Puis départ au galop vers la cour où elle prit en charge la suite des évènements : rassurer le petit, retirer un peu du sang de la fillette ce qui lui permit de constater que la blessure n’était pas profonde, accompagner dans l’ambulance les enfants à l’hôpital après avoir laissé un mot à la mère pour lui expliquer ce qui se passait. Au total : plus de peur que de mal pour la petite fille qui s’en sortit avec quelques agrafes. Marie-Thérèse raconte que les acouphènes n’avaient été présents à aucun moment de l’ensemble de ces évènements et elle conclut l’histoire par ces mots : « À croire qu’il faut une catastrophe pour que ces saletés d’acouphènes s’en aillent ! »

En réalité, ce qui s’était passé ce jour-là avait rempli le champ de conscience de Marie-Thérèse et, de ce fait, il n’y avait plus de place pour la conscientisation du tinnitus : cela avait complètement décroché l’attention portée à ce dernier. Et la conclusion de Marie-Thérèse est fausse : non, il n’y a pas nécessité d’une catastrophe pour arriver à cela à il est tout à fait possible de s’entraîner à choisir ce qui doit occuper son champ de conscience :

·        Pour que le tinnitus n’y ait plus guère de place

·        Ou/et pour que l’insomnie n’y ait plus guère de place…

Vous bagarrer ne vous fait pas dormir !

Vous voulez dormir ? Alors, ne luttez pas ! Ne luttez pas contre l’insomnie mais portez votre attention sur autre chose

C’est bien cela le principe de la méthode pour faciliter le sommeil dont je vais vous parler :

Il s’agit d’occuper consciemment, volontairement, délibérément, la place présente dans votre champ de conscience avec autre chose que le tinnitus, l’insomnie ou/et la lutte contre eux.

Naturellement, au début et en fonction de l’intensité du tinnitus ou/et de l’insomnie cela vous sera plus ou moins facile à réaliser. Mais là aussi : un peu d’entraînement avec de la bonne volonté vous permettra d’une part d’acquérir un meilleur contrôle de votre mental[44] et d’autre part de mettre en place l’efficacité de cette méthode. Sachez que nombre de gens se sont déjà guéris d’insomnie tenace de cette manière et parfois même en très peu de temps. Bénéfice supplémentaire : en intégrant cela, votre cerveau réapprend en même temps à relâcher la permanence des ondes Bêta et à entrer en Alpha ; Thêta et Delta suivent ensuite tout naturellement à et donc déjà : meilleure détente, régénération énergétique, mieux-être. Et en plus chez certains est survenue une plus ou moins grande diminution de leur tinnitus.

Occupez votre conscience par vos sensations visuelles et corporelles

Voici ce qu’il convient de faire :

Allez au lit, éteignez la lumière, fermez les yeux. Ensuite :

1)     Pendant environ une dizaine de minutes (inutile de contrôler ce laps de temps sur la montre !), concentrez-vous soigneusement et rendez-vous attentif à tout ce qui se passe dans votre champ visuel (champ visuel interne, puisque vos paupières sont closes) à prenez-en pleinement conscience et verbalisez cela mentalement en phrases complètes, descriptives et précises et en vous impliquant (= mettre « je » dans les phrases).

·        Cela peut donner quelque chose comme ceci par exemple : « Dans mes yeux fermés je vois, dans mon champ visuel droit, une zone sombre à l’intérieur de laquelle il y a une petite tache plus claire, de forme indéfinie, et qui migre en ce moment vers le centre de mon champ visuel ; et je perçois aussi dans mon champ visuel gauche, sur un fond gris-bleu sombre, une série de petites taches, comme des étoiles, qui sont d’ailleurs en train de disparaître ; et maintenant, je vois une zone assez rousse vers le haut de mon champ visuel total et il en part des filaments plus clairs qui vibrent un peu et sont orientés vers le bas de mon champ visuel ; etc… ».

·        Notez qu’il y a très peu de chances pour que ce que vous perceviez soit figuratif et aussi qu’un champ visuel uniforme ne peut pas se maintenir longtemps : le cerveau s’ennuie vite et il crée alors quelque chose – une tache, un mouvement, une teinte, une vibration, une étoile…

2)     Ensuite, pendant environ une dizaine de minutes (et toujours sans vérifier sur la montre) concentrez-vous et rendez-vous attentif à tout ce qui se passe au niveau de vos sensations corporelles [tout et n’importe lesquelles à l’exception des sensations auditives et de ce qui vous est désagréable ou/et douloureux. Ainsi, prenez conscience du chaud, du frais, des picotements, gratouillis, chatouillis, frémissements, mouvements involontaires, rythmes…, que ce soit en interne, c’est-à-dire dans le corps, ou en externe, c’est-à-dire sur la peau]. Et faites comme au point 1 ci-dessus à rendez-vous en pleinement conscient et verbalisez cela mentalement en phrases complètes, descriptives et précises et en vous impliquant (= mettre « je » dans les phrases).

·        Cela peut donner quelque chose comme ceci par exemple : « Je ressens une sensation de fraîcheur dans le bout des doigts de ma main droite et une sensation de chaleur au niveau des épaules ; je ressens un léger chatouillis au-dessus de mon sourcil droit ; je viens d’avoir un petit mouvement involontaire de mon index droit ; je sens des battements au bout de trois doigts de ma main gauche ; je ressens un gratouillis sur mon biceps droit ; je viens d’éprouver le besoin de respirer plus fort ; j’ai avalé ma salive ; je ressens une petite démangeaison à droite de mon nombril ; etc… »

Important : jouez le jeu et ne cherchez pas à faire de la littérature, du beau langage = dites les choses comme elles vous viennent et avec votre langage à vous, c’est-à-dire celui qui vous « sort » spontanément. Il s’agit de focaliser au maximum possible toute votre attention sur ces sensations visuelles et corporelles et de les verbaliser mentalement avec précision en ayant pleinement conscience de ce que vous faites. En d’autres termes : il ne s’agit pas de faire cela négligemment tout en pensant à autre chose (ou en grognant !). Cet exercice vous demandera un peu de concentration et de contrôle sur votre mental et la technique ne fonctionne qu’à cette condition-là.

Alors, que s’est-il passé quand vous avez procédé ainsi ? :

·        Vous avez polarisé au maximum possible votre attention sur autre chose que l’insomnie (ou le tinnitus), qui est donc passée à l’arrière-plan de la conscience

·        Vous avez permis à votre cerveau de s’occuper d’autre chose que du problème = ondes Alpha et donc détente et désénervement.

Tout ceci améliore de beaucoup votre capacité à vous relâcher et à dormir. Sachez aussi que, pour beaucoup de ceux à qui j’ai proposé cette technique et après s’y être un peu entraînés : c’est bien avant d’avoir fini la vingtaine de minutes de l’exercice qu’ils s’endorment.

Mode d’emploi de la concentration sur le visuel et le corporel

À faire chaque soir.

À faire également en cas de réveil nocturne s’il y a difficulté à vous rendormir. Important : bien entendu, quand le sommeil vous prend pendant que vous faites l’exercice :

 

Ne lui résistez surtout pas ! à Dormez !...

 

D’autres possibilités encore pour améliorer votre capacité à dormir

Dormir, c’est aussi convaincre votre Inconscient de vous laisser aller au sommeil. Cela peut également être fait en vous procurant à peu de frais un CD ou/et un DVD spécialement conçus à cet effet[45] :

·        Si vous êtes entendant :

o   Le CD Si bien Dormir comportant uniquement des sons binauraux avec des composites spécialement étudiées pour favoriser le sommeil.

o   Le CD Je dors bien, je me régénère. Il vous aide à entrer dans le sommeil en vous guidant dans une visualisation sophrologique qui vous détend et vous libère du « poids des choses de la vie ».

·        Si vous êtes entendant ou non-entendant :

o   Je vous décrirai cette visualisation plus loin, dans la partie dévolue à la sophrologie : ainsi vous pourrez donc également l’apprendre et la pratiquer par vous-même.

·        Si vous êtes non-entendant :

o   J’ai conçu un DVD utilisant la technique du Subliminal Visuel[46] : Bien dormir. Il dure une dizaine de minutes et est à visionner 1 fois/jour pendant 2 mois. Ce DVD imprègne progressivement votre Inconscient de convictions positives quant à votre capacité à bénéficier d’un sommeil reposant et régénérateur.

Pratiquez un peu de sophrologie

J’ai déjà évoquée celle-ci plus haut. Abordons-là maintenant.

La sophrologie a été créée en 1960 par le neuropsychiatre A. Caycedo et, au fil du temps, elle a évolué en différents courants. Ce qu’il faut savoir, c’est que les méthodes de la sophrologie sont fondamentalement basées sur l’hypnose puisqu’elles impliquent la focalisation de l’attention sur soi[47] et sur ce qui se passe en soi (et nous avons déjà vu plus haut quels avantages on peut attendre de l’hypnose). Les meilleures approches sophrologiques sont, à mon avis, celles de la visualisation. Je vais donc vous donner deux belles visualisations et toutes les infos utiles pour que vous puissiez les utiliser. Avant cela, rencontrons Amélie qui fut un cas « lourd » en matière d’acouphènes.

Amélie

Amélie, aujourd’hui 51 ans, avait été hôtesse de l’air sur les lignes de vol longs courriers et, à plusieurs reprises et dans des aéroports exotiques, elle se trouva à grande proximité de moteurs d’avion. A l’âge de 35 ans elle divorça de son mari et, désireuse de se rendre plus disponible pour ses deux enfants, elle demanda à être mutée à l’accueil en aéroport. C’est trois ans plus tard que le tinnitus se déclara. Il devint en quelques années de plus en plus invalidant et, à l’âge de 42 ans, elle fut contrainte de s’arrêter de travailler. Son ORL ne lui trouvant pas remède à ces maux, elle entra en dépression et ne parvint que difficilement à résister à l’envie du suicide. Le psychiatre consulté lui prescrivit calmants, antidépresseurs et somnifères dont elle devint une grande consommatrice... Cela n’eut guère d’effet non plus, ni sur les acouphènes, ni sur la dépression. Amélie dût alors faire appel à une cousine pour venir l’assister pour les nécessités de son foyer car, physiquement et psychologiquement à bout, elle n’arrivait plus à gérer le quotidien et l’éducation des enfants.

Une de ses amies, ayant lu un livre sur la visualisation, lui suggéra de s’en inspirer pour tenter de s’aider elle-même. Ce qu’elle fit : malgré sa faiblesse à la fois physique et psychologique, elle parvint à s’astreindre à visualiser deux à trois fois par jour pendant une dizaine de minutes. C’est au bout de six semaines que les premiers résultats se manifestèrent : elle s’endormait plus facilement, se réveillait moins durant la nuit, ce qui lui permit déjà de retrouver un peu plus d’énergie. Elle poursuivit donc et, un mois plus tard, elle constata que son tinnitus avait un peu régressé en intensité sonore et qu’il n’était plus aussi permanent. Trois mois encore, et ses acouphènes devinrent à peu près vivables.

Aujourd’hui (six ans après sa rencontre avec la visualisation), selon les estimations d’Amélie : le tinnitus est présent pendant 40% de son temps de veille et ne dépasse pas 30 à 40% de son intensité d’autrefois. La cousine est repartie, les enfants ont quitté le foyer pour se lancer dans la vie et Amélie vit avec un monsieur charmant qu’elle a rencontré il y a trois ans et qui a lui aussi des acouphènes – ensembles, ils savent les gérer et vivent donc avec le tinnitus sans difficultés particulières…

Une visualisation sophrologique pour dormir

Vous trouverez donc ci-dessous le scénario de cette visualisation du CD Je dors bien, je me régénère que je vous ai annoncé plus haut. Elle m’a été inspirée par un medicine-man traditionnel hawaiien.

Important à savoir avant de l’aborder : s’il y a certes une « déesse » dans cette visualisation, cette figure n’est rien d’autre qu’un symbole poétique et joli, seulement une métaphore positive et protectrice d’un être tutélaire. Ne mettez aucune connotation religieuse dans cette visualisation : il ne s’agit pas de religion ou de divinité ! Non : il s’agit de débarrasser symboliquement votre mental de ce qui l’encombre[48].

Ceci étant précisé, voici cette visualisation :

« Tout d’abord, fermez les yeux et respirez amplement dix fois en vous rendant très conscient de votre respiration : à chaque fois, sentez et suivez soigneusement le trajet de l’air dans vos voies respiratoires, de l’entrée de l’air jusqu’à sa sortie.

Ensuite, visualisez-vous dans un environnement de nature qui vous plaît ou que vous aimez/avez aimé : vous pouvez choisir un endroit que vous avez connu et dans lequel vous vous sentiez bien ; ou bien vous pouvez créer cet endroit de toutes pièces et absolument à votre goût. L’important est qu’il vous soit agréable, paisible, reposant et que cela vous évoque uniquement des choses positives : ce lieu représente pour votre mental un endroit de ressourcement où seulement du positif peut vous advenir.

Découvrez au centre de cet environnement la statue (faite dans la matière que vous voulez : émeraude, diamant, améthyste, marbre rose, bois de santal, or, bronze ou autre) d’une déesse géante qui est vêtue d’une toge romaine (ou d’autre chose, à votre choix) : elle est agenouillée et elle est belle, bien proportionnée, féminine. Et vous sentez qu’elle est profondément maternelle. Elle tient dans ses bras une vasque en cristal de la couleur de votre choix (translucide, mauve, rose, jaune soleil, orangée, bleu ciel, ou autre…) et vous savez que, même si cette vasque n’apparaît pas très profonde, elle n’a en réalité pas de fond. Et vous savez aussi autre chose : cette vaste coupe a une propriété particulière et unique, car tout ce qui y pénètre est automatiquement lavé de tout miasme, de toute nocivité, de toute négativité et y est chargé de positif, de sain, de bon.

Comprenez bien que cette vasque est à votre disposition. Elle vous sert d’une part à confier à la déesse tout ce qui vous pose problème dans la vie. Et pas seulement cela : elle vous sert aussi à y faire nettoyer, à y faire purifier (et soigner métaphoriquement quand nécessaire) tous les autres éléments qui vous concernent, vous-même y compris. La métaphore veut que tout ce qui entre dans cette vasque s’y trouvera chargée de positivité.

Alors, après avoir visualisé le décor, la déesse et sa vasque, entreprenez de mettre dedans, tranquillement, l’un après l’autre et en étant conscient de ce que vous faites, tout ce que vous voulez : votre travail, chacun de vos collègues, votre patron, votre feuille d’impôt, chacune de vos traites, votre appartement, les différents membres de votre famille, vous-même, le tinnitus, les parties de votre corps – vos articulations, votre cœur, votre foie, vos vaisseaux sanguins, vos oreilles, votre cerveau, etc… – vos meubles, vos projets, vos prochaines vacances, l’année qui vient, etc… Tout ce à quoi vous pouvez penser, tout ce qui fait partie de votre vie (y compris s’il y a lieu : vos vieux regrets, vos anciennes rancunes, vos culpabilités souterraines…). Quelle que soit la taille réelle de l’objet ou de l’être, constatez que cela entre sans difficultés dans la vasque et disparaît dans le fond... »

Important : bien entendu, là également (comme pour l’autohypnose ou la concentration sur les sensations visuelles et corporelles que nous avons vues plus haut) il convient pour vous de jouer honnêtement le jeu en focalisant au maximum possible toute votre attention sur le déroulement de ces visualisations. En d’autres termes : il ne s’agit pas de faire cela négligemment tout en pensant à autre chose (ou en grognant !). Ici aussi, cet exercice vous demandera un peu de concentration et de contrôle sur votre mental et la technique ne fonctionne qu’à cette condition-là.

Poursuivez cela jusqu’à ce que vous dormiez.

Sachez que, quand c’est fait comme il faut et bien rôdé, la plupart des gens glissent dans le sommeil au bout d’une dizaine de minutes. Quand cela vous arrive :

 

Ne résistez pas ! à Dormez !...

 

Mode d’emploi de cette visualisation

Pratiquez-la quand vous en avez besoin pour dormir ou vous rendormir en cas de réveil inopportun.

Une visualisation pour améliorer votre confort auditif

Dans la visualisation qui suit, peu importe que vous ayez ou non des idées précises sur l’anatomie du cerveau : servez-vous simplement de votre imagination.

« Tout d’abord, fermez les yeux et respirez amplement dix fois en étant très conscient de votre respiration : sentez et suivez soigneusement le trajet de l’air dans vos voies respiratoires, de l’entrée de l’air jusqu’à sa sortie.

Ensuite, sortez mentalement de votre corps et mettez-vous au-dessus de vous, un peu en arrière. Observez votre tête et imaginez que votre boite crânienne (l’os) et vos cheveux deviennent transparents. De ce fait, vous voyez vos oreilles de part et d’autre de votre cerveau et celui-ci comme une masse cérébrale d’un gris-bleuté parcouru de filaments roses.

Maintenant, décidez que vous allez rendre vos oreilles et votre cerveau plus « propres » et plus sains et, pour ce faire, imaginez qu’une tiède lumière jaune-orangée, très douce et très agréable vient les baigner. Vous devez savoir que cette lumière a pour propriété de purifier, d’éliminer ce qui gêne, de rendre plus sain. Voyez progressivement la couleur de vos oreilles et de votre cerveau passer au doré et soyez conscient du fait que cette couleur signifie : propreté, pureté, bon état, santé.

Ensuite, allez mentalement à l’une de vos oreilles, visualisez-en, toujours baignés par la lumière, l’orifice puis le nerf auditif qui pénètre dans la moitié correspondante du cerveau (oreille droite et hémisphère droit ; oreille gauche et hémisphère gauche[49]). Visualisez maintenant qu’une douce, paisible et silencieuse brise vient s’allier à la lumière et amène une agréable fraîcheur, de la douceur, du calme, de la paix et de la tranquillité dans cette oreille et dans cet hémisphère cérébral et que lumière et brise pénètrent ensemble dans toutes les parties et les recoins de cet ensemble oreille + demi-cerveau.

Puis faites de même avec l’autre côté.

Ensuite, revenez à la position au-dessus et un peu en arrière de votre tête, rendez à nouveau leur opacité et consistance à votre boite crânienne et à vos cheveux. Puis revenez à l’intérieur de vous.

Pour finir, respirez profondément trois fois, claquez des doigts, ouvrez les yeux et étirez-vous très mollement. Ajoutez mentalement : « Je suis en pleine forme et en parfaite santé. »

C’est tout. Le tout dure environ 5 à 7 minutes.

Important pour ces deux visualisations :

Bien entendu, là également (comme pour l’autohypnose ou la concentration sur les sensations visuelles et corporelles que nous avons vues plus haut) il convient pour vous de jouer honnêtement le jeu en focalisant au maximum possible toute votre attention sur le déroulement de ces visualisations. En d’autres termes : il ne s’agit pas de faire cela négligemment tout en pensant à autre chose (ou en grognant !). Ici aussi, cet exercice vous demandera un peu de concentration et de contrôle sur votre mental et la technique ne fonctionne qu’à cette condition-là.

Au stade où vous en êtes de votre lecture, vous êtes tout à fait en mesure de comprendre ce qui se passe quand vous procédez ainsi à des visualisations :

·        Vous polarisez au maximum possible votre attention sur autre chose que sur l’insomnie (ou le tinnitus), qui est donc passée à l’arrière-plan de la conscience

·        Vous permettez à votre cerveau de s’occuper d’autre chose que du problème = ondes Alpha et donc détente et relâchement.

De plus, judicieusement choisis, les métaphores et les symboles ont un réel pouvoir sur votre psychomental[50] au niveau de l’Inconscient et ils peuvent vous être bénéfiques à bien des niveaux (psychosomatique, développement personnel…).

Mode d’emploi de cette visualisation sophrologique

Deux à trois fois par jour, isolez-vous pour une quinzaine de minutes. Ensuite :

·        Prenez une position confortable mais pas couchée (sinon : risque de vous endormir)

·        Fermez les yeux

·        Visualisez 3 fois d’affilée le film selon le scénario que vous avez choisi. Entre chaque visualisation, rouvrez les yeux et comptez une trentaine de secondes avant de les refermer pour faire la suivante.

Ce faisant, contrôlez votre cerveau en vous concentrant pour que rien de négatif ne vienne parasiter vos 3 visualisations successives.

N’oubliez pas : il s’agit bien de visualiser, c’est-à-dire de vous efforcer d’avoir des images dans votre regard intérieur (en d’autres termes, ne vous contentez pas de vous raconter mentalement l’histoire avec des mots car cela ne sert à rien d’utile). Sachez que, bien entendu, vous n’aurez pas une vue photographiquement précise des images, mais débrouillez-vous pour avoir la perception visuelle du film au mieux de ce que vous pourrez.

Considérez que vous êtes le metteur en scène et que vous visionnez le film dont vous avez créé les images sur la base du scénario en étant simplement et tranquillement attentif au déroulement de ces images dans votre regard intérieur.

C’est tout. Expérimentez cela avec bonne volonté et vous pourriez être surpris des résultats…

Soyez créatif

Il y a quelques lignes, j’ai employé le verbe « créer ». Or, c’est là un concept qui peut être très important pour vous, acouphénique, comme vous allez le découvrir maintenant…

Il est toujours bon d’avoir un projet qui soit au moins un peu créatif. Il y a beaucoup d’avantages à cela et, au premier degré : être créatif c’est avoir l’esprit occupé. Voici l’histoire d’une acouphénique qui a su stimuler en elle son potentiel de créativité et qui a ainsi vaincu le tinnitus.

Danielle

À 58 ans, Danielle dût prendre à grands regret une retraite qu’elle ne souhaitait pas après avoir mené une vie professionnelle très active : restée célibataire, elle avait été acheteuse pour un grand magasin de décoration et son travail l’amenait à voyager régulièrement, principalement en Chine, Inde, Corée, Japon, Vietnam, Indonésie, Thaïlande et Singapour... Activité passionnante, beaucoup de contacts humains très intéressants, découverte d’artisanats, de pays, de décors, de paysages, de coutumes et traditions exotiques… Vers l’âge de 45 ans, elle commença à percevoir de temps à autre comme des sortes de « ronronnements ». Ils étaient relativement légers et cela se maintint ainsi pendant une huitaine d’années – elle ne s’en inquiéta donc pas. Puis survint une brutale aggravation : elle se réveilla brusquement une nuit en entendant comme un bruit de canon dans sa tête. Le lendemain, elle entendait un fort ronflement et c’est alors qu’elle décida de consulter un ORL qui lui apprit qu’elle avait un tinnitus et qui constata aussi chez elle une faiblesse de l’audition dans certaines gammes de sons. Les médicaments vasodilatateurs prescrits n’eurent pas grand effet : le bruit qu’elle entendait continuait quasi en permanence avec une aggravation le soir. L’ORL lui déconseilla les voyages en avion et elle, qui adorait son travail et aurait souhaité pouvoir continuer à l’exercer le plus longtemps possible, dût le quitter ce qui lui fût un véritable crève-cœur. La baisse auditive se poursuivit en devenant importante (aujourd’hui, à 67 ans, elle a une audition à 50 dB avec appareil auditif), ce qui n’élimina nullement les acouphènes...

Danielle est toutefois une « battante ». Au lieu de se laisser aller à la détresse, elle décida de réagir et de se lancer dans quelque chose qui lui trottait dans la tête depuis longtemps : écrire un livre sur l’évolution des goûts en matière de décoration d’intérieur au fil des trente-cinq années écoulées. En plus des abondantes données, des prospectus et des photos qu’elle avait amassées pendant sa vie professionnelle, cela exigeait de faire des recherches, de trouver des sources et des documents, de prendre contact avec des décorateurs, des architectes et des musées… Elle eut la surprise de constater que, chaque fois qu’elle s’occupait de cela, son tinnitus était si peu présent à sa conscience qu’il lui fallait y penser pour se rendre alors compte qu’il était toujours là. Elle comprît alors que de s’occuper l’esprit avec quelque chose qui la passionnait était une excellente façon de vivre sans douleur avec les acouphènes. Elle a donc 67 ans aujourd’hui, son livre n’est pas fini, elle a de l’énergie et de la vitalité, sait gérer ses acouphènes et reste une battante. Elle dit que son projet l’a sauvée de la dépression et que cela lui a aussi permis de mettre au point une bonne stratégie anti-tinnitus : dédaigner celui-ci, s’occuper de choses intéressantes, créatives et qui stimulent son esprit…

Cultiver une passion

Avez-vous déjà été obsédé par quelque chose (d’autre que par le tinnitus, évidemment) ? Si oui, souvenez-vous : cela occupait alors la plus grande partie de votre psychomental (petit rappel de ce qui a été dit plus haut : il y a peu de place dans le champ de la conscience).

Pour encore vous illustrer cela, voici une anecdote : nous avons un ami, Dany, qui a aujourd’hui 50 ans. Depuis ses 18 ans, il a un état inflammatoire chronique des intestins. Il y a dix ans, il a acheté une vieille ferme alsacienne à colombages dont il était tombé raide amoureux et qui avait besoin de travaux de rénovation. Pendant les cinq années ayant suivi son acquisition, Dany allait y travailler tous les weekends et vacances et il raconte que, pendant la semaine, son esprit était également largement occupé à penser à ces travaux – chercher des solutions, concocter des astuces, imaginer ce que son travail allait produire, concevoir des idées... Il affirme que c’est la seule période de sa vie d’adulte où il n’a pas ressenti ses problèmes intestinaux.

Que s’était-il donc passé pour Dany ? Vous pouvez sans doute maintenant le comprendre : focalisation (= autohypnose) sur son projet et large occupation de son conscient par la création de cet habitat (qu’il occupe aujourd’hui avec bonheur dans un charmant village fleuri). Aurait-il obtenu ainsi une sorte d’« anesthésie psychique » : peut-être son ventre était-il tout de même douloureux et réactif pendant cette période mais que ces sensations ne parvenaient plus dans le champ de sa conscience qui était trop occupée par son projet ? Ou peut-être le problème s’était-il atténué durant cette période par voie psychosomatique ? On ne le saura jamais, mais ce n’est pas cela qui importe : ce qui est important est le fait que de garder son esprit actif et attentif à la création de sa demeure lui a permis de vivre cinq années sans problèmes abdominaux.

C’est quoi, être créatif ?

Être créatif, ce n’est pas nécessairement entreprendre de grands travaux et ce n’est pas non plus se prendre pour Salvador Dali ! Mais c’est avoir l’esprit rempli par quelque chose qu’on a vraiment envie de mettre en place de par son action personnelle. Voici quelques exemples :

·        Gaby, une de mes amies qui a maintenant 86 ans, qui a réchappé d’un cancer il y a trois ans et qui a beaucoup voyagé dans sa vie, a entrepris de rassembler ses photos et de la documentation pour faire des albums de ses voyages les plus mémorables. Elle ne se contente pas d’y coller les images les unes à côté des autres, non : elle fait des recherches sur Internet et dans des livres pour les commenter. Entre autres, elle a fait un album d’un de ses voyages en Russie où elle raconte des éléments de l’histoire russe pour illustrer des œuvres exposées dans les musées de St Petersburg – ce qui apprend des choses intéressantes et souvent peu connues à ceux qui feuillettent ces albums. Gaby est ainsi restée dynamique et curieuse d’esprit et elle occupe son conscient à découvrir les infos et à les mettre en forme au lieu de geindre sur son âge…

·        Marielle, 65 ans (et acouphénique) et infirmière retraitée, est membre du club de boulistes de sa région : c’est elle qui crée les affichettes pour les rencontres amicales avec d’autres clubs et les prospectus pour annoncer les quatre fêtes annuelles ainsi que les tournois… Elle cherche des images significatives, pense à des mises en page originales, etc…

·        Jean-Pierre, 71 ans (et acouphénique), est le vice-président d’une association d’amis des arts : c’est lui qui organise les deux voyages annuels visant à la découverte des trésors artistiques d’une région (le dernier en date, ce fut à Florence, le prochain ce sera la visite des châteaux de Louis II de Bavière)… Pour cela il recherche de la documentation, lit des livres, surfe sur Internet, contacte des gens et s’informe au mieux…

·        Cécile, 75 ans (et acouphénique) fait partie d’un groupe de femmes de sa génération qui se réunit une fois par semaine pour mettre en commun ce qu’elles savent encore concernant les traditions de leurs grands-mères : recettes de cuisine, remèdes de bonne femme, trucs et astuces. Elles envisagent d’en faire un livre qui évitera la perte de ce patrimoine traditionnel…

Alors, être créatif, c’est quoi ? Ce peut être n’importe quoi et dans n’importe quel domaine :

·        L’art – notez qu’il n’est nul besoin que ce soit du « grand art » ! Dessin, aquarelle, photographie, peinture sur soie, modelage, poésie…

·        L’artisanat – faire quelque chose de vos mains : avec de la laine, du coton, du tissu, du papier, du fil, de la ficelle, des fleurs, de la terre-glaise ou ce que vous voulez…

·        Mettre au point un projet de voyage, la visite d’une région – faire quelques recherches sur ses beautés, ses traditions, son artisanat, ses musées, son histoire, ses spectacles sons et lumière, ses manifestations diverses, etc… et ainsi savoir quoi faire, où aller, que découvrir…

·        Vous familiariser davantage avec l’ordinateur – on peut faire tant de choses avec ! à traiter des images et des photos, créer de façon tout à fait personnalisée vos propres menus ou vos cartes de vœux et d’anniversaire pour votre famille, amis, une association, etc…

·        Ecrire pour vos enfants/petits enfants ce dont vous vous souvenez de l’histoire de votre famille ou faire des recherches sur la généalogie de votre famille…

·        Redécorer ou changer des choses dans votre maison/appartement/jardin…

·        Etc…

À vous de chercher – et de trouver…

Sachez-le : il n’y a pas de limite d’âge pour être créatif ! Et être créatif, c’est rester vivant !... C’est vous sentir vivre… C’est occuper votre mental avec ce qui vous intéresse, ce qui y laissera d’autant moins de place pour ce qui vous ennuie, acouphènes inclus…

Faites-vous toucher

Parlons maintenant d’autre chose qui a déjà aidé bien des acouphéniques : le plaisir tactile.

L’ouïe n’est que l’un des cinq sens. Il y en a quatre autres et chacun d’eux, quand il est activé, peut vous aider à oublier le tinnitus : en effet, quand l’un de vos autres sens perçoit quelque chose avec une certaine acuité, cela fait passer à l’arrière-plan ce que perçoit l’audition. Il y a la vue, le goût, l’odorat, le tactile :

·        Nous avons abordé plus haut la visualisation qui occupe le sens de la vue.

·        Je ne m’attarderai pas sur le gustatif (bien manger est un des grands plaisirs de la vie !)

·        Je ne m’attarderai pas non plus sur l’olfactif (ne vous privez néanmoins pas de délicieux parfums)

·        Reste le tactile : votre corps et votre peau – qui sont disponibles à tous moments.

Découvrez maintenant un acouphénique qui vécut beaucoup mieux à partir du moment où il découvrit ce que la focalisation sur ses sensations cutanées pouvait lui apporter en termes de mieux-être.

Victor

Victor, 71 ans aujourd’hui, est retraité de la Poste. Sa mère, durant les vingt dernières années de sa vie, s’était plainte de terribles sifflements dans les oreilles (à l’époque, le mot « acouphènes » n’était pas encore entré dans le langage courant) et Victor ne la croyait pas, pensant qu’elle affabulait pour que l’on s’occupe davantage d’elle (« Tu ne peux rien entendre de ce genre puisque tout est calme et tranquille ici, voyons ! »). Il y a une douzaine d’années, il comprît pleinement ce qu’elle voulait alors dire puisque lui-même commença à souffrir d’un tinnitus qui s’intensifia au cours des trois ans suivant – cela lui devenait réellement insupportable à certains moments et induisait en lui une irritabilité croissante. Alors, Victor s’isola au maximum pour ne pas « sauter à la gorge » de qui lui parlait. Tout en étant au fait de la souffrance que peuvent provoquer les acouphènes, sa femme eut progressivement de plus en plus de mal à accepter ce caractère et à rester compréhensive et elle s’emmura dans un silence hostile (« Moi aussi, j’ai mes limites ! »). Il y a six ans leur fille, revenant d’un stage portant sur le massage non thérapeutique (techniques de massage doux et d’effleurement du corps, sur la peau sèche ou avec des huiles essentielles) proposa à ses parents de leur appliquer ce qu’elle y avait appris. Ainsi fut fait. De façon intéressante, le tinnitus de Victor lui avait été beaucoup moins présent pendant toute la durée du massage et il se montra ensuite plus enjoué qu’à l’accoutumée. Alors, leur fille enseigna quelques rudiments de la technique à ses parents et leur suggéra de pratiquer cela ensemble de temps à autre. C’est ce qu’ils firent et il est vrai qu’à chaque fois, le tinnitus régressait (ou plutôt, la « conscientisation » du tinnitus s’éliminait au bénéfice de la prise de conscience de ce qui était ressenti au niveau de la peau). Le massage étant réciproque, l’ambiance au niveau du couple s’améliora et la réactivité de Victor s’amenuisa. Il se mit à mieux dormir, c’est-à-dire à échapper aux acouphènes pendant le sommeil et il gagna ainsi en mieux-être physique, nerveux et énergétique. Environ un an après, les acouphènes avaient régressé selon l’estimation de Victor à 50% de ce qu’ils avaient été auparavant. Encore aujourd’hui, il les dit vivables et assez souvent même, il n’en reprend conscience qu’en vérifiant s’ils sont toujours là…

Que s’est-il donc passé ? Vous le comprenez et je ne le répète que pour mémoire :

·        Toute l’attention concentrée sur les sensations ressenties au niveau de l’épiderme est de l’attention qui est retirée au tinnitus

·        Cette attention retirée au tinnitus permet davantage l’accès à la détente et à la relaxation – ce qui est favorable en cas d’acouphènes (ondes Alpha/Thêta dans le cerveau)

·        Le plaisir ressenti au niveau tactile, même s’il n’est pas très aigu, est équilibrant

·        Et de plus, comme vous le savez déjà : le plaisir est cet excellent antidote à la douleur et au marasme que j’ai déjà évoqué plus haut.

Et vous ? Êtes-vous en couple ? Si oui, pourquoi ne pas demander à votre compagne/compagnon de vous toucher – là où cela vous convient et comme cela vous convient (effleurements, caresses, « papouilles »… à vous de guider). Et faites-en de même avec elle/lui : c’est bon pour chacun et c’est bon pour le couple qui est trop souvent mis à mal à cause du tinnitus. Sachez qu’il n’est nul besoin de formation spécifique : il ne s’agit pas de vous improviser masseur ou masseuse, il s’agit d’activer le sens tactile, de polariser votre attention sur autre chose que sur les acouphènes – et vous savez maintenant quel en est tout l’intérêt.

Certains, ce faisant, se sont d’ailleurs découvert une agréable sensibilité tactile dont ils n’avaient même pas idée. Et peut-être découvrirez-vous cela, vous aussi ?…

Améliorez un peu votre hygiène de vie

Changeons de sujet à présent : nous allons devoir « enfoncer quelques portes ouvertes » en parlant de la notion d’hygiène de vie. C’est banal et c’est « bateau » : cela devrait aller sans dire – mais à l’usage on se rend compte que cela va mieux en le disant. Surtout en le disant aux acouphéniques

Il y a beaucoup d’indices empiriques amenant à penser qu’une certaine hygiène de vie peut avoir une incidence favorable sur les acouphéniques (pas que sur ceux-ci d’ailleurs !...) en terme de diminution de leur tinnitus :

·        « L’abus d’alcool est nuisible pour la santé » : voilà une phrase qui est entrée dans les formules connues et courantes. Ce qui est moins connu et pourtant également vrai, c’est que l’abus d’alcool tend à exacerber les acouphènes.

·        Bon nombre d’acouphéniques affirment que, de par leur expérience, l’abus de café amplifie leur tinnitus (même s’il n’y a pas – pas encore ? – de preuves scientifiques de ce fait).

·        Des acouphéniques ayant arrêté du fumer ont dit que leurs acouphènes ont diminué et ils attribuent cela au fait qu’ils ont renoncé à s’intoxiquer avec le tabac.

·        Ont constaté une régression de leur tinnitus :

o   Des acouphéniques qui s’encroûtaient physiquement par dédain du sport et qui se sont néanmoins inscrits à un cours de yoga ou de taï-ki-tchuan (une sorte de yoga chinois)

o   D’autres également, qui se sont astreints à un peu de marche quotidienne (pas du jogging !) – et ont d’ailleurs même fini par y prendre plaisir.

·        Des acouphéniques qui, de par leur profession étaient abonnés aux repas d’affaires (le genre : apéro + trois plats + vins haut de gamme + café+ digestif + havane pour conclure…) ont constaté que leur tinnitus régressait dans les périodes où leur mode de vie était plus frugal…

Tout acouphénique devrait adopter quelques règles simples de vie plus saine : moins d’excitants et de toxiques, un peu plus de mouvement, une alimentation à peu près équilibrée… Et s’y tenir dans la durée.

Vous le savez : l’abus en tout nuit

Il ne s’agit évidemment pas de devenir un dangereux maniaque de la vie saine ou une passionaria du bio ! Mais seulement de se souvenir que, comme le souligne la Sagesse des Peuples : « L’abus en tout nuit » – l’abus d’inertie physique tout autant que l’abus de gras, de sucre, de spiritueux, de nicotine…

Ajoutons aussi, dans le registre de ce que j’appellerai l’« hygiène mentale » : nuisent aussi l’abus de pensées négatives, de dévalorisation de soi, de culpabilités diverses, de colères plus ou moins rentrées, de regrets stériles…

La vie est trop courte pour se faire souffrir en s’autoflagellant !

Alors, débrouillez-vous pour cultiver les antidotes à ces états d’esprit nuisibles que vous avez découvert dans ce livre.

Et d’ailleurs, ajoutons-en encore un autre, très efficace : le rire…

Débrouillez-vous pour RIRE  !...

On sait aujourd’hui l’importance du moral dans l’évolution des problèmes de santé : ceux qui sont pessimistes, fatalistes, repliés sur eux-mêmes guérissent moins souvent et moins vite que les autres. D’ailleurs, une attitude fataliste vis-à-vis de son propre état de santé abaisse le niveau énergétique et tend à freiner ces forces d’autoguérison que nous possédons tous en nous. Par contre, cultiver en soi optimisme, volonté de vie et une saine combativité peut les stimuler efficacement, nos forces d’autoguérison[51].

Comme nous l’avons vu plus haut, chez la plupart des acouphéniques le tinnitus ne relève pas de la maladie et j’ai seulement évoqué ce qui précède à titre d’exemple de l’importance de cultiver en soi tous les moyens pour avoir un moral positif (ce qui, d’ailleurs, ne sert pas uniquement sur le plan de la santé, mais aussi à tous les autres niveaux : la personnalité, l’action, les projets, les relations…).

Cette idée est d’une telle évidence ! – et pourtant… Regardez bien autour de vous (et aussi en vous) et comptez combien il y a de vos connaissances qui respectent cela : qui stimulent en eux ce fameux moral positif…

Mais peut-être vous dites-vous en ce moment que ce n’est pas si facile à faire quand on souffre d’un tinnitus envahissant ? Si c’est le cas : prenez conscience que, ce faisant, vous baissez les bras et laissez le pessimisme vous envahir !… Non, ne pensez pas cela mais posez-vous plutôt cette question constructive :

– Comment faire pour susciter en moi de l’optimisme et un bon moral ?

Un des excellents moyens pour cela est le rire. La Sagesse des Peuples le dit d’ailleurs depuis longtemps sous la forme de cet adage :

– Le rire est la meilleure médecine.

Et le Dr Madan Kataria, lui, a affirmé fort justement :

– Nous ne rions pas parce que nous sommes heureux ; nous sommes heureux parce que nous rions.

Mais vous, peut-être que vous ne parvenez plus à rire depuis que vous avez des acouphènes ? Ou peut-être même redoutez-vous que, si vous riez, cela risquerait d’aggraver le tinnitus ?

C’est faux. Découvrez les multiples avantages du rire :

Sur le plan du corps

On sait que, sur le plan corporel, le rire amène une relaxation générale de tout le corps, ralentit le rythme cardiaque, détend la paroi des vaisseaux sanguins, abaisse la tension sanguine, augmente les fonctions respiratoires ce qui améliore la ventilation des poumons et l’oxygénation du cerveau, opère un massage salutaire sur le foie et sur les intestins…

Sur le plan de psychisme

Et pour ce qui concerne le niveau psychophysique, reparlons des endorphines que vous avez rencontrées plus haut : le rire est un ressenti de plaisir et donc un grand producteur d’endorphines.

On dit que les femmes tombent facilement amoureuses de l’homme qui les fait rire – et c’est vrai ! : comment d’ailleurs s’en étonner quand on sait que ce type d’homme sait susciter en elle l’arrivée de ces fameuses molécules du plaisir ? Chacun (et vous aussi !) a expérimenté à quel point le fait de rire lui fait du bien. Vous avez déjà ri aux éclats en voyant des situations drôles ou en regardant des sketchs comiques.

Or, on ne peut pas ressentir de la souffrance quand on rit.

Expérimentez et vérifiez cela : le tinnitus s’efface quand vous riez. Mais sans doute vous demandez-vous maintenant :

– Comment vais-je faire pour rire ?

Voici quelques idées :

·        Vous êtes entendant ? : il y a à votre disposition nombre de films drôles, de spectacles et de vidéos de nos talentueux humoristes.

·        Vous êtes non-entendant ? : abondantes sont les séquences qui ne nécessitent pas d’entendre le son pour être drolatiques. On en trouve sur Internet : fouillez (YouTube, DailyMotion…)

·        Pour entendants et non-entendants : il y a des livres amusants, humoristiques, parodiques, des recueils de blagues, etc.

·        Pour tous : il y a des gens qui sont chatouilleux et qui éclatent de rire quand on les touche dans des zones sensibles. Celles-ci sont variables d’une personne à l’autre (souvent l’aine, devant ou/et derrière les genoux, mais aussi ailleurs – à chacun de trouver les siennes). Si vous faites partie des chatouilleux, suggérez à votre partenaire de vie de vous chatouiller de temps à autre impromptument (parce que c’est plus efficace quand on est surpris).

Quand on cherche des possibilités de rire, on en trouve. Alors : cherchez…

Ne restez pas seul : communiquez

Et maintenant que nous avons fait ensemble un tour d’horizon de différents moyens non médicaux qui ont été utilisés par des acouphéniques à leur bénéfice, voici encore une chose importante : l’être humain est fondamentalement un être communiquant. Alors…

Il y a sur Internet nombre de sites, de forums et de chats où on parle des problèmes de l’audition. Les intervenants y sont souvent sincères et s’y expriment dans le but de partager leurs vécus et pour aider, mais il faut bien le reconnaître : c’est parfois aussi n’importe quoi. Ainsi, tout ce qu’on trouve sur Internet n’est pas nécessairement sérieux ou fondé, car tout un chacun peut s’y exprimer, colporter ses états d’esprit, ses humeurs, des ragots, ses sympathies ou ses antipathies, ses expériences et idées – les tribunes libres ne donnent pas toujours des infos judicieuses… De ce fait, il convient de garder un esprit critique actif lorsque l’on surfe sur le web (et cela évidemment pas uniquement lorsqu’il s’agit du tinnitus).

Ceci dit, sur Internet il y a aussi des sites sérieux. En France, il y a :

www.france-acouphenes.org

Alors, pour conclure ce chapitre, permettez-moi ce conseil : ne restez pas seul dans votre coin. Il y a beaucoup d’autres personnes acouphéniques : elles sauront vous comprendre et vous pouvez échanger, communiquer avec elles…


 

Conclusion

La vocation de ce livre est d’être informatif et non de se substituer au médecin : ce qui est écrit dans ses pages ne peut en aucun cas remplacer le diagnostic fait par votre ORL après qu’il ait procédé à tous les examens qu’il a jugés utiles à votre état – et cet ouvrage ne veut pas davantage remplacer les traitements qu’il vous a prescrits.

Les méthodes qui vous sont présentées dans ce livre sont d’ordre non-médical, non invasif et non liées à des technologies (implants, stimulation électrique…). Elles sont d’une absolue innocuité et sont donc sans danger : en aucun cas elles ne sauraient présenter de nocivité. Elles tiennent compte de l’état actuel des connaissances sur les sujets traités :

·        Les acouphènes et les aspects qui leur sont connexes

·        Le fonctionnement du cerveau et du psychisme humain.

Pour vous, mon lecteur, quand la médecine n’a pas pu vous apporter le soulagement espéré, vous avez trouvé ici ces méthodes à essayer, à tester. Elles ne sont évidemment pas des « panacées universelles », réduisant ou éliminant à coup sûr les acouphènes : ce sont des outils qui sont faciles d’accès, peu onéreux, ne nécessitant pas des technologies ou des appareillages compliqués et qui ont fait la preuve de leur efficacité dans beaucoup de cas mais évidemment pas dans tous.

Les recherches scientifiques se poursuivent en permanence dans le but de trouver un traitement réellement efficace au tinnitus mais elles n’ont pas encore abouti à la découverte de ce remède imparable. Alors en attendant (et comme le dit la Sagesse des Peuples : « Aide-toi et le ciel t’aidera »), vous prendre en charge et agir constructivement pour votre soulagement est certainement une bonne chose à faire.

Encore faut-il savoir comment et ce livre a été écrit pour vous donner des pistes.

 

*************

 

Voici donc venu le moment de nous quitter. J’espère avoir pu vous aider.

Tous mes vœux vous accompagnent pour votre mieux-être, pour que vous jouissiez d’une belle qualité de vie sur tous les plans : relationnel, affectif, émotionnel…

Et aussi d’un ressenti de confort et de tranquillité dans votre mental, dans votre système nerveux – et dans votre audition !…

 

_________________________________________________

 

Fin du texte


 

Table des Matières

Introduction. 5

Acouphènes + hyperacousie. 6

Des moyens de vous soulager 6

Ce livre est donc fait pour vous donner ces moyens... 7

1 - Des symptômes et des causes. 11

Il est important de comprendre ce qu’est le tinnitus. 12

Les acouphènes relèvent très rarement de
la « maladie »
. 13

Définitions : presbyacousie, surdité, malentendant 14

Acouphènes (ou tinnitus) 15

Récente mise en évidence de la réalité des acouphènes. 17

Types de tinnitus décrits par les acouphéniques. 18

Fréquence et niveau sonore des acouphènes. 18

Evolution des acouphènes. 20

Symptômes connexes aux acouphènes. 21

Vertiges et désorientation. 22

Stress, angoisses, anxiété. 22

Baisse de la résistance physique et du capital-santé. 23

Tendance à une hyper attention portée au tinnitus. 24

Des troubles du sommeil 25

Des causes possibles du tinnitus. 29

Des personnes à risques. 29

« Prévenir vaut mieux que guérir ! ». 33

Des conséquences possibles du tinnitus. 37

Conséquences psychologiques. 38

Conséquences dans l’action et le
domaine professionnel
39

Conséquences dans le relationnel 40

Conséquences pour l’équilibre et l’épanouissement sexuels. 41

Conséquences sur la vie privée. 42

Des acouphéniques célèbres – dans l’histoire et dans l’actualité. 44

Les acouphéniques sont à la recherche de solutions. 45

2 - Des remèdes. 48

Les anti-remèdes. 48

Les boules dans les oreilles. 48

La tentation de l’isolement 49

Tenir le tinnitus secret 49

Exiger une disparition complète du tinnitus. 50

Stratégie anti-acouphènes. 51

D’abord le diagnostic : consulter l’ORL.. 51

De bons moyens anti-acouphènes. 53

Les moyens pour entendants. 53

Le Bruit Blanc. 53

Fréquences sonores et Bruit Blanc. 55

Les sons de la nature. 62

Les endorphines. 65

Quels genres de sons de la nature ?. 69

Le bruit de l’eau qui coule. 71

La musique douce. 73

Pour l’acouphénique : quelles musiques ?. 75

Le binaural 78

Calmer le cerveau. 78

Les ondes Alpha. 79

Les ondes Thêta. 80

Les ondes Delta. 80

Les sons binauraux. 82

Les moyens pour entendants et pour non-entendants. 85

Détendez-vous : la relaxation. 85

Asseyez-vous confortablement… et relaxez-vous. 87

Autohypnotisez-vous. 90

Jean-Philippe. 90

Hypnose et autohypnose. 92

Autohypnose : une main légère, légère…... 93

En finir avec l’insomnie. 109

Tout se passe dans votre champ de conscience. 111

Occupez votre conscience par vos sensations visuelles et corporelles  116

D’autres possibilités encore pour améliorer votre capacité à dormir 120

Pratiquez un peu de sophrologie. 121

Une visualisation sophrologique pour dormir 123

Une visualisation pour améliorer votre confort auditif  126

Soyez créatif. 130

Cultiver une passion. 132

C’est quoi, être créatif ?. 133

Faites-vous toucher 135

Améliorez un peu votre hygiène de vie. 138

Vous le savez : l’abus en tout nuit 140

Débrouillez-vous pour RIRE  !... 141

Ne restez pas seul : communiquez. 144

Conclusion. 146

Table des Matières. 148

 



[1] - Sauf dans certains cas que nous verrons plus loin.

[2] - Soit aujourd’hui 6 à 9 millions de Français, 600 000 à 900 000 Québécois, 1 million à un 1 million et demi de Belges (pour n’évoquer ici que des pays francophones)... Parmi ces personnes, on estime à 10% le nombre de ceux qui souffrent d’acouphènes réellement invalidants. À noter : en France, il y a chaque année 150 000 à 200 000 nouveaux cas de personnes acouphéniques.

[3] - Le mot vient du grec akouïen (entendre) et phainesthai (paraître, apparaître). Dans la plupart des langues nord-européennes on nomme les acouphènes Tinnitus, mot dérivé du verbe latin tinnire (retentir). Tinnitus est un mot au singulier. Il est devenu courant d’employer le mot acouphènes non au singulier mais au pluriel.

À noter : Les deux mots ont le même sens et nomment la même chose : j’emploierais donc indifféremment l’un ou l’autre de ces deux mots dans la suite de ce livre.

[4] - À noter : certains cas de tinnitus (ce ne sont de loin pas les plus nombreux) sont liés à des pathologies connues qu’il est indispensable de traiter médicalement.

[5] - Comme le dit la Sagesse des Peuples : « On n’a rien sans rien ».

[6] - Si vous vous estimez suffisamment informé(e) à ce sujet, vous pouvez sauter ce chapitre 1 et passer directement à la suite.

[7] - La maladie est définie comme un dysfonctionnement dans le fonctionnement sain de l’organisme. La santé physique est définie au premier degré comme l’absence de maladie. Une définition plus complète de la santé ajoute que c’est un fonctionnement du corps permettant de vivre une vie équilibrée, active et dépourvue de souffrances corporelles.

[8] - Un symptôme est une manifestation subjective ressentie et décrite par le patient. Il s’oppose au signe clinique qui, pour la médecine, est une manifestation objective d’une maladie (par exemple l’existence d’une arythmie cardiaque qui est repérable à l’auscultation et à l’électroencéphalographe, ou encore la présence du bacille de Koch dans l’analyse d’expectorations d’un patient tuberculeux…).

[9] - Sauf dans certains cas que nous verrons plus loin.

[10] - Pour les personnes intéressées, voir en particulier les travaux de scientifiques tels que Olivier Naggara, Sébastian Rodrigo, Catherine Oppenheim, Jean-Francois Meder, du Département d’Imagerie Morphologique et Fonctionnelle – Centre Hospitalier Sainte Anne, Paris.

[11] - Vous souhaitez en savoir plus sur les moyens de vaincre les angoisses et l’anxiété ? : voyez mon livre Angoisses, anxiété ? – Comment vous en délivrer…

Éd. Neo Cortex : http://www.neo-cortex-editions.com/?page_id=201 )

[12] - Psycho = psychisme ; soma = corps.

[13] - Le psychomental peut évidemment aussi aider à stimuler les forces d’autoguérison et de bien-être : vous trouverez plus loin des moyens d’agir à ce niveau pour votre mieux-être.

[14] - Micro-somme : très courte période de sommeil (de quelques secondes à quelques minutes.

[15] - Asthénie : c’est un état de fatigue/abattement/dépression physique ou/et psychologique.

[16] - D. F. Kripke, R. D. Langer, L. E. Kline, Hypnotic’s association with mortality and cancer: a matched study, BMJ Open 2012 (N.B. : les somnifères sont aussi nommés « médicaments hypnotiques »).

[17] - Malgré toutes ces connaissances sur leurs inconvénients et leur peu d’avantages, la France reste le pays le plus consommateur au monde de ces classes de médicaments : les français en prennent trois fois plus que les Allemands et que les Anglais !

[18] - Certains types de torture utilisent cet empêchement de rêver pour briser la résistance physique et psychique de la victime.

[19] - Je reviendrai plus loin sur ce sujet.

[20] - Il doit rester évident que dans cette énumération, il s’agit de risque et non pas de fatalité de devoir souffrir d’acouphènes un jour. Par exemple : la résistance aux bruits de forte intensité varie grandement d’une personne à l’autre.

[21] - Cela m’est arrivé : trois jours de sifflements dans les deux oreilles après avoir assisté à un concert ! Depuis – mon ouïe m’étant précieuse – je me mets du coton hydrophile dans les oreilles quand je vais au cinéma et j’évite les concerts à risques de décibels en excès.

[22] - Pas seulement cela d’ailleurs : une de mes amies a eu un incendie sur sa terrasse à cause de pétards allumés par des fêtards en bas de chez elle par une nuit de St Sylvestre ! Fêter, c’est bien – mais pas fêter stupidement !…

[23] - Je vous en parle plus extensivement plus loin.

[24] - Call letter blues.

[25] - Ce sont là les coûts financiers directs. Il y a aussi les coûts indirects : arrêts de travail, efficience professionnelle réduite et donc productivité amoindrie…

[26] - Le symbole du hertz est « Hz ». Le Hz est utilisé aussi bien dans le domaine du son que dans celui de l’électricité – ce que nous verrons plus loin lorsque nous évoquerons l’électricité cérébrale et l’électroencéphalogramme.

[27] - C’est très peu par rapport au chat (dont l’audition va jusqu’à 65 000 hz) ou à la chauve-souris (qui va jusqu’à 500 000 hz).

[28] - De façon analogue : la couleur blanche est l’addition de toutes les couleurs (là où le noir est l’absence de couleur).

[29] - Sur www.bruit-blanc-acouphenes.com vous pouvez trouver le « Bruit Blanc spécial acouphènes » en CD audio, ou en CD MP3, ou encore en téléchargement MP3. Le codage MP3 de ce « Bruit Blanc spécial acouphènes » est impeccable.

[30] - Et d’ailleurs rappelez-vous : les agriculteurs – qui sont évidemment « branchés » sur la Nature de par leur métier – sont le groupe dans lequel il y a statistiquement le moins de personnes souffrant d’acouphènes.

[31] - Cette affirmation n’est pas fausse même dans le cas du masochisme : c’est bien le plaisir qui en est l’élément dominant et la finalité.

[32] - Il est à noter qu’une carence en noradrénaline est présente chez les personnes en dépression nerveuse. Dans la maladie d’Alzheimer, on constate une diminution du taux d’acétylcholine dans l’organisme.

[33] - J’ai créé plusieurs CDs comportant ces divers sons de la nature. Ceux-ci sont entrecoupés de quelques musiques douces, harmonieuses et tenant compte des principes de la musicothérapie. Ils sont indiqués dans des cas d’acouphènes, de vulnérabilité aux stress, d’états anxieux/angoissés. Vous pouvez les trouver sur :

http://www.cd-de-relaxation.com/cd/sons-nature.htm.

[34] - On a fait l’expérience suivante : des sujets volontaires devaient rester tranquillement assis pendant qu’on leur faisait écouter différentes sortes de musique (du classique au très rythmé). Ils étaient sous le contrôle d’un électromyographe : un appareil qui mesure les mouvements musculaires même imperceptibles. On a constaté que les musiques rythmées obtenaient une réponse du corps sous la forme de micromouvements de danse, et cela même en l’absence de la volonté consciente de bouger. À l’inverse, les musiques peu ou pas rythmées produisaient un relâchement musculaire tout aussi spontané. Ainsi, le corps « répond » instinctivement et tout naturellement à la musique et aux rythmes.

[35] - Cela signifie « consumé », « brûlé de l’intérieur ». En français : « épuisement professionnel ». Je préfère toutefois employer l’expression anglaise parce qu’il n’y a pas que les gens qui travaillent à l’extérieur qui peuvent en souffrir : cela peut aussi arriver à une femme au foyer ou à quelqu’un qui est à la retraite.

[36] - En plus de l’inconfort qu’elle représente, vous comprenez donc maintenant pourquoi l’insomnie – qui est malheureusement le lot de beaucoup d’acouphéniques – doit être combattue (et de préférence sans chimie). Et, que vous soyez entendant ou non-entendant, c’est tout à fait possible comme vous le constaterez plus loin.

[37]Étude faite en 2009 et article publié en 2010 : Hemispheric synchronized sounds and perioperative analgesic requirements., Dabu-Bondoc S., Vadivelu N., Benson J., Perret D. et Kain Z. (Department of Anesthesiology, Yale University, School of Medicine, USA).

[38] - Un excellent CD de sons binauraux pour qui a des acouphènes : Paix et Bien-Être (http://www.cd-de-relaxation.com/cd/cd-29-1.htm).

[39] - Vous n’avez pas besoin d’apprendre par cœur et au millimètre ce texte : si vous comprenez la démarche, vous pourrez improviser (mais pas trop tout de même : il ne s’agit pas de faire n’importe quoi !). Il y a trois parties :

1.       La première partie (la plus longue : la ballade de bas en haut dans votre corps avec prise de conscience des sensations) vise à vous faire atteindre l’état de conscience nécessaire pour que la procédure soit efficace : l’état d’autohypnose

2.       La deuxième partie est le moment où vous vous proposez les phrases/suggestions positives

3.       La troisième partie sert à vous ramener dans l’état de conscience courant. Elle est plus rapide que la première (mais pas pour autant précipitée !).

 

[40] - Ne faites aucun effort musculaire : aidez, uniquement avec votre mental, cette main à devenir d’elle-même plus lourde et à peser davantage sur votre jambe. Pour vous faciliter cela, imaginez que vous sentez comme une pesanteur supplémentaire qui vient s’installer sur ou dans cette main et qui la pousse vers le bas.

[41] - L’autohypnose peut servir à beaucoup d’autres choses dans le domaine du développement de la personnalité et des capacités. Pour en savoir plus, voyez mon livre Bien vous connaître pour bien piloter votre vie (éd. Neo Cortex).

[42] - Prise de conscience : c’est le fait d’être conscient de quelque chose.

[43] - C’est aussi le principe de l’anesthésie chirurgicale : vous êtes sur la table d’opération et votre corps/système nerveux ressent évidemment la douleur liée à l’intervention. Toutefois, les sensations douloureuses échappent totalement à votre champ de conscience qui est endormi : ce que vous identifiez comme étant votre « moi » n’est pas conscient de la souffrance, ne la ressent pas et n’est donc pas concerné par elle.

[44] - Par ailleurs, soulignons au passage que chacun d’entre nous – non insomniaque et non acouphénique également – aurait des avantages à apprendre à acquérir une certaine maîtrise de son mental : on tient bien mieux les rênes de sa vie quand on sait être « maître chez soi »…

[45] - Vous pouvez les trouver sur : http://www.cd-de-relaxation.com

[46] - Ce n’est pas ici le lieu de développer la question du subliminal. Si vous êtes curieux(se) d’en savoir plus, il vous suffit de télécharger gratuitement le livre qui vous informera pleinement à ce sujet : « Reprogrammez »-vous avec le Subliminal Visuel (éd. Neo Cortex).

Vous trouverez ce livre sur : http://www.neo-cortex-editions.com/?page_id=281

Ou sur :

http://librairie.immateriel.fr/fr/ebook/9782918535263/reprogrammez-vous-avec-le-subliminal-visuel

[47]Caycedo ne pouvait évidemment pas ignorer ce fait. Dans les années 1960 toutefois, dans la culture populaire le mot « hypnose » véhiculait avec lui tout un ensemble de fantasmagories et de conceptions erronées et avait mauvaise presse. C’est certainement de ce fait que Caycedo a choisi d’éviter le mot hypnose et de créer un terme nouveau : sophrologie est bâti sur des racines grecques et signifie étude de l’harmonie de la conscience.

[48] - Si vous n’arrivez pas à éliminer une connotation religieuse dans cette visualisation, remplacez la déesse par une fée, un ou une elfe blond(e), une ondine, Morgane, Merlin, Shéhérazade, Gandalf, Buffy, le grand chaman, la déesse-chat égyptienne si vous raffolez des petits félins domestiques, ou une déesse-colombe… Ou bien qui vous voulez – masculin ou féminin ou même animal – qui puisse représenter/symboliser pour vous cette métaphore positive et protectrice.

[49] - Ce n’est pas juste anatomiquement. Mais la métaphore n’a pas besoin de justesse anatomique.

[50] - Si vous souhaitez en savoir plus sur le pouvoir sur vous des métaphores, voyez mon livre Éliminer vos peurs et blocages – facile avec les Métaphores..., éditions Neo Cortex :

http://www.neo-cortex-editions.com/?page_id=92 )

[51] - Norman Cousins (1915 – 1990) – raconte dans un de ses livres, La volonté de guérir, comment il s’est guéri d’une maladie extrêmement douloureuse et pronostiquée mortelle par la médecine : avec des cures de rire (alité dans sa chambre, il visionnait l’un après l’autre des films drôles) alliées à des supplémentations en vitamines. Il avait tout d’abord constaté que, quand il riait, les sensations de douleurs s’évanouissaient et il eut progressivement de moins en moins besoin d’avoir recours à la morphine pour se soulager de la souffrance.

Fait unique : cet écrivain et journaliste politique américain fut nommé enseignant en tant que Professeur Honoraire à la School of Medicine de l’UCLA (Université of Californie, Los Angeles) alors qu’il n’était nullement titulaire d’un doctorat en médecine. Les instances universitaires américaines reconnaissaient ainsi ce qu’il avait apporté de constructif dans l’ordre de la connaissance de mécanismes psychologiques au service de la santé. Norman Cousins est l’une des sources du courant de la psycho-neuro-immunologie qui étudie les interactions entre le psychisme et le corps.